33. Le montage

 

Le corps du jeune Blanc jaillissait comme un ressort devant eux. Ils leur montraient par son corps à lui comment sortir de la prison de l’évènement par une attention suprême qu’il nomme « le point zéro »…

 

- Cette attitude de l’esprit et du corps fournit la liberté au cerveau. Vous avez alors la perception de la totalité des possibilités contenues dans l’espace… Vous cessez de suivre ce qui est « ancien »… Vous avez le « nouveau » possible… et le cerveau neuf et frais.

…. Cela donne en plus à votre corps une énergie immense qui se projette toute seule sans l’effort de vos muscles et de votre volonté.

 

Ils ne comprenaient pas vraiment mais le corps virevoltant du jeune Blanc était le témoignage de la vérité de ses mots.

 

Alors ils tentaient d’écouter et comprendre avec leur corps. C’est ce qu’il leur a demandé.

 

- Laissez votre esprit au vestiaire… Utilisez la puissance du corps qui peut vous relier autant à la Terre qu’au Ciel.

 

Mais ce qu’ils ne savaient pas, car il ne leur disait pas, c’est l’urgence pour lui de bouger le corps dans ses extrémités pour contrôler la Force d’immobilisation qui tentait de pénétrer en lui depuis plusieurs jours. Seul le mouvement vrai et poussé à fond peut protéger de cette action. Il faut aller plus vite que la vibration de cette Force.

 

Seuls Heidi et Tong percevaient qu’il y avait quelque chose de pas « normal ». Ils étaient inquiets.

 

Le jeune Blanc poussait son corps dans ses limites et la peau laissait passer la sueur. Hiro l’observait de sa chaise de « maître de combat ». Il tentait de suivre sur le corps du Jeune Blanc les traces du poison qu’il lui injectait depuis deux jours dans sa nourriture du soir…

 

« Demain il sera prêt pour une rencontre avec le Maître… Il sent quelque chose mais il n’arrivera pas à le contrôler… Personne n’a jamais résisté à cet amoindrissement de la vigilance de l’attention par ces produits! »

 

Il souriait.

 

Extrait du Livre de la Famille Shin

 

11. la Forme du combat

 

Il remonta l’avenue à pas lents, l’esprit ailleurs dans cette large rue passante avec les quatre files de voitures. Ses oreilles ne percevaient plus le bruit et les yeux gardaient une fixité qui faisait dire à « Petit Père » : « Mon Fils entre en lui. Ne le dérangez pas !… Il ne faut jamais caresser les moustaches du Tigre ». Les moines le savaient et ils faisaient un détour. On le savait alors capable de tuer dans une action foudroyante.

 

- Alors !… On t’a beurré le mou…

 

Marc Antoine était assis sur la banquette arrière de la jaguar, appuyé à la portière. Il ne lui demanda pas comment il était entré et le regarda à peine, comme s’il était normal qu’il soit là.

 

- Oui … Je crois.

 

- Tu crois ou tu penses… Pas le même tabac, mec !

 

- Oui, je sais.

 

- Que crois-tu donc savoir, hé, mec ! T’es là que depuis hier matin !

 

- Oui, je sais.

 

- Moi, je sais que l’on t’a beurré la caboche et que tu ne sais plus comment arquer les pinceaux… Voilà ce que je sais !

 

- Oui.

 

- Parce que tu crois que le Stéph, il avait la pompe à fonctionner la vie autrement plus costaud que le Sida !

 

- Tu sais ?

 

- Naturlich ! TOUT LE MONDE, il le sait…T’as bien entendu, hé ! mec, j’articule correct ?

 

- Je crains de ne plus rien comprendre.

 

- T’en fais pas, je suis là.

 

- Tu disais, pour le Sida ?

 

- Je te disais, puisque tu t’es pas débouché les pavillons ce matin, que le STÉPH, c’est pas le mec à se laisser aller parce qu’un mec lui a filé sa queue dans le trou du cul avec le virus en prime. . . Faut pas croire!

 

- Tu savais donc!

 

- HE quoi!... Faut te répéter combien de fois ce matin.

