HOMME DE BRONZE QUATRE

 

L’Art de la Danse

 

C’est la communication avec les autres, c’est à dire l’univers. Là encore trois principes.

 

•Externe : le déplacement vers les autres, ceux que l’on connaît, mais aussi ceux que l’on ne connaît pas, tous ceux qui sont dans l’espace en attente d’une vraie vie. C’est une autre dimension de vie et de communication. Une entraide constante. La flamme de la vie ne peut être vivante que grâce à l’aide reconnaissante des autres. Finies les prétentions personnelles. C’est une chaine de communication entre les êtres, l’aboutissement de la transformation de l’être. On retrouve cette dimension où chacun se préoccupe de l’autre. Il n’y a plus d’isolé. La fête est collective et immense.

•Interne : c’est le retour à la triangulation originelle. Intérieur et extérieur n’existent plus. C’est un Vase Unique. La communication est avec ce Vase. Rien à ajouter.

•Secret : tout est en mouvement. Tout est mouvement. Il n’y a rien d’extraordinaire dans ce dernier homme de bronze. C’est tout simplement l’état normal de la vie. Il n’y a pas moyen de vivre autrement. Les tentatives de créer un monde personnel furent érodées par les hommes de bronze précédents. Plus rien n’est personnel. Il n’y a plus le souhait ni l’envie de vivre une autre vie que celle-là qui communique tout ce qu’elle est et ne garde rien pour elle. Alors très curieusement on a tout, car tout est à juste place. Il n’y a plus de dysharmonie.

Alors on est prêt au « grand saut » ; celui dans l’espace au-delà des humains. Entrer dans le monde des Dieux. On est prêt aux transferts de conscience, aux accouplements divins, à vivre cette vie avec tous ces êtres d’une autre dimension qui aident l’humain à se développer.

 

Tel est ce dernier homme de bronze :

Entrer en communication avec l’Univers entier.

 

 

 

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La maîtrise de l’espace

 

 

Qu’ai-je à te montrer, te faire voir, te faire comprendre ?

C'est la maîtrise de l'espace. C'est le mot clé.

Être maître veut dire que tu sais diriger, que tu n'es plus une feuille soumise au vent ou un galet soumis à toutes les vagues, que tu prends en main le gouvernail de ta vie. C'est dans ce sens-là que tu vas aller parce qu’il est juste.

 

Ce travail est comme un feu d'artifice. On aborde autant l'infiniment grand, l'infiniment sublime, que l'infiniment petit, l’infiniment humain. L’ensemble crée une véritable foire, un feu d'artifice.

C'est dans cette vision, cette perception spatiale, de ce qu'est la création et de ce qui est créé en toi que tu vas pouvoir trouver et reconnaître ta place. Alors le bonheur s'installe dans ton corps.

 

Cela ne veut pas dire que ça va être facile parce que l'extérieur, ce qu’on appelle les circonstances secondaires, ne vont pas forcément être accueillantes à ton mouvement. Mais on ne peut pas vivre autrement parce que l'on sait que c'est cela qui est digne.

Ce n'est pas une approche romantique, avec des grandes envolées et déclarations qui brûlent comme un feu de paille. Ce n'est pas, non plus, aimer tout son système de sensations. C'est regarder les choses telles qu'elles sont et comment elles fonctionnent.

 

Etre maître de ce fonctionnement, c'est avoir la maîtrise de l'espace. C'est avoir la maîtrise de tout son corps parce qu’en définitive, tout se passe en lui, du début à la fin. Et comme tu vas le percevoir, c'est une erreur de croire qu'il se passe des choses à l'extérieur de toi. En fait, c'est une perturbation, qui a pris possession du cerveau raisonné et qui fait croire que ce qui est à l’extérieur de lui est à l’extérieur de toi.

