RIEN

 

Je suis un passeur

 

 

Je suis un passeur. Qu'est-ce? C'est celui qui passe quelqu'un d'une rive à une autre rive, d’un endroit à un autre endroit. J’ai utilisé le terme de rive parce que c'est vraiment cela qui est immédiatement compris par l'esprit.

 

Traverser le fleuve, passer de la rive de la souffrance à la rive où la souffrance n'existe pas, où le nom même de malheur n'existe pas.

 

Je suis là pour faire passer d'une rive à une autre rive.

 

Pour cela il faut des outils. Un passeur doit connaître le passage. Il faut aussi une barque, qui soit adaptée aux remous du fleuve, aux éclats, aux rochers, au courant… pas seulement aux difficultés de l’eau mais de tout ce qui est dans l'eau : les crocodiles et tous les serpents qui peuvent se promener par là… mais aussi sur l’eau : le vent, les intempéries. Tout. Un fleuve n'est pas un être mort. C'est une force vivante qui peut engloutir.

 

On pourrait aussi dire que le fleuve fait partie de la rive de la souffrance pour empêcher qu'on sorte d’elle. Le fleuve serait la protection périphérique de la rive, de la terre de la souffrance. Lorsque l'on est sur la terre ferme, même la terre de la souffrance, on est dans une forme de sécurité et on peut s'enfermer dedans. On connaît !!! C'est ce qui se passe le plus souvent. On s'est enfermé dans sa prison qu'on a plus ou moins bien décorée. Tous les rêves inventés par le treillis sont là pour décorer, même en spiritualité, cette prison et faire croire que puisque la décoration a changé, on a changé de maison et on est sorti de la prison.

 

Mais lorsque l'on a décidé de quitter cette rive-là, cette terre-là, il ne faut pas croire que le fleuve va être passif, qu'on va le traverser tranquillement. Aucune certitude d’arriver de l'autre côté ! C'est pour ça qu'il est nécessaire d'avoir un passeur, celui qui connaît les meilleurs chemins et celui qui sait aussi se jouer complètement des remous de la rivière et de tous les êtres qui vivent dans cette rivière… qui sait aussi se jouer du vent, de la tempête, de la lune, du soleil, de tous les éléments extérieurs qui peuvent venir perturber la traversée.

 

Mais ce n'est pas seulement la maîtrise du fleuve à traverser, mais il faut aussi qu'il ait la maîtrise de la terre de la souffrance parce qu'il faut aller chercher les gens là-bas. Ils n'attendent pas sur le bord de la rivière, appelant le passeur. Il lui faut rentrer dans les terres et aller chercher ceux qui ont la capacité et la volonté de traverser le fleuve là où ils sont.

La terre de la souffrance, cette force du treillis ne laissera jamais les êtres lui échapper facilement, ne laissera jamais attendre tranquillement sur le bord de la rive que le passeur arrive… car le treillis a besoin de leur énergie pour alimenter sa propre dimension. N’oublie jamais que le treillis n’est pas seulement un menteur, mais c’est un voleur !!!... en fait, il ment pour pouvoir voler !!!!!

 

Un petit commentaire sur la nécessité de n’être pas trop voyant !!!

 

C'est une question de survie pour ces êtres qui veulent passer de l'autre côté, de « disparaître » dans le territoire de la souffrance. S'ils étaient trop en évidence, le treillis les attaquerait trop fort et peut être qu'ils ne pourraient plus se tirer d'affaire. Alors, il y a la nécessité, comme lorsque l'on est en terrain ennemi, de se cacher. Cela est très mal compris et entendu.

Lorsque l'on voit quelqu'un qui a des capacités fantastiques et qui reste dans l'ombre, dans la demi pénombre, qui ne s'exprime pas totalement, on peut s'exclamer : « Pourquoi ne le fait-il pas ? » Mais plus il est évolué dans la Création plus il sait qu'il y a nécessité, voire même indispensabilité à être profondément discret pour rester vivant. Il faut que le passeur les retrouve aussi dans la terre de la souffrance et qu'il réactualise leurs mémoires, leurs souvenirs, qu’il leur permette de se reconnaître, de nouveau, eux-mêmes pour qu'ils aient envie de passer le fleuve, de passer sur l'autre rive.

