RIEN

 

Moine de l'événement

 

 

Pour comprendre cela il faut déjà être à un niveau d'évolution fantastique. Dans l'explication concernant le passeur, j'ai dit que finalement on ne passe pas d'une rive à une autre rive, d'un espace à un autre espace. Mais on reste toujours à un même endroit. C'est seulement le niveau vibratoire qui se modifie et qui fait que le décodage de la Création n'est pas le même.

 

Tout ce qui était caché avant ne l’est plus après.

 

Il y a donc continuellement un élargissement de l'espace, une augmentation de l'espace à circuler. Très curieusement, on s'aperçoit qu'il n'y a pas de limite à son extension. Il n'y a pas une butée, une finalité, une fin à cette manière de respirer, d'agrandir continuellement la vie, la perception, l'enthousiasme à l'activité et à la création. C'est illimité.

Quand on a déjà un peu modifié le système vibratoire actuel, on trouve cela extraordinaire. On se croit être dans des espaces fantastiques, mais il y a encore d'autres espaces au-delà. Et dans chaque espace au-delà, il y a encore des systèmes vibratoires de plus en plus fins, de plus en plus aigüs, de plus en plus percutants et c'est un véritable miracle de continuellement découvrir toujours d'autres possibilités de vie.

 

Mais, Qui découvre ces autres possibilités ?

 

Qui a la capacité de les percevoir et de les analyser ? C'est toujours le cerveau analytique, le cerveau raisonné. Il est le spectateur d’une randonnée qu’il analyse et met en forme pour l'expliquer.

Sans ce cerveau analytique je ne pourrais pas te parler et tu ne pourrais pas me comprendre. Donc, il faut bien comprendre que le relatif et l'absolu se trouvent toujours mélangés. Sauf que le relatif, le cerveau raisonné ne peut suivre qu'à l'intérieur d'un système vibratoire précis et bas, alors que ton corps a la capacité d'aller très au-delà. C'est le corps qui jouit, qui ressent le bonheur. C’est pour ça que j'ai toujours dit que le bonheur est biologique. Le bonheur est à l'intérieur du corps, le bonheur est à l'intérieur de chacune des cellules du corps. Il ne faut pas le chercher ailleurs. Autrement c'est encore un bonheur fabriqué.

 

Alors, être moine de l'événement qu'est-ce que ça veut dire ?

 

Au départ, côté le plus extérieur, c'est lorsqu’on a réussi à se soustraire aux vibrations les plus basiques des codages du treillis. On n’est toujours pas sorti d'affaire mais on va cesser de considérer les comportements stéréotypés comme justes et véritables parce qu'ils sont reconnus par le système environnant.

On sait qu'il existe autre chose mais cet autre chose on ne le connaît pas vraiment bien. On le sent quelque part et on est accueillant de cette nouveauté. Quand on commence à être accueillant de cette nouveauté-là, on à la possibilité de rentrer dans l'événement, de l'accepter. Autrement c'est impossible car on est toujours à la recherche d'une forme de sécurité.

 

Donc on ne regarde pas le plus souvent l'événement comme quelque chose qui va modifier l’espace en bien, qui va faire sortir de la prison, … mais au contraire quelque chose qui va devenir perturbateur.

 

En d'autres termes, comme je l'ai souvent dit, quand arrive une nouveauté, l’être ordinaire dit : « Mon Dieu, qu'est-ce qu'il y a encore là-dedans ? », tandis que l’homme religieux dira : « Chic, voilà du nouveau, qui va peut être faire exploser ma prison ! ».

Sachant qu'il est dans une prison et connaissant le système de codage et d'aliénation dans lequel il est, l’homme religieux est content de tout événement qui survient. Il va l'accueillir, le vivre, le comprendre.

Il va le vivre et le comprendre avec son corps parce qu'il ne peut pas se baser sur son cerveau analytique, qui est entièrement piégé et conditionné par les repères du treillis ! C'est à partir du moment où l'on s'est bien rendu compte qu'on ne peut pas utiliser son cerveau raisonné et analytique pour se tirer d'affaire et que seul le corps a cette capacité, a cette intelligence pour découvrir le bonheur, pour sentir la liberté, que là on va commencer à chevaucher l'événement, qu’on va regarder l'événement pour ce qu'il est et qu’on va tenter de percevoir quelle est la liberté qu’il amène.

 

Très curieusement, quand on est en train de rechercher quelle est la liberté que l'événement amène, on rencontre cette liberté, même si l'événement, lui, ne l'apporte pas en soi parce que ça peut être une expérience contraignante. Mais comme le relatif et l'absolu sont toujours mélangés, lorsque le relatif est là, l'absolu est aussi-là. Si on y porte attention, si c'est cet absolu qu'on recherche, si c'est son amour-là, on va découvrir cet absolu-là et il va nous amener dans son système vibratoire.

On pourrait dire qu'il va nous amener dans sa dimension à lui. Mais ce n'est pas vrai. On ne change jamais d'espace comme je l'ai dit précédemment lorsque je parlais du passeur. On ne change pas, on ne passe pas d'une rive à une autre rive. On change de vibrations. C'est tout. Donc, l’absolu nous prend dans sa vibration et on ne décode plus la vie de la même manière, c'est-à-dire l'espace dans lequel on est. Cela n’a été possible que grâce à un événement qui a amené du sang neuf : même si c'est un événement contraignant, qui n'a pas eu comme destination principale de te libérer mais au contraire de t’aliéner encore plus.