 

- Que fais-tu là ?... Comment savais-tu que j’étais là ?

 

- Quoi, mec!... T’as rien compris! Tu crois pas que moi, Bébert et le reste de la bande, on va te laisser roupiller.

Le Stéph, c’était un de nous... ceux du quartier.

 

- Pourtant, il était un peu à part...

 

- Solitaire, tu veux dire… Pas de problo ; ça reste un gars réglo du quartier et NOUS, on aime pas voir « un classement sans suite »… T’as compris ?

 

- J’ai compris. . . Mais ça ne répond pas à ma question comment tu savais que j’étais dans la crèche à poulets ?

 

- Dis!... La Jap de la rue Mouftard, elle baise bien?

 

- OK! j’ai compris.

 

- Y a pas à dire... Faut t’expliquer longtemps.

 

Il mit le moteur en route et la lourde machine vibra doucement. Marc Antoine se redressait, le dos bien plaqué à la banquette, la tête droite. Il regardait la rue, les lèvres entrouvertes.

 

- Dis, comment on baisse les vitres dans ces chignoles ?

Bret sourit et enclencha la première. Il lui manquait une casquette de chauffeur et le gosse aurait été content.

 

Quelques personnes venaient de se retourner. Marc Antoine élargissait l’ouverture des lèvres et renvoyait la tête en arrière, bien calée dans l’appui de cuir fauve. Le vocabulaire et l’intonation de Marc Antoine étaient de Bébert. Ils avaient dû parler dans la nuit. Il ne lui demandait pas ce qu’il savait car il ne le dirait pas. « Cherche! ».

 

Alors, tout en conduisant la Jaguar dans le centre de Paris, sans but, juste pour véhiculer le gosse, il décidait de lâcher la bride à son caractère. Il allait foutre le bordel puisqu’on instituait autour de lui une loi du silence.

 

- qu’est ce qu’on lit comme « canard » ici, il demande à Marc Antoine.

 

- Bof. . . Le Figaro, France Soir... des trucs comme ça. Mon paternel est au “Monde” ; il dit que c’est pour son travail, il bosse à la Bourse.

 

- Va pour le Figaro. Le nom me plait pour l’opéra que je vais monter.

 

- Quoi!, un opéra... Qu’est-ce que c’est encore ce truc là ?! Je te croyais flic.

 

- Je suis.

 

- Comprends pas.

 

- Chacun son tour. Faut pas que tu crois, avec ton Bébert, que vous avez le monopole des questions sans les réponses.

 

- Comprends toujours pas!... Et d’ailleurs, c’est pas “MON“ Bébert...

 

- Tu sais où crèchent les bureaux de ce journal ?

 

- Pas loin. . . Je te conduis.

 

- Si moi je comprends bien, tu ne me quittes pas.

 

- Tu comprends bien, mec.

 

- On fume pas dans la charrette! Facho !

 

Les locaux sont une véritable fourmilière. Bret repère un homme âgé derrière une table de bois que l’on pourrait prendre pour un organe de réception.

 

Marc Antoine est sur ses talons ; il ne semble pas en être incommodé.

 

J’explique ce que je veux et montre ma carte de Police. L’homme en blouse grise, de celle que l’on voyait d’antan dans les bureaux, redresse son échine voûtée et sans un mot disparaît par une porte du fond.

 

- Que veux-tu faire avec le rédacteur en chef ?

 

- Tu verras bien, puisque toi et d’autres ont décidé de se taire.

 

Le vieillard revient et lui tend sa carte qu’il tient encore à la main.

 

- Monsieur DURAND vous attend dans dix minutes. Troisième porte à gauche. Vous verrez, c’est écrit dessus.

 

- Mais, NOUS n’avons pas décidé de nous taire!... C’est pas juste ce que tu dis.

 

- Alors, si ça t’excite la couenne, disons alors que je n’aime pas les singeries et que ma méthode perso est d’y mettre un coup de tatane.

