42. La mort n'existe pas

 

Hiro disait aux moines que le Maître est malade et très affaibli. Il fallait lui laisser du temps de se remettre d’un refroidissement. Les moines opinaient de la tête. Ils comprenaient. Le Maître est si vieux !

 

Mais ils acceptaient aisément cette absence du vieillard. Les enseignements de Heidi, via Tong, les passionnaient. Leur chair vibrait. Ils se sentaient vivants. L’enthousiasme était leur pain quotidien et ils le savouraient.

 

- Cette petite devient une peste pour le monastère, disait le Maître cuisinier au vieillard qui souriait, allongé sur sa couche.

 

- C’est notre chance au contraire, disait le Maître.

 

- Je n’arrive pas à comprendre la logique de toutes ces actions, reconnut le moine.

 

- Cela est normal, mon ami, répondit le vieillard… C’est une danse dans l’Univers entre le Bam et le Yam.

 

- Elle est le Yam ?

 

- Bien sûr, dit le Maître !

 

- Alors nous, nous sommes quoi dans ce jeu ?

 

- N’aie donc pas peur des mots, mon ami… Nous sommes le Bam.

 

- Mais pourquoi seulement Lui ?

 

- Parce que nous aimons les hommes, dit doucement le vieil homme.

 

- Mais eux !... C’est clair qu’ils aiment aussi les hommes !... On perçoit chez cette femme un amour de la vie énorme… et c’est ce qui emporte les moines !

 

- Bien sûr dit le Maître… Elle a un amour énorme… Mais ce n’est pas le même.

 

- Je ne comprends pas…

 

- Nous, nous voulons la Force de vie pour continuer à survivre… Elle, elle se donne à cette Force et survivre n’est pas sa demande.

 

- Je ne comprends toujours pas… continua Hiro.

 

- C’est seulement une question de « temps » dit le Maître… Nous n’avons pas le même temps… et nous avons besoin de mon fils pour changer le Temps.

 

- Je suis complètement déconnecté maintenant !

 

- Cela ne fait rien car la compréhension ou son absence ne changera rien dans ce jeu dans l’Univers.

 

- Alors vous ne voulez plus m’enseigner, demanda Hiro la mine triste.

 

- Bien sûr que je continue à t’enseigner !... Qu’est-ce que je fais à chaque seconde de mes respirations ?... gronda le Maître… Je te dis seulement que le jeu entre le Bam et le Yam est indépendant de la compréhension des hommes… C’est une relation mutuelle qui existe par elle-même et qui se suffit à elle-même… Sauf lorsqu’il arrive un Être très « spécial » comme mon fils de « maintenant » qui a l’intention de changer les « règles du jeu ».

 

- C’est vrai que celui-là était « spécial » rugit le moine mongol.

 

- Mais aussi « spécial » qu’il est, il est lié au bonheur des Hommes et c’est en cela que cette jeune montagnarde nous aide bien…

 

- En quoi ? rugit le mongol… Elle nous fout un bordel pas possible dans ce monastère et chacun s’ingénie à trouver des « voies nouvelles » comme ils le disent !... Ils n’écoutent plus ce que je dis !... C’est Tong qu’ils attendent pour leur enseigner les mouvements du corps !

 

- Mais cela est parfait, rit le vieillard… Tu ne sens pas que cette vibration différente de ce lieu va attirer de nouveau mon fils !

 

- Alors nous allons de nouveau pouvoir le manger, rigola Hiro… Croyez bien que je saurais le cuisiner celui-là !

 

- Tu retardes mon ami, sourit le Maître. Il ne s’agit plus de le cuisiner mais de le digérer.

 

- Mais nous ne l’avons pas encore avalé !

 

- Si, elle, cette jeune femme l’a mangé… et maintenant cette nourriture est dans le corps de l’humanité.

 

- Je ne comprends toujours pas !

 

- Chaque action de chaque être dans cet Univers provoque une modification de l’état du corps de l’humanité… Tu sais cela mon ami… C’est la base de l’existence de ce monastère et de la création de ces « tueurs d’Etat ».