 

La création est bien faite. Pour pouvoir se protéger complètement du treillis il faut qu'il y ait une fermeture de mémoire, autrement le système énergétique se trouve dans un tel état de sensibilité qu’il ne va pas réussir à survivre dans la bruyance du treillis. Il faut qu'il y ait un engourdissement des sens. Il faut qu'il y ait un engourdissement de l'état d'être et du souvenir qu'il existe réellement quelque chose ailleurs.

 

Cela ne peut être compris que par un être excessivement évolué qui connait le processus autant du Ciel que de celui du treillis. C'est-à-dire qui sache exactement comment le Ciel se protège dans la terre et sur la terre, au milieu de l'espace du treillis pour éviter que le treillis ne le détruise, mais surtout ne le reconnaisse.

Il faut arriver à passer à travers tous les appareillages du treillis qui sont là pour découvrir quel est l'ennemi, l'adversaire, quel est celui qui va pouvoir faire exploser ou perturber son système.

C'est comme dans les armées où l'on essaie de trouver un métal pour les avions qui ne sera pas décodé pas les radars de l'armée adverse. C'est exactement ça. Il y a cette finesse, cette connaissance du Ciel pour pouvoir retrouver les êtres du ciel si bien cachés dans la terre et sur la terre.

 

Au départ, c'est déjà ça le passeur : reconnaître ceux qui peuvent passer de l'autre côté, qui ,en fait, aspirent à passer de l'autre côté mais qui au fond, au départ, n'en ont pas la certitude.

 

Il faut aussi comprendre quel est ce terme de certitude. Lorsque je dis « n'en ont pas la certitude », ce sont en fait des êtres qui ont une aspiration pour autre chose, qui sentent qu'il y a autre chose que ce qui est proposé par ce qu'ils appellent la vie ordinaire, la vie organisée par le système du treillis.

Mais au fond, ils ne sont pas certains de ne pas être fous. Ils n'ont pas la certitude qu'il existe vraiment quelque chose ailleurs et qu’ils ne sont pas un peu dérangés dans leur tête et leur corps.

 

Alors, il y a la nécessité, pour ce passeur, de les reconnaître et de les toucher pour réactualiser toute cette force du Ciel qu'ils ont en eux.

 

À ce moment-là, ils savent qu'ils ne sont pas fous. À partir de là, ils vont pouvoir commencer à se préparer à cette sortie de la terre de la souffrance pour rentrer sur la terre sûre, celle où le nom même de malheur n'existe pas.

 

Alors, il faut des outils pour le passeur. Il faut qu'il puisse aussi se promener dans le treillis pour aller repérer les êtres du ciel susceptibles de retourner sur cette terre de non-violence. Il faut qu'il puisse pénétrer profondément sans être repéré. Passer inaperçu est un énorme travail.

C'est pour avoir les outils de sortir d'affaire les autres et passer inaperçu qu’il a fallu, et c'était absolument indispensable, boutonner jusqu'au cou le vêtement de la souffrance. Ce dont j'ai parlé précédemment dans le chapitre « : LE DEFI ».

 

Cela a deux indispensabilités.

 

D’abord, en boutonnant le vêtement de la souffrance le passeur, qui est devenu l'Essence même de la Source, va découvrir les moyens mis en œuvre par le treillis pour assurer sa domination sur le système énergétique de l'être. A travers sa nature même, il va tenter de transformer le poison du treillis en un médicament contre lui.

 

Ensuite, quand on boutonne le vêtement de la souffrance, on a cet habit reconnu par le treillis comme lui-même et il ne perçoit pas que dans ce vêtement-là il y a un ennemi… car qui serait assez stupide pour boutonner ce vêtement-là et subir cette pression aussi épuisante, aussi destructive sur son système énergétique.

 

Il faut bien comprendre que le treillis est toujours à la recherche de la sécurité, de la jouissance.