 

La porte était vitrée et Bret sourit car il se voyait dans les décors de film de l’après-guerre. Il s’attendait à voir un homme gros, en bras de chemise retroussée sur des avant-bras velus. Il aurait le téléphone collé à l’oreille avec deux autres qui sonnaient sur la table encombrée d’une paperasse insensée. Les cheveux devraient être retenus par une visière ceinturant le front.

 

- Entrez.

 

La voix portait forte, autoritaire. Sur la porte il était inscrit « DURAND Rédacteur en Chef ». Ce n’était pas comme dans son imagination et il fut déçu. L’homme était sec, en veston et presque chauve. Il ne fumait pas et son bureau ne ressemblait pas à une volière avec des gens passant partout. On l’aurait pris pour un chef de stock des Galeries la Fayette. Seuls les yeux dénotaient dans cette apparence débonnaire. Ils étaient sombres et durs ; ils cherchaient à vous transpercer.

 

- Que me vaut l’honneur de la visite de ce fameux policier annoncé à grand renfort de pub par Le Premier Magistrat des Français ?

 

Voilà qui est envoyé! ; ça me botte!

 

- Ne vous faites pas de mouron, cher gonze de chef rédacteur... Votre feuille de chou où une autre, j’en ai rien à branler. C’est le nom que j’aime. Pour le reste, j’en ai rien à foutre, j’ai beaucoup de défauts mais pas encore celui de lire les baveux... Mais je vous en prie, pas de réticence. . . Vous pouvez dire ce que vous voulez de ce Premier, comme vous l’exprimez, vu qu’il n’est pas certain qu’IL le soit avec toutes les saloperies que lui envoie la Magistrature en travers les gencives. D’ailleurs, comme je vous le disais en entrée de jeu, faut pas se faire de mouron, ON a les chefs que l’ON mérite!

 

Le mecton me reluque, le râtelier ouvert, et je vois trois caries dans les ratiches de devant, plus un ensemble noirci par le tabac. Si le mec ne fume plus, c’est pas depuis longtemps. Comme je suis perfect dans mon éduc et je n’aurai jamais assez de soucis à dire qu’une mère instit, c’est un fameux tremplin pour se lancer dans la vie, je ne lui dis pas qu’il pue de l’haleine et que la courtoisie mini serait qu’il ne regarde pas les gens en face lorsqu’il ouvre le bec.

 

- Alors!... que voulez-vous donc, Monsieur le Commissaire...

 

- Laissez tomber la suite. Le branlant de la réception a dit que vous n’avez que dix minutes; pas la peine de les perdre en protocole inutile entre gens intelligents.

 

- je suis heureux de vous l’entendre dire.

 

- Passons le turbo... Je veux que vous travaillez pour moi.

 

- Tiens.. . Gratis je présume.

 

- Gratis. . . Bien vu.

 

- Des royalties, peut-être. . . en prime.

 

- Celle-là, vous la donnez aux petites soeurs des pauvres pour qu’elles achètent des vibro-masseurs-anaux.

 

Le monsieur se cale bien dans son fauteuil et commence à rigoler avec la bouche mais je vois bien que les yeux ne me quittent pas une seconde. Il doit se demander quelle combine pas très fraîche je vais lui servir après un tel hors d’œuvre. Car ne croyez pas les mecs... J’suis pas comme ça! Je prépare toujours mon coup et ce “hors d’œuvre”, comme vous dites, c’est pas pour perdre trop de temps à faire passer le plat de résistance qui vient. Vous savez, c’est comme la vaseline que vous demandez lorsque votre bergère vous tourne le dos.

 

- On peut savoir ?

 

- Je suis là pour ça, monsieur rédac.

 

- Si cela ne vous fait rien, vous pouvez y ajouter “Chef”. . . On prend ses petites habitudes en vieillissant.

 

- OK, chef!.. pas de problo tant que vous bossez pour moi.

 

- Alors ?... Il vous reste six minutes.

 

- T’en fais pas. Tu vas voir que tu vas pas geindre la rallonge lorsque je vais ouvrir le gosier.

 

- Je suis tout ouïe.

 

Je m’assois dans le fauteuil près de la fenêtre entrouverte pour bénéficier du petit courant d’air. Marc Antoine ne sait pas où poser ses os et me reluque comme un poisson qui trouve que l’huile est trop chaude.

