RIEN

 

Qu’est-ce que c’est bête un poète

 

 

Mes enseignements, c'est comme un poème qui se déroule. On peut dire qu'il faut être poète pour agir ainsi. Et qu'est-ce que c'est bête qu'un poète.

En fait, quand on travaille dans le Treillis, qu'on est là avec cet amour pour les autres, il y a quelque chose qu'on ne suppose pas : c'est que l'autre aime sa souffrance, que l'autre aime jouer sur son fil électrique. Il est régulièrement électrocuté mais ça ne fait rien. Entre deux électrocutions c’est assez jouissif, c'est assez percutant, de plus en plus Champagne-paillettes.

 

Le poète est vraiment bête : il ne comprend pas que l'autre aime sa souffrance, aime sa difficulté. C’est tellement énorme pour lui, l’amoureux de la Liberté, qu'il va en rajouter, qu'il va essayer de démontrer, convaincre que c'est complètement ridicule d'être ainsi. C'est en cela que le poète est douloureux et qu’il est bête.

Dans toute l'intelligence qu'il a de la Création, il ne peut pas percevoir qu'on puisse s’aimer dans cette prison-là. Alors, il en rajoute continuellement. Au lieu de s'occuper de ceux qui sont déjà convaincus, il tente de convaincre. C'est là qu'il va se perdre, c'est là où il va se trouver manipulé par le Treillis qui lui dit : « Tu es venu pour moi. Viens nous expliquer un peu comment on fait. Je me trouve si bien avec toi. C'est vrai que tu m'as déjà expliqué cinq fois la chose mais j’ai mal compris. Peux-tu me l'expliquer d'une nouvelle manière, qui soit plus accessible à mon entendement ? Toi tu es intelligent, moi je suis un peu bête. Peux-tu me répéter et je vais même écrire un peu ? Peux-tu me redonner le schéma des choses ?… »

 

Et c'est comme ça qu'il se laisse manipuler par le Treillis, qui rappelle au poète qu'il est là pour former un poème qui va être lu par le Treillis et que le Treillis n’arrive pas à très bien le lire et le comprendre. Alors ne pourrait-on pas réécrire, un peu, le poème, changer quelques mots qui choquent ou mettre des virgules à une autre place.

Alors il pense que, peut-être, il n'a pas utilisé le bon mot ni la bonne virgule. Il va recommencer. C'est là qu'il est en train de perdre son énergie. C'est là que le Treillis fait fonctionner la première loi énergétique : le nourrissage par déplacement parce qu'on déplace le poète d'une manière phénoménale.

 

Il est absolument indispensable de faire comprendre à ce poète et lui faire voir qu'en définitive, beaucoup ne veulent pas être sauvés. Beaucoup essaient d'attirer la pitié du Ciel non pas pour le Ciel, lorsqu'ils tendent la main, mais pour attirer le Ciel dans la Terre et manger le Ciel.

 

Alors, il est vraiment essentiel de comprendre cela, de le percevoir pour que le poète s'occupe de ceux qui, spontanément, comprennent le poème. C’'est déjà tellement difficile pour celui qui spontanément comprend le poème qu’il ne faut pas s'occuper des autres ! Mais c'est très difficile car ce poète a une telle générosité du cœur que ça lui fait vraiment mal de les laisser. Mais si l'autre dit : « Tu m'abandonnes là », il faut lui répondre que le Ciel n'abandonne jamais la Terre. C'est la Terre qui abandonne le Ciel. Le Ciel n'a jamais abandonné la Terre.

Mais, si tu es un passeur, si tu es ce poète, il y a une indispensabilité que tu restes vivant dans le Treillis, sur cette Terre, pour aider, là.

 

Et tu n'as aucun droit de te laisser asphyxier, de te laisser tuer par un être qui s'accroche à toi, qui t’enfonce et t’ensevelit. Tu n'as pas le droit de te laisser détruire.