 

Il est à la recherche de son confort, d’une augmentation de ses pouvoirs et de ses satisfactions. Il ne peut donc pas du tout supposer qu'un être évolué rentre dans son système et s'habille de ces vêtements de souffrance.

C'est ainsi qu'avec cet habit-là on peut passer inaperçu, surtout lorsque l'on joue complètement le jeu et qu'on laisse supposer qu'on aime le système avec lequel on vit.

 

Ça c'est un grand art de la dissimulation

 

En d'autres termes on pourrait presque dire que la simulation maximum est de laisser croire qu'on est un terrible jouisseur. C'est à ce prix-là qu'on peut passer inaperçu dans le treillis, sans être repéré comme un ennemi par tout les codes et radars de détection.

 

Il faut que le passeur soit très fort puisque c'est lui qui va protéger entièrement ceux qui passent. Alors, il ne faut pas du tout croire que sont passeurs tous ces petits maîtres en matière spirituelle qui s'amusent tout simplement à l'intérieur d'une des prisons décorées du treillis qu'on appelle le matérialisme spirituel ou l'aménagement et la gestion de l'Amour Universel. Tout ça, c'est de la rigolade.

 

Faire passer quelqu'un de l'autre côté c'est une autre affaire parce qu'il va y avoir aussi les propres résistances de cette personne, ses propres peurs.

 

Il peut avoir une peur énorme du vide devant le renoncement à son propre moi.

 

… à l'image qu'il s'est fabriqué de lui, à sa sécurité qui, mine de rien, est quand même sécurisante, même si c'est une prison. Au moins, une prison existe tandis que le vide c’est du vide et on ne sait pas ce qu'il y a derrière.

Lorsqu'on a été imbibé pendant si longtemps par le treillis, le système reptilien et sa sécurité, il n’est pas du tout évident d'accepter de dire : « Prends-moi, même si je meurs ça ne fait rien. Je ne veux pas rester là. Je ne veux pas continuer comme ça. ». C'est très rare que quelqu'un puisse dire cela, car pour l'essentiel, tout compte fait, on ne veut pas continuer exactement comme ça… mais si on pouvait améliorer un peu les choses ce serait déjà pas mal.

Mais passer sur l'autre rive c'est passer dans une autre dimension. Et ce n'est pas facile.

 

En fait, le passeur se rend compte qu'aussi bien qu'il ait préparé le passage, aussi bien qu'il ait trouvé les moyens pour sortir d'affaires cette personne-là, aussi bien qu'il ait réussi à passer lui-même inaperçu dans le monde du treillis, sans être tué, torturé, assassiné, l'affaire n'est pas encore gagnée parce que son dernier adversaire, son dernier problème sera la personne elle-même qu'il va devoir prendre sur son dos pour l'amener de l'autre côté.

 

C'est d'autant moins facile que la notion de passeur est appréhendée dans l'aspect externe, celui qui passe d'une rive à une autre rive. Mais ce n'est qu'une vision très lointaine de la réalité parce que si on entre encore plus en elle, dans le côté interne, il n'y a pas un passage d'une rive à une autre, il n'y a pas le départ d'un espace à un autre espace.

En fait, s'il n’y avait que le passage d’un espace à un autre espace, d'une rive à une autre rive, on pourrait dire que maintenant on voit un peu mieux le soleil, qu'on quitte les marécages, qu'on a la terre malsaine derrière soi, que l’ennemi reste derrière et qu'on s'en éloigne de plus en plus, qu'on trouve une forme de sécurité, comme un aboutissement quelque part, une destination devant soi.

 

Mais c'est encore une forme de sécurité de dire : j'avance.

 

Dans la réalité, on n'a pas avancé parce qu'on n'a pas bougé. On ne bouge jamais de place. Un pas à droite, à gauche, dessus ou dessous, ça n'a aucune importance parce que finalement la personne qui aboutit à sa libération totale s'aperçoit qu'elle n'a jamais bougé. Elle est toujours restée dans le même espace. Mais elle est passée tout simplement d'une forme de décodage de l'espace à une autre forme de décodage.