 

Il n'empêche que l’attention à l'absolu, à la perfection, qu'il y a dans cette matière-là va permettre de faire sortir tout le système vibratoire de cette perfection-là.

 

Je dirais que le moine est celui qui a comme religion l'événement. C'est pour ça que je dis un moine et pas seulement un cavalier de l'événement. Un cavalier est trop laïque. Un moine de l'événement est celui qui a fait profession, religion, de l'événement. Un moine est quelqu'un qui a une unicité d'intention, quelqu'un qui n’est intéressé que par l'accouplement avec la Création.

Ce n'est pas un laïc, ce n'est pas celui qui va passer d'une branche à une autre branche, qui va passer d'un arbre à un autre arbre, qui va goûter des fruits à droite et à gauche. Il a une unicité d'intention, il a une unicité de vie, de respiration. Il est le moine de l'événement parce qu'il sait que seul l'événement a la capacité d'amener le sang neuf pour faire sortir de la prison.

Au final, celui-ci ne perd plus son temps avec le relatif car il veut tellement respirer l'absolu qu’il le recherche comme un amoureux recherche son amoureuse. Il ne sait pas où elle est mais il sait qu'elle est là et il regarde partout et la cherche partout. Avec cette intensité il va découvrir son amoureuse. Et dès qu'il l’a touchée il est emmené par la vibration de cet amour.

 

Moine de l'événement c’est être ainsi. Il est d'abord être un cavalier de l'événement. Il va percevoir comme c'est beau. Et à force de passer d'un événement à un autre, comme un cavalier change de cheval, il va peut-être finir par aimer le cheval… Peut être !!!...

 

… j’espère !!!!!

 

J’ai dit que le passeur prenait l’être qu'il aide sur ses épaules. Mais il ne faut pas que celui qui est porté bouge n'importe comment car on va passer dans des endroits dangereux, bordés de précipices, on va passer sur des ponts difficiles, on va enjamber des serpents.

Il est impossible de prendre quelqu'un sur ses épaules pour l'amener réellement dans ces autres vibrations, dans ces autres espaces où il y a la terre sûre s’il n'a pas compris l'événement, n'a pas compris son importance. C'est pour ça que ce n'est pas si facile.

 

En définitive le passage se fait par un assemblage entre deux moines.

 

Il y en a un sur les épaules de l'autre. Si celui qui est sur les épaules n'est pas déjà dans cette dimension, dans cette vibration du moine de l'événement, l'assemblage n’est pas sécurisé, il n'est pas stable et il y aura une chute quelque part.

C'est le couple qui se stabilise !

 

Il faut que « l'élève » moine soit suffisamment clair et précis dans ce qu'il veut réellement. Autrement il va déséquilibrer le passeur. C'est ce que j'explique quand je dis que le dernier problème du passeur, le dernier danger, c’est celui qu'il est en train de faire passer, comme le noyé est dangereux pour son sauveteur.

Là, c'est triste parce que le passeur ne peut pas accepter d'être noyé, d'être détruit. Alors, si celui qu'il a sur ses épaules est en train de l’étrangler, il est obligé de lui couper les bras, de lui enlever tous les pouvoirs qui lui ont permis de monter sur son dos. Et il retombe.

 

Le passeur n'a pas le droit de se laisser immobiliser par un seul être.

 

Il n'a pas le droit d’accepter cela. Donc, ce n'est pas du tout facile.

 

Alors, avant de mettre quelqu'un sur ses épaules, on n'y regarde à 25 fois et pas seulement à deux fois. Et même à 25 fois ce n'est pas du tout évident que la peur ne saisisse pas celui qui est porté.

 

Lorsque je parle de stabilité, c'est donc la stabilité d'un couple. Ce n'est jamais la stabilité d'une personne. Il n'y a plus la prétention à dire qu'on va être stable car on a « enfin » découvert quelque chose. Non.

 

Il faut avoir cette humilité très spéciale qui est celle du cœur comprenant que seul on ne peut rien !

 

Il n'y a pas possibilité de sécurisation du couple, de stabilité du couple si celui qui est sur les épaules n'a pas compris toute la dimension de ce qu’est l'événement et qu’il n'a pas l'engagement de devenir, lui aussi, un moine de l'événement.

« Devenir » est encore un mot difficile parce qu'à partir du moment où il a pris l'engagement, il est un moine de l'événement. Et ce n'est pas parce que son terrain d'aventures n'est pas encore suffisamment large qu'il n'est pas cela. Il est. C'est une question d'engagement et cet engagement est irréversible parce que si on revient en arrière, on détruit l'assemblage.

 

Et l’assemblage, ensuite, n’est pas reconstructible.

C'est ce que j'ai exprimé autrement en disant que la confiance ne se rachète pas.

 

Donc, lorsque je dis que je suis un moine de l'événement, voilà tout ce que cela recouvre. Si j'en parle, ce n'est pas pour parler de moi car ça n'a pas d'intérêt.

 

C'est parce que celui qui devient un moine de l'événement va, lui aussi, devenir passeur.

 

Alors, j'explique le processus pour qu'il ait, en définitive, une trace à suivre. Dans tout ce que je peux dire sur moi, je l’exprimerai par la trace, seulement la trace laissée.

 

C'est comme marcher dans le sable, un sable immaculé.

L’être qui l’a faite n'est plus là,

 

mais la trace est là.

 

Si on met ses pas dans ces pas là, il y a tout le système vibratoire de celui qui a fait la trace qui va circuler dans le corps de celui qui suit.