29. Les codes sexuels

 

Le Maître décida qu’il était le temps de donner un peu de répit à son fils de « maintenant ».

 

« Il aimera cela !... ces mots transcrits par les scribes… Il se méfiera moins ! … Car il a de nouveau un corps et le corps est toujours manipulable par le codage initial de la séparation entre l’homme et la femme … Peut-être n’a-t-il pas retrouvé une mémoire assez profonde. Peut-être a-t-il oublié ce que je lui ai enseigné sur la jouissance sexuelle à la soumission des codes initiaux… Peut-être !... Vingt-cinq ans déjà… J’espère !»

 

Il marmonnait dans sa barbiche, solitaire dans la Salle Secrète. Il se sentait seul dans ce jeu de la vie et de la mort.

 

« Hiro ne comprend plus rien !... »

 

Le vieillard se laisse conduire par les Forces de la Terre car l’univers des hommes a besoin de son fils de « maintenant » pour survivre.

 

« … Car il est bon et juste de se laisser conduire par Elles… Le corps est dans son espace… Le corps fut créé par Elle pour La servir…

 

… Il est juste et bon de faire sa soumission à la Terre… » ajouta-t-il… peut-être pour se convaincre lui-même !....

 

Son fils « d’avant » fut assassiné par cette femme en laquelle il avait mis une telle espérance d’être aussi grande que Lui… Il l’a aidée jusqu’à l’offrande de son corps…

 

Mais elle n’était grande que dans le mensonge de la Terre lorsque la Terre parle au Ciel et le supplie de l’aider…

 

Maintenant peut-être ce sera lui, qui tuera son fils de « maintenant » pour faire revenir son fils « d’avant », Celui qui aimait les Hommes.

 

Extrait du Livre de la Famille Shin.

 

5. Yoko

 

Maintenant, il peut aller gagner la rue Mouftard. Elle sera là ; il le sait.

 

Il s’est rempli d’un peu de Stéphane ; maintenant, il peut se remplir aussi d’elle.

 

La mer sera comme une vague qui roule sur le sable. Lui, il la fera scintiller.

 

- Je t’attendais.

 

Il n’a pas frappé à la porte de bois, tout en haut, au troisième palier sans ascenseur. Elle a ouvert, l’observant, lors de sa montée, à l’écran du circuit de sécurité. Elle est restée un moment derrière le battant, la main sur la clenche intérieure, la seule qui existe. Tout d’un coup, elle ne savait plus rien. Il était là, de l’autre côté. C’est tout. C’est tout !

 

Elle ne sait pas comment elle a ouvert.

 

Il n’était plus de l’autre côté ; maintenant, devant une chair chaude.

 

- Je t’attendais…Tu as faim ?

 

Pourquoi disait-il toujours que ses mains sur les fesses d’une femme lui donnaient des fourmis ? Un réflexe d’enfant peut-être, un de ces mots qui font rire et qui vous suivent toute une vie sans que vous sachiez vraiment pourquoi, en dehors de ce rire d’un moment.

 

YOKO les avait fermes, dodues et fines, un mélange difficile à trouver. Il aimait aussi le grain de peau des asiatiques, un peu granuleux sur un support souple, de ceux où l’on ne sent pas de résistance dessous, ce reproche au mouvement, à l’invite profonde si présent chez les femmes de la même couleur que lui, de la même souche d’éducation.

 

Nous, les scribes de la Famille Shin, nous faisons part de notre mécontentement profond à notre Digne Maître.

 

La provocation est trop grave, le mépris trop profond pour soupirer en silence. Aussi nous nous sommes permis de déranger le Maître durant sa sieste qu’il a la délicatesse de nommer « relax »… Car un Maître ne se repose pas : il est toujours au travail ! Tout au plus il étendra son corps pour dététaniser ses muscles dont il a grand besoin pour nous aider dans notre méditation quotidienne. Que serait-il sans cette possibilité foudroyante de saisir son bâton et de nous rompre les os…

 

Il faut comprendre les obligations de chacun pour développer une réelle compassion !

 

- Il a débranché le circuit de communication !... suffoquèrent les moines devant le Roshi.

 

- Qu’est-ce qu’IL fait en ce moment, interroge le Maître.

 

- Il est avec Yoko…

 

- Que fait-il avec elle?... demanda de nouveau le Maître avec un mécontentement dans la voix.

 

- Justement, c’est ce que nous ne savons plus !... Il a débranché le circuit de transmission par le corps. Nos ordinateurs sont obscurs !... Plus rien…

 

- Alors je vous pose ma question autrement, soupira le Maître : que faisait-il avec elle juste avant la déconnexion ? répéta-t’il.

 

- Et bien, il la prenait dans ses bras… commença l’un.

 

- Il passait une main sous le gilet alors qu’il nous semblait que ses seins étaient libres en dessous, ajouta l’autre.

 

- L’autre main prenait ses fesses par dessous… continua le troisième

 

- Je crois que leurs bouches allaient se rejoindre conclut le quatrième…

 

- Et c’est alors que nos ordinateurs furent mis « hors service »… dirent-ils tous ensemble d’une même voix suffoquée.