 

- Vous voulez dire que son attention à votre fils relie votre fils à elle… et que ce fil est maintenant une possibilité pour les hommes de se nourrir de sa Force, demanda Hiro, presque timide devant l’importance de ses mots.

 

- N’ai pas peur de tes mots, mon ami… C’est exactement cela !... Heidi travaille pour nous plus puissamment que je pourrais le faire directement.

 

- Mais comment pouvez-vous être inférieur en puissance à cette gamine ?

 

- Mais parce qu’elle aime mon fils !... et que « mon fils » se méfie de moi… et c’est pour cette raison qu’il est parti.

 

- C’est cet amour qui va le faire revenir ?

 

- Bien sûr… Il n’abandonnera jamais un Être qui l’aime… Il reviendra le chercher pour l’emmener avec lui dans la Dimension qui est la sienne… au delà du Bam.

 

- Mais alors,… elle partira aussi… et tout sera fini une nouvelle fois !

 

- Non, rien ne sera fini… Car elle est dans le Bam et la Force reste toujours dans l’espace qui l’accueille et Elle le nourrit.

 

- Alors… commença Hiro dont la compréhension venait à petits pas…

 

- … Alors il faut donner à cette jeune Heidi et à Tong, son compagnon apparent, l’Espace qu’il leur faut pour exercer leur rêve et le développer, continua doucement le Maître.

 

- Mais comment ? demanda Hiro.

 

- Tout simplement en faisant savoir que je me remets très doucement de mon refroidissement et que j’ai besoin de temps… Ainsi mes moines seront rassurés de ma présence car je suis la « sécurité » pour eux… Ils savent cela !... Je suis leur dernière référence lorsque tout sera détruit… Sans moi près d’eux ils n’oseront pas s’aventurer dans des chemins qu’ils ne connaissent pas…

…. Et pendant ce temps-là, comme des singes joueurs, ils seront ouverts aux nouveautés de Heidi et de Tong… et mon fils reviendra ! dit doucement le vieillard.

 

Il y avait de la brume dans ses yeux et il baissa les paupières pour la masquer à son vieil ami qui soupirait sans trop savoir pourquoi.

 

Le quatrième soir, Heidi sentit le besoin de demander à Tong de lire le dernier chapitre du Livre « l’Enfant ».

 

Elle le demanda avec une gravité qui fit peur au long moine. Il perçut que quelque chose lui échappait et il y avait du tremblement dans sa voix lorsqu’il commença à égrener les mots.

 

La Vérité

 

Je remonte le Boulevard de Clichy. Je m’installe dans une table d’angle de la brasserie où tout a commencé. Je suis allé aux toilettes. Il n’y avait personne. C’est là où j’ai vu que tu ne savais pas dire NON. Tu ne savais pas. Et tu étouffais. L’air ne venait pas assez à tes poumons, le toit du monde. Tu ne savais pas comment faire. Alors, tu as créé le théâtre de tes actions. Il fallait agir. Impératif !

 

Parce qu'il n’y avait pas de regard bienveillant, il fallait agir pour que ton intérieur n’éclate pas. Tu tentais d’équilibrer. Tu y es presque arrivé, tu sais. D’un poil.

 

Mais tu ne savais pas que l’énergie s'accumule. Tu ne savais pas. Je t’aurais dit que tout cela est Dieu. Que la vie, c’est la beauté, la laideur, le fric, le sans fric, la bonté, la méchanceté, le léger, le lourd, le profond, le superficiel. Je t’aurais dit tout cela. J’aurais aimé te dire que le problème est beaucoup plus simple que tu le croyais.

 

Il faut seulement savoir où, toi, tu te places dans tout ce cirque. Car le cirque, ce sont les hommes. Ils ne peuvent pas faire autrement. Faut pas leur en vouloir.

 

Mais tu n’avais pas un regard bienveillant sur toi. Tu ne pouvais pas le sentir. Alors, tu as créé ton théâtre. Tu as forcé les spectateurs à venir s’asseoir devant la scène. Tu les as forcés à monter sur la scène.

Dieu, que tu as dû rigoler de voir se déranger deux ministres et tutti quanti. Dieu ! Quelle belle blague ! Chapeau, mec. Je te salue bien bas.

