ENSEIGNEMENT

 

 

1. Plus les roues vont naturellement tourner, plus ton espace de vie s’agrandit. Ne cherche pas à l'agrandir trop vite. N'oublie jamais que l'extérieur existe. Ta transformation va lui occasionner des mouvements d'humeur car il a pris l’habitude de te voir fonctionner dans son propre système. Chacun se fabrique son système de vie, son espace. C'est comme jouer aux Echecs : chacun dans une petite case! Il a l'habitude que tu sois dans une certaine petite case que tu as bien voulu accepter jusqu'à maintenant. Tout d'un coup, tu changes de case. Il est inquiet. C'est le minimum. Il peut même être agressif. Alors, ne va pas trop vite. Prends ton espace tranquillement. Découvre que tu as une manière de redevenir intime avec toi-même et de ne plus être cet être entièrement stressé par la pression externe. Que tu peux cesser d'être la feuille soumise à tous les courants d'air ou ce galet roulé par toutes les vagues la vie.

 

C'est la perception consciente de cet axe central qui va favoriser l’intimité douce et consciente avec ce deuxième homme de bronze. Ce n'est pas parce que tu ne l'avais pas perçu avant qu’il n'existait pas. Chacun détermine sa réalité, son monde avec son système de perception. Donc, s'il voit : ça existe, s'il ne voit pas : ça n'existe pas. Le monde, tel que tu le perçois est le monde que tu fabriques. En final, le monde c'est toi-même. Quelqu'un d'autre qui va moins percevoir que toi, dira que tu es un illuminé, complètement azimut et qu’il faut t’enfermer dans un hôpital psychiatrique. Au contraire, un autre encore plus intime avec cette lucidité dira que tu es très lourd et très basique, profondément ordinaire. Ne te précipite pas à juger les autres. Personne n'a la tête vide. Tout le monde a la tête pleine mais la question est de savoir de quoi est-elle remplie ?

 

2. Je prends souvent un exemple très précis. Il y a des techniques de Qi Quong qui permettent de travailler sur les poumons. Dans les poumons, il y a un stockage de l'énergie, à la fois de la tristesse et du courage, c'est-à-dire une énergie négative et positive. Il n'y a pas de jugement de valeur. Il y a une énergie qui t'amène à construire : c'est la positive et celle qui t'amène à réduire ton mouvement de création, ton envie d'agir : c'est la négative. Si tu es triste, tu vois le monde tristement. Chaque chose que tu regardes, tu vas la colorer avec ta tristesse. Tu fais ces mouvements de Chi-Quong qui durent un quart d'heure et tu t'aperçois que tu n'es plus triste. Tu vois maintenant avec un côté lumineux, aérien et gai. En un quart d'heure le monde n'a pas changé. C'est toi qui as changé. Le monde que tu regardes est le monde que toi, tu fabriques à chaque instant. C'est cette perception, cette constatation, qui fait toute la force et la richesse de ce travail sur la modification de ta chimie interne pour percevoir le monde de plus en plus large, de plus en plus grand. Etre de moins en moins limité par son conditionnement de perception et de regard, jusqu'à ce qu'un jour, on arrive à un tel éclatement lumineux qu'on n’est plus du tout limité par un système humain dans son regard. Il y a une autre forme d'alimentation énergétique du regard qui s'installe.

 

 

 

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LETTRE OUVERTE 2

 

La douceur et la passion

 

 

Une fois de plus, on vient de me demander sa route. Je descendais d'un ermitage lorsqu’un couple et un enfant de 10 - 12 ans me croisent. L'homme dit :

«- Mais qu'y a-t-il au bout de cette route, de ce chemin ?

- Un ermitage, lui répondis-je.

- Mais qu'y a-t-il dans cet ermitage ?

- Dieu.

Alors il me dit :

- Mais, c'est encore loin ?

- Non pas trop.

- Mais, est-ce qu'il faut monter ?

- Pas mal.

Alors il regarde l'enfant, et répond :

- Le petit est un peu fatigué. Ce sera pour un autre jour. »

Et ils sont redescendus.