 

Le Maître ferma les yeux. Il ne savait plus s’il allait rire ou mordre, ou rugir comme le lion des montagnes et casser son bâton sur leur échine…

 

- Souvenez-vous de votre attitude et commentaires lors de son ancienne mission en France… pour l’affaire Dupond…

 

Les moines le regardèrent surpris par ce retour dans le temps.

 

- Souvenez-vous lorsque dans ce grand restaurant, lorsque cette jeune femme s’est glissée sous la nappe et masquée des regards surpris, s’est affairé à ce qui est le plus grand entre une femme et un homme de Bonne Condition.

 

- Mais c’était une fellation !... dit le second moine, choqué.

 

- Non, je vous ai déjà dit à cette époque que vous analysiez mal cette situation… C’était un entrainement buccal !... Et mon fils, dans la Grandeur de son âme qui sait que le Temps n’est pas l’ami de l’Homme et encore moins de la Femme, tente toujours au moins de faire deux choses en même temps… vous comprenez ?

 

Ils eurent ce mouvement de la tête des vaches qui regardent passer un train et qui se demandent pourquoi il y a tant de veaux dans un espace aussi petit.

 

Alors le Maître prit la voix la plus douce, celle que l’on utilise pour parler de choses sérieuses à des enfants et que l’on ne veut pas les effaroucher.

 

- Il mangeait… Et il lui donnait à manger !.... Comprenez-vous ce Noble Art des vases communicants ?... Sans laisser le Temps amoindrir les élans spontanés.

 

Les moines fermèrent leurs bouches car ils savaient que le Maître n’aimait pas les voir comme des veaux bêlants.

 

- Dans son extrême Compassion, il a laissé cette jeune femme de Bonne Famille suivre son impulsion spontanée devant le rayonnement si extraordinaire de votre futur Maître. Elle a témoigné de sa compréhension de la Beauté de l’Univers, que dis-je, de la Force de l’Univers, et en vraie Femme courageuse s’est élancée pour La toucher, La manger et La boire ! …

… Il ne l’a pas repoussée du pied au motif que le maître d’hôtel en a avalé son râtelier au point que … bref !.... Mon fils a accepté avec Grandeur et Distinction l’impulsion de cette belle femme et n’a en aucun cas cherché à limiter son courage à vivre pleinement.... comprenez-vous ?

 

Ils continuaient à comprendre qu’ils ne comprenaient rien au point qu’ils ne savaient même plus si le Maître utilisait cet humour si particulier qu’il a ramené de ses longs voyages en les pays barbares.

 

Alors le Maître continua avec ces mots onctueux de délicatesse lorsque l’on parle de choses sublimes.

 

- Et dans sa Grande Compassion, il a refusé d’être le seul à être nourri et il l’a nourrie aussi avec le meilleur de lui-même…

 

- Mais…

 

- Ne savez-vous donc pas que ce précieux liquide est chargé du meilleur de l’homme, le condensé de sa Force Divine !… et qu’une consommation régulière est une garantie d’une jouvence permanente… sans compter le développement harmonieux de l’âme… Le savez-vous cela, mes moines ?

 

- Mais…

 

- Il n’y a pas de « mais »… et lorsque j’ai demandé à mon « fils », lors de son retour au monastère, pourquoi il avait dignement accepté cela, malgré les regards désapprobateurs de tous, il m’a répondu plein de gentillesse, avec ce sourire qui étend les lèvres lorsque l’on parle à un gorille en lui tendant une banane : « parce que il est possible de le consommer autant en entrée qu’en dessert, c’est plus fastoche ! »

 

… Moi, pour ma part, j’ai compris pourquoi il prenait toujours des femmes avec une grande bouche.

 

Le Maître se reprit un moment, puis déclara sans détour en les fixant droit dans les yeux au point qu’ils se sentaient fouiller jusqu’à leurs testicules.

 

- Alors étonnez-vous après vos commentaires honteux témoignant de votre méconnaissance complète des lois de convivialité et de nourrissage entre les vrais Hommes et les vraies Femmes, que mon fils fasse vibrer son corps de manière à fermer la communication avec vous !

 

- Mais…

 

- Non, il a raison… car il a déjà ouvert cette belle femme Yoko dans un sens l’an dernier, par le devant… Il n’est pas homme à perdre son temps à répéter les mêmes actions, car il est toujours au travail… et jamais en jouissance !…

 

Le Maître se recueillit un instant pour être certain que ses mots étaient vrais.

 

- Aussi, c’est maintenant par derrière qu’il va ouvrir cette belle Japonaise… Toucher le secret de sa force… et lui ouvrir dans le corps cette magnifique construction humaine que l’on a copiée minablement pour en faire un objet de décoration en Paris et que l’on appelle la « Tour Eiffel »

 

- Mais…

 

- Oui, « mais »… et vous n’êtes pas prêt à recevoir cette connaissance si particulière… comment l’homme Digne peut aider la femme à se construire…

 

- Mais…

 

- Alors maintenant il est le temps pour vous de quitter ce lieu de mon repos ou je vais vous faire connaître le message de mon bâton !

 

Fin de l’extrait du Livre de la Famille.

 

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