 

- Tire les papiers de cette chaise et mets-y le cul… mon chauffeur, je fais au rédac-chef qui ouvre les hublots d’énervement.

 

Moi, je trouve qu’il commence à être à point. Juste une bonne tension pour gueuler, ce qui va réduire sa comprenette selon la règle bien connue que l’on ne peut pas avoir mal à deux endroits en même temps.

 

- Voilà!...comme vous le savez, L’EMPEREUR des Francs m’a demandé de trouver l’assassin d’un certain STÉPHANE COLA, gosse de 12 tickets à peine sonnés...

 

- Je sais. . . Tout le Monde le sait!

 

- Et bien, mon cher rédac-chef ou chef-rédac comme vous voulez car j’en ai rien à foutre vu que pour moi vous ne serez jamais qu’un moulin à conneries imprimées... TOUT LE MONDE, comme vous dites, il me fait chier.

 

- Je ne comprends pas.

 

- Quoi ?. . . Le moulin à conneries ou le reste.

 

- Le reste... Le TOUT LE MONDE!

 

- Simple. Dès que je me décarcasse pour trouver un piste, un truc nouveau, bien sûr, c’est pour me rendre compte que la nouveauté n’est que pour moi et le Public, aussi con que moi puisque lui, comme moi, il n’est pas dans le secret des Dieux. Et c’est justement là que vous intervenez pour annoncer la couleur et foutre le Bordel!

 

- Exemple.

 

- Que le Stéphane, on lui avait refilé le Sida par vengeance.

 

- Quoi...!

 

- je ne vous le fais pas dire.

 

- Mais QUI ? Cette info est énorme!... QUI ?…

 

- Je cherche... Mais la Police ainsi que la famille le sait.

 

- Quand ?

 

- Bonne question. . . Je vois que derrière vos allures de chefs de rayon de chez Renault, vous êtes peut-être un peu journaliste!... Dix jours avant sa mort.

 

- Hein!

 

- S’il vous plait!, si vos réflexes désordonnés vous poussent à vous écrier à chaque ouverture du trou à bouffetance, je vous remercierai de dévier le conduit vers le radiateur à moins de vous brancher un masque à gaz.

 

- Hein!

 

- Vous vous répétez, mon cher rédac-chef. T’es dur de la feuille, MOI, Commissaire Divisionnaire Spécial Détaché à L’Elysée avec pleins pouvoirs, JE TE DIS, et t’es prié de bien ouvrir tes feuilles de choux avant celles de ton baveux, que le POLICE était au courant, même la famille, même tout le quartier MAIS que CELA N’EST PAS AU RAPPORT FOURNI AU PRÉSIDENT… Comprendo ?

 

- Vous voulez dire qu’il y a désinformation du Président!

 

- Ah!, tu te réveilles.

 

Le voila qu’il hurle dans un interphone “ CHITY. . . IMMEDIAT!”

 

- Le journaliste hard et pas conformiste qu’il NOUS faut pour ce truc, me dit il en me jetant un regard de morue qui attend le désert..

 

Et arrive un petit crépu qui a dû voir le monde vers le sud Maroc, ridé comme un singe et la dégaine du désastre de la Bérézina. Pas chien dans les âges, mais vu le paquet de vices qu’il doit se payer, il est déjà sur la pente des cinquante berges alors que trente cinq lui iraient mieux.

 

- Pose ton cul où tu veux et écoute! dit le rédac-chef.

 

Le petit ridé ne parait pas choqué de la tournure de la phrase, ce qui me montre que j’avais bien pigé ce mec de rédac-chef derrière son aspect de petit bourgeois bien mis.

 

En guise de siège, il a poussé des papelards sur le coin du bureau et a posé sa fesse gauche, la jambe branlante battant la mesure selon le rythme des explications.

 

- Tu passes ça en première de la UNE! Ce soir... Et que ça saigne!

 

- Vous dites, TOUT LE MONDE, monsieur le Commissaire Divi...

 

- Dis !. . . Ecoute. Ce mec, il nous en apprendrait en argot et c’est un poulet “ Spécial”.