 

Immédiatement m’est revenu à l'esprit une histoire vieille de 30 ans.

J'étais dans un train de nuit et il n'y avait qu'une seule personne dans le compartiment. On était tous les deux allongés, sur nos banquettes, sans rien dire, sans un mot. Puis tout d'un coup, l’homme me demande : « Mais qu'est-ce que vous vendez ? ». J’étais un peu interloqué parce que je n'avais pas l'impression d'avoir l'attitude d'un vendeur de commerce. Néanmoins, je réponds avec mon coeur, et dis simplement : « Dieu ». Il me regarde un moment, puis pose la question : « Et ça se vend bien ? ». « Non pas trop. » Terminé. Plus un mot de plus pendant toute la nuit.

 

Toi qu'est-ce que tu veux ?

Parce que le chemin que je connais, c'est le chemin qui va à Dieu. Celui-ci, je le connais dans ses moindres recoins, dans ses moindres cailloux, dans ses moindres facilités et dans ses moindres difficultés. Alors, si tu veux aller à Dieu, à cette liberté totale, à cet état d'être qui libère de toute chose, je peux te dire comment faire, et je peux être là quand tu es complètement dans le brouillard. En revanche, pour les autres chemins, je suis un ignorant complet.

Pour y aller, il te faut du combustible pour ton véhicule, un gasoil très particulier. A côté de celui qu'il te faut pour aller vers Dieu, le carburant des fusées à destination de Mars, Vénus, c'est vraiment de la limonade pour enfants.

 

Quel est ce combustible ? C’est la douceur.

D’accord, tu me dis que la douceur, tu connais : être doux, être gentil, amoureux des autres, de soi-même… La douceur dont tu parles est une douceur du sentiment, une manière de fuir l'agression, l'adversité. Pour l'essentiel c'est une fuite. Et lorsque ce n'est pas une fuite, c'est une manière d'imprimer sur les autres une coercition, de les obliger à faire gentiment ce que tu veux.

 

Non, ce n'est pas de cette douceur dont je parle. Ce n'est pas un sentiment. Ce n'est pas une attitude. Ce n'est pas un comportement. Cette douceur, ce combustible, qui seul permet d'aller à Dieu, est une matière. C'est véritablement une matière.

 

Et qu'est-ce que cette matière ?

Il n’est pas facile de répondre compte tenu de ton entendement actuel. Dans l'univers, au plus haut, il y a une énorme blessure fondamentale. C'est cette blessure qui a auto-créé le médicament pour la soigner et la guérir. Et ce médicament, c'est la douceur.

 

En ce qui concerne l'humain : seule la douceur a la capacité de déshabiller le corps de sa souffrance. L'esprit fait partie du corps.

La souffrance est comme un habit étriqué, trop étroit, collant, handicapant les mouvements, enfermant tout dans son propre dynamisme, dans ses propres possibilités. Quand tu es touché par cette douceur, tu es déshabillé de ta souffrance et tu as une perception et connaissance spontanée de la raison de ta création, de ta présence sur la terre et de ton rôle. Tu n’as plus aucun doute sur ton indispensabilité.

 

Ce qui va permettre de toucher cette douceur, c'est tout simplement la passion. Une passion, installée à l'origine chez l'être, dans chacune des cellules de son corps.

Au départ il faut savoir, et je te le dis maintenant en attendant que tu puisses le vérifier toi-même, que la douceur est la mère de l'amour. Par cette compréhension, tout se résout intégralement puisqu'il n'est plus possible, au nom d’un soi-disant amour, d'utiliser des moyens de pression, de coercition, de violence et de brutalité pour « aider ». Tout est inversé !

Cette douceur a créé un pont magnifique entre elle et l’homme. Et ce pont, c'est l'amour. Si tu marches sur ce pont, cette voie de l'amour, tu vas rencontrer la douceur. Ce pont d'amour, c'est déjà la douceur en matière. Aussi par la passion à ce pont, à cette attention, à ce toucher, à cette sensibilité, très vite il y a cette force dans tes cellules qui va réactualiser tes mémoires.