 

Mais tu n’avais pas un regard bienveillant sur toi. Tu ne pouvais pas savoir que le vase se remplissait. Tu ne pouvais pas savoir qu’il allait déborder et t’emmener. Parce que tu ne savais pas dire NON.

 

Alors, tu ne pouvais pas agir à la bonne place. Tu as cru que ton théâtre allait te sauver, te décharger. Tu as cru qu’un “nouveau regard” pouvait te sauver.

 

On ne se sauve pas, petit. Ta peau n’était pas extensible. Mais tu ne le savais pas. Seul un regard bienveillant t’aurait dit cela. Mais tu ne l’avais pas. Pourtant tu l’as cherché.

 

Tu as voulu croire en eux, les... Mais tu savais pourtant que c’était du bidon. Tu savais qu’ils ne cherchaient qu'à défendre leur structure. Pas chargés de la tienne, ils étaient.

 

Mais t’es gosse. Tu y croyais encore. Il était impératif que tu y croies. IMPÉRATIF.

 

Pourtant tu savais. Tu l’as dit dans ton journal. Oh ! Il faut savoir lire entre les lignes.

 

Ne regrette rien. Tu ne pouvais pas t’en sortir. Sauf une rencontre extraordinaire. Mais tu n’as pas eu cette chance. J’aurais aimé te dire, car tu étais courageux, qu’il ne faut pas combattre des moulins à vent. Et que ces moulins ne peuvent pas faire autrement que de tourner comme ça. Que tu ne les aidais pas en les combattant... Pas du tout.

 

C’est toi que tu détruisais, jour après jour, par petit morceau. Et tu n’as pas vu le dernier.

 

Ne regrette rien. Tu ne pouvais pas.

 

Que veux-tu que je fasse, Stéphane Cola ?...

 

Monsieur STÉPHANE Cola. Que veux-tu ?

 

Et toi, Petit Père, que veux-tu que je fasse ? Que veux-tu ?

 

Et VOUS ?

 

La pluie fine ne cesse pas un instant. Mon blouson de daim est trempé. Mes pas me guident vers le jardin public, sur TON banc et je regarde Ton arbre. C’est là que tu as du venir en quittant la maison. Tu n’avais pas d’autre endroit. Combien de temps t’a-t-on laissé dormir lorsque tu es revenu de la rencontre avec Tarin ? Lui, José, devait vouloir ta peau. Mais pas Tarin... Alors, sur l’ordre de Tarin, José a dû te reconduire. Chataigne comme il est, je crois même qu’il t’a laissé revenir à pinces. Combien de temps t’est-il resté ? Et tu n’as pu que fuir. Combien de temps sur ce banc ?

 

C’est là, devant cet arbre, que tout s’est joué, n’est-ce pas ? Tu ne pouvais plus fuir. Tu ne pouvais plus retourner. Tu ne pouvais plus combattre.

 

Et le reste fut facile. Comme dans un rêve. La cave. Le charbon. Les sacs. La corde pour tirer. Tu étais parti sans chausson, sans robe de chambre. Tu n’as eu qu’à t’allonger. Et à tirer la corde. Seulement.

 

Il ne reste plus qu’à monter, n’est-ce pas Stéph ? Tu pleures sur ton oreiller de satin ? Tu ne peux pas partir sur un mensonge, mon Stéph.

 

Maintenant il faut que je termine le travail… pour toi, mon Stéph.

 

Je monte les escaliers menant à l’appartement Cola.

 

- Ah ! C’est vous, commissaire... Entrez donc... Pardonnez le désordre. Je ne sais plus où j’en suis... Quel malheur !

 

- Lequel ?

 

- Mais…Mon enfant assassiné, ma fille en prison… Les gens...

 

- Que s’est-il passé cette nuit-là ?

 

- Mais... Ce qu’en disent les journaux... Les policiers… VOUS...

 

- Pas moi... Je ne dis rien. Alors ! Répondez !

 

- Mais...

 

Ma main est partie toute seule. Mes phalanges ont cogné sa pommette. J’aime la symétrie. J’ai donné la jumelle de l’autre côté.