 

Alors, dès le départ, examinons le mécanisme de fonctionnement de ce que tu es, dans ton corps et dans ton cerveau. Tu reconnaîtras des informations, qui sont connues de la science moderne. Mais ces chercheurs ne sont pas heureux par leur savoir. Il est extérieur à eux. Ils savent comment cela fonctionne mais ils continuent à être une feuille soumise au vent, à leurs systèmes émotionnels, affectifs et culturels. Ils continuent d’être les galets roulés par les vagues de la vie. En revanche, tout ce travail, toute cette approche conduit à toucher physiquement la réalité des forces qui sont en jeu. Ce toucher physique amène le bonheur, cette joie, cette certitude, qui est au-delà du cerveau analytique et raisonné, au-delà de toutes les théories.

 

Comme ton corps est constitué de cellules, et que dans chacune d’elles il y a la mémoire du monde, la totalité des informations que tu cherches est là. Il n'y a rien à l'extérieur de toi.

Alors que se passe-t-il ? Lorsque les cellules libèrent un certain produit, il remplit la totalité du corps, qui va fonctionner selon les qualités de ce produit. Quand je parle de qualité, c'est autant positif que négatif. Il n'y a aucun jugement de valeur. L'ensemble de ce produit crée un état d'être qui orientera tes sensations. En final, tu seras entièrement conduit dans ton mouvement par cet état d'être qui est le résultat de ta chimie interne libérée par chacune de tes cellules. Ainsi, le corps est l'espace dans lequel tout va se jouer.

C’est l’événement extérieur, une vision qui peut être autant celle de jolis arbres que de jolies femmes, d'un joli monsieur, d'une scène de violence, tout, absolument tout, va faire sortir de chaque cellule une chimie déterminée en relation avec l’événement. Quand tu as compris cela, ta question est : mais dans quel genre de bal je m’aime, quel genre de musique j'aime ? C'est lorsque cette question essentielle monte spontanément, que tu commences réellement à être sérieux.

 

Oui, la question qui enfin se pose est bien celle-ci : quels événements vais-je laisser agir sur moi ?

En même temps, tu ne peux pas t'exclure de la vie de tous les jours. Tu abandonnerais ta mission et ta participation au monde. Alors, si tu fais bien attention à ce qui se passe dans ta vie de tous les jours, lorsque qu’apparaissent les sensations et émotions il naîtra une force énorme, qui est comme une présence, un double regard.

Tu possèdes enfin la richesse de la vie en double. Tu es dans la rivière, tu te perçois poussé par les courants, et en même temps, tu es sur la rive en train d'observer le mécanisme.

 

C'est cette présence-là, qui est ta force de libération.

 

C'est comme un sabre, bien droit, bien affûté, qui développe un extraordinaire regard sur l'événement et ses conséquences. Tu as la possibilité de te voir danser. Tu es dedans parce que c'est ton corps qui vibre, qui réagit. Mais tu es aussi dehors par ta lucidité.

 

Tu ne juges pas. Tu constates seulement que c'est comme ça. C'est ce double regard qui te donne la possibilité d'arrêter avec la danse, qui est engagée là, si cette danse ne te plaît pas, si tu ne la trouves pas digne.

Sans cette présence, sans ce double regard, il est presque impossible d'arrêter le processus de l'événement. Parce que la musique entraîne la musique, la violence entraîne la violence, les larmes entraînent des larmes etc... C’est un processus qui s'auto-alimente et qui t’enferme à l'intérieur de lui. S’il n'y a pas une force qui vient dire : « Stop, on joue autrement » tu es entraîné dans un mouvement, qui te rétrécit et peut t’amener jusqu'au suicide. Il y a beaucoup de manières de se suicider. Ce n'est pas seulement en arrêtant le fonctionnement du corps. On arrête, aussi, le fonctionnement de ses espoirs à la vie, de tout son esprit, de tout son enthousiasme etc...

 

Alors si tu veux être maître de toi, si tu veux être maître de ton espace, si tu veux être maître de ce qui est en train de se vivre dans ton corps, tu dois porter attention à ce fonctionnement absolument mécanique. C'est à partir de là que cette présence va naître. Elle a la capacité de dire : « Stop. Moi, je ne veux pas de cette musique, à l'intérieur de mon corps. »