 

C'est avec les mêmes yeux qu'elle voit, c’est avec le même corps qu'elle sent, c'est avec la même bouche qu’elle embrasse, mais très curieusement

elle ne voit pas la même chose, elle ne sent pas la même chose,

elle n'embrasse pas la même chose.

Pourtant elle est au même endroit !

 

C'est très difficile à percevoir sur le plan physique et complètement impossible sur le plan mental par le cerveau reptilien, le cerveau analytique qui ne peut pas comprendre qu'il puisse y avoir une transformation de la perception, une transformation d'un monde sans changer d'espace, qu'il puisse exister une possibilité d'être dans une autre dimension sans avoir à quitter la précédente.

Pour le reptilien, pour le treillis, la perception de l'espace et son décodage de la réalité de l'univers sont considérés comme le seul décodage, la seule possibilité de perception. Pour lui, il n'y a pas d'autres moyens de vivre que ça. Il n'y a pas d'autres moyens de décoder l'espace, l'événement que ça.

 

C'est là où est le secret du passage. C'est par la transformation du décodage qu'on change de Dimension.

 

On change de système vibratoire dans la même dimension. Et chaque système vibratoire détermine la possibilité de vivre certaines choses. On en reste toujours à cette même notion, on en revient toujours à la même notion : celle de l'espace qui est un système vibratoire.

C’est un système vibratoire, qui crée l'espace et l'espace ensuite agit sur les êtres qui sont dedans et qui, très curieusement, sont ceux qui auront aussi constitué le système vibratoire. L'un se renvoie en permanence à l'autre.

 

Alors, je n'ai pas à entrer dans les détails de l'action du passeur. C'est tout ce que j'ai pu exprimer dans mes enseignements Au-delà de l'enseignement, il y a toujours cet état d'être, qui découvre lui-même quelque chose, cette Intelligence de la Source, cette Intuition de la Source, cet Amour de la Source, qui fait que l'événement va se passer toujours d'une manière différente et qu'il n'y a pas de codage dans l'enseignement.

 

L'enseignement n'est pas une règle mais un moyen de rentrer dans une chimie interne, dans un état de tissu énergétique qui va permettre de décoder l'événement d'une manière toujours neuve, d'avoir toujours cet esprit frais qui comprend ce qui se passe et qui sait quoi faire.

 

Je me répéterai continuellement mais c'est la grande erreur que l'on fait lorsque l'on écoute les enseignements. On les prend comme des règles, comme des codes, comme des attitudes de fonctionnement alors que c'est tout simplement des outils très précis pour arriver à une chimie interne permettant d'être libre avec l'événement.

 

En définitive, celui qui se sert de mes enseignements pour arriver à cette chimie interne est, en même temps, libéré de la totalité de mes enseignements car il n'a plus besoin de moyens lorsqu’il a cette chimie-là. On a besoin de ces moyens pour arriver à cette chimie interne, pour arriver à cet état d'être qui peut décoder l'événement avec cet esprit frais et neuf à chaque moment. C'est comme s'il fallait construire une barque et traverser une rivière. Quand on est de l'autre côté, devant une terre énorme à parcourir, on ne va pas prendre la barque sur son dos. On prend ses jambes ou un cheval et on galope sur la terre. C'est ça l'enseignement. C'est exactement comme ça. Je me suis peut-être répété des centaines de fois à ce sujet et je pourrais le faire 1000 fois, ça n'empêchera que chaque fois j'aurais touché quelque chose d'essentiel parce que tant qu'on n'a pas cette libération totale, on est toujours à la recherche d'une sécurité, on est toujours à la recherche d'une règle, on est toujours à la recherche d'un père, on est toujours à la recherche de celui qui va venir conseiller, protéger, à la recherche de quelqu'un qu'on va suivre. Et ça, c'est une énorme erreur.

 

Le passeur n'est pas celui que l'on suit. C'est celui qui nous prend sur ses épaules. Il fait découvrir d’autres espaces vibratoires et on comprend « autrement »…