 

- Que s’est-il passé cette nuit là ? Je demande une nouvelle fois.

 

Ma voix sans intonation lui donne la chair de poule.. A moins que ce soient mes yeux qui ne cillent pas devant les siens.

 

- Mais... Je ne sais pas…Je n’ai pas compris ses réactions. Pourtant j’ai l’habitude de venir dormir dans son lit... lorsque avec mon mari... Vous savez, la vie n’est pas rose !...

 

- Continuez !

 

- Vous êtes méchant. Que vous arrive-t-il, Monsieur le Commissaire ? Moi qui vous trouvais très bien... J’en ai même parlé à tout le quartier.

 

La paire est repartie. Sa tête a cogné sur le chambranle. Elle a tourné sur elle-même et s’est cramponnée au dossier du fauteuil.

 

- Je... je ne savais pas ! Je vous jure !... Il pleurait... Il disait “tais-toi !”... Comme si on pouvait dire une telle chose à SA mère. Ah ! il m’a entendue !... Je lui ai dit ses vérités... Qu’il était bien un homme, comme son père, égoïste, ne pensant qu’à lui… Que SA mère, il s’en moquait comme son père... Des ingrats !... Voilà ce que je lui ai dit, Monsieur le Commissaire !... Et j’aimerais savoir ce qu’il y a de mal à ce qu’une mère rappelle à son fils qu’il doit veiller sur elle, la défendre, l’assister... C’est le rôle du fils ! Voilà ce que j’ai dit !... Et j’en ai pas honte, Monsieur le Commissaire... Ne vous en déplaise !... Et d’ailleurs, je me plaindrai à vos supérieurs...

 

- Pour leur dire que votre fils était vivant au moment où tous le croient mort ?... Non, madame Cola. Vous ne direz rien... Vous auriez trop peur que la charge retombe sur vos frêles épaules.

 

- Mais…

 

- Non, pas de “mais”. C’est vous qui avez tué votre fils. Vous cherchez à le cacher depuis le premier jour... Il n’en pouvait plus. La charge était trop lourde. Mais lorsqu’il vous crie “ASSEZ !”, vous, oui VOUS, le culpabilisez un peu plus. Car vous ne tolérez pas cette insoumission, car le MONDE tourne autour de VOUS, Madame COLA, mère de STÉPHANE COLA qui s’est suicidé... VOUS êtes le nombril du Monde, madame...

 

- Sortez... et j’irai TOUT dire au commissaire. … Ma fille reviendra, les gens me ...

 

- Non... Plus possible. J’ai bien ficelé chacun. Plus personne ne peut revenir sur ses déclarations... Dites !, allez donc expliquer MAINTENANT que vous saviez que votre fils s’était suicidé et qu’en même temps... Non, madame Cola. J’ai tout bouclé... Il ne vous reste plus rien. Plus de fils, plus de fille, la désapprobation totale des gens car vous saviez la vie que menait votre fille… Vous couvriez tout, madame… Je ne vous laisse rien. Pire que la mort.

 

- Vous n’êtes qu’un salopard, Monsieur le Commissaire... Comment osez-vous me faire ça ?... Mais je n’ai rien fait !... Il est parti en courant. Il s’est sauvé de la chambre... J’ai bien essayé de le rattraper.

 

- Jusqu’où ?

 

- Bien... Je suis allée à la cuisine... Je me suis fait une infusion. J’ai attendu... Mais il fallait que je dorme aussi ! Vous ne pouvez pas savoir quelles sont les charges d’une mère de famille !... Il faut que je me repose !... Je ne pouvais pas l’attendre toute la nuit.

 

- Il était dehors, dans le square... tout proche.

 

- Mais... Que faisait-il dehors ?... Vous ne pensez pas tout de même que j’allais me rhabiller pour courir derrière un sale gamin qui fait une fugue et qui parle à sa mère sur ce ton ! Je ne permets pas !

 

- Dites-moi ?... Une dernière question... Vous lui aviez fait enlever les amygdales ?

 

- Bien sûr. Il faisait angine sur angine... Il y a trois ans de ça... Pourquoi cette question ?

 

- Rien... Pour rien... Adieu, Madame Cola.