 

- C’est d’ailleurs le seul mot un peu juste qu’il y a sur ma carte... je fais, en soufflant de toutes mes dents que j’ai frotté ce matin avec une pâte dentifrice dont je ne vous dirai pas le nom car le fabriquant a refusé de me filer du pèze pour la pub.

 

- Tiens!... Vous n’êtes pas... Dites, c’est intéressant votre affaire!

 

- Très.

 

- Alors, Ce TOUT LE MONDE...

 

- Une bande de gosse de quartier le sait.

 

- Tiens, tiens . . . Des copains au Stéphane ?

 

- Même pas. . . Une bonne entente, sans plus.

 

- Une preuve... Car si je comprends bien, vous n’apparaissez pas dans l’info, n’est-ce pas ?

 

- Tout compris, mon gars!... C’est toi qui devrais être derrière ce burlingue au lieu de te rider le cul sur l’angle.

 

- Je l’ai toujours dit et je suis content que vous soyez de cet avis, cher Commissaire qui peut-être n’en est pas un.

 

- Tout juste.

 

- On peut savoir ?

 

- Plus tard.

 

- Ah!, info à rallonge... Correct… On tiendra mieux la route avec le public.

 

- Alors, cette preuve... rappelle de chef-rédac qui écoute les échanges entre les deux hommes, les paupières voilant son regard.

 

- Le JOURNAL du gosse.

 

- Quoi!

 

- Ecrit de sa main.

 

- Vous l’avez ?

 

- Oui... Tiens!, faites en bon usage.

 

Le rédac feuillette le livret, Chity allongé sur le bureau pour voir par dessus son épaule.

 

- Merde!... C’est du tonnerre.

 

- Bien, je vous laisse... Amusez-vous bien.

 

- Mais... un moment, il faut...

 

- Non. J’ai tout dit. . . Pour cette fois.

 

Je lève le camp vite fait. J’ai foutu ma merde, qu’elle prospère! Le Marc Antoine trisse des guiboles derrière moi qui arque sec.

 

- Dis!. . . Tu charries. Je sais pas si Bébert va aimer. . . NOUS, on n’est pas contre toi!

 

- Tiens?

 

- Bien oui, QUI t’a dit qu’il tenait un journal ?

 

- Tu crois que je ne m’en serais pas rendu compte tout seul ?

 

- Merde alors!... C’est comme ça que tu es!

 

- Si tu veux suivre, monte dans la chignole et boucle-la.

 

- T’es pas correct.

 

- Si... Tu, VOUS avez oublié un truc... Je roule pour Stéph... 0K!

 

- Explique.

 

- Mets pas tes pieds sur le siège!. . . Tu piges pas, mec?

 

- Non... Et puis merde pour ton cuir; t’es bourgeois, ou quoi?

 

- J’aime le travail bien fini et je le respecte… Si tu veux une mandale en travers le trognon, recommence un peu. Ceci dit, si je n’étais pas venu direct d’Asie pour trouver l’assassin de Cola, dis! toi et tes copains vous auriez fait quelque chose?

 

- Ben.

 

- Justement... Et c’est ce truc qui fait la différence pour moi.

 

- Alors, on est ennemis?

 

- Nous ne sommes pas amis, voilà! Des mectons qui disent rien et ne font rien, que de regarder, c’est pas des potes… Comprendo?

 

- Mais sans nous...

 

- Sans vous, je me démerderais tout autant. Dis, comment tu crois que j’ai fait ma réputation jusqu’à maintenant... Je t’ai attendu, des fois ?!

 

- Ben...

 

- Comme tu le dis si bien!... Alors restes-y et raconte bien à Bébert que les observateurs silencieux et dédaigneux, j’en ai rien à branler et s’il faut vous marcher sur la gueule, je n’aurai pas une seconde d’hésitation… Comprendo?

 

- Si. . . Mais...

 

- Tire-toi... T’es en haut du Boulevard de Clichy.

 

- Je vois...Et toi?

 

- File.

 

Fin de l’extrait du Livre

 

 

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