 

Ne regrette rien, mon Stéph… Petit… Tu ne pouvais plus rien contrôler. On t’avait aussi chouravé les amygdales. Tu ne pouvais plus contrôler le faisceau de la punition. Tu ne pouvais plus.

 

Peut-être j’aurais pu t’apprendre comment regarder. Car il existe une manière qui écarte les barreaux de la prison. Il en existe une. Dans un regard de bienveillance.

 

Je te tiens dans mes bras.

 

A bientôt, Stéph.

 

T’es plus mort !

 

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- Si, la mort existe pourtant dit Heidi…

 

- Mais cet « Ange » dit le contraire ! s’offusqua Tong.

 

- Le « Ange » d’ici m’a dit que la mort existe…

 

Tong la regarda interrogateur. Alors elle ajouta :

 

- Il m’a dit que lorsque tu as perdu l’enthousiasme à faire vivre ta Dignité originelle, tu es mort… Mais que cela on ne le sait pas.

 

- Pourquoi tu ne le sais pas ?

 

- Il disait que c’est en relation avec les vibrations de l’énergie… Que ce que nous croyons être notre connaissance personnelle n’est que la Connaissance du flux énergétique avec lequel nous sommes relié… Et que chaque flux est défini par une vibration.

 

- Alors, demanda Tong… Que cela veut dire vraiment ?

 

- Cela veut dire que nous n’existons pas par nous-même. C’est un flux qui existe et notre intelligence qui est un outil de notre cerveau biologique est le décodeur de l’Intelligence du flux avec lequel nous nous sommes mis en vibration, dit-elle calmement car les mots coulaient librement et elle ne savait même pas que c’était elle qui parlait.

 

- Mais pourquoi ces choix ?

 

- Il disait que chaque flux a ses rêves, ses peurs, ses espérances… et que notre mémoire fait le choix de son flux… Et en recherchant la réalisation de nos rêves et l’annulation de nos peurs, nous poussons notre énergie dans un type de vibration qui va rejoindre celle du flux qui porte nos espérances… Et après cela tout semble évident et normal car c’est l’Evidence du flux que nous avons choisi.

 

- Est-ce cela qu’il disait dans le Temple: « votre conclusion s’inscrit dans votre espace d’Evidence » ?

 

- Oui, c’est cela… Toute appréciation et conclusion est fonction du positionnement du regard, me répétait-il toujours lorsque je plongeais tête baissée dans les premières « évidences » de chaque chose …

… Il m’a appris à vivre autrement qu’avec la mémoire… dit-elle doucement avec des mots qui semblaient des caresses sur le corps de la vie.

 

La jeune femme devint silencieuse. Les mots ne montaient plus de sa gorge. Le souffle se faisait petit. Ses yeux allaient dans un Univers que le long moine ne connaissait pas. Il ne connaissait pas non plus les vibrations qui émanaient du corps du Heidi, celles qu’il percevait maintenant et qui soulevaient son corps à lui dans un enthousiasme tout nouveau.

 

- La Mort ne L’a pas pris, dit-elle… Il va revenir.

 

- Pourquoi il reviendrait dans toute cette pagaille qui se développe ici ?

 

- Parce ce que j’ai besoin de Lui, dit-elle doucement.

 

- Mais il sera en danger ici… Je le sens dans toutes les fibres de mon corps !

 

- Que tu es bête, dit-elle en souriant… Tu ne sais pas encore ce qu’est une Vraie Femme !

 

Il la regarda avec la même interrogation qui était maintenant sa coutume avec elle. Elle sourit au delà de lui, dans une autre Dimension.

 

- Je le protégerai… Je lui donnerai l’espace pour respirer… Je lui donnerai le terrain d’aventure à agir… Telle est la Vraie Femme !... Tu ne la connais pas encore en ton cœur, mon ami ?

 

Elle entra ses yeux longuement en lui et elle ajouta.

 

- Parce qu’un homme doit devenir une Vraie Femme avant d’être un Vrai Homme !

 

Tong baissa la tête. Il comprenait avec le cœur… Mais son corps était sec de cette richesse là.

 

 

 

 

 

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