48. La Présence avec soi… ou rien !

 

- Lis-moi encore, demande Heidi. Je suis bien avec lui et il fait revivre les sens dans l’action.

 

Le long moine s’installa selon le rituel habituel.

La jeune femme l’observait.

 

« Comme il est facile de prendre des habitudes ! »

 

 

LIVRE Secret de la Famille SHIN…

Le Tourbillon… Suite 4

 

- J’en ai référé à Monsieur le Président, qui est un ami personnel, de votre attitude inadmissible à mon encontre et de celui de mon entourage, dit le Professeur Dupond en s’asseyant dans son fauteuil ministre, derrière une table bureau encore plus ministre et sous l’éclairage d’une lampe monumentale en pied de bronze aux enseignes de Napoléon avec l’aigle plus que royal.

 

Il avait mauvaise mine, l’oncle ! Je le comprends tout à fait. Il a de l’intuition… Et lorsqu’un mec comme moi arrive dans son espace… un mec qui ne prend rien au sérieux, et surtout la vie des autres !... je comprends très bien qu’il ait les couilles serrées et qu’il fut incapable depuis hier soir de bander devant la glace de ses toilettes comme il en a l’habitude depuis quarante ans, histoire de se prouver qu’il est encore un homme.

Bref, pour vous dire que ses charres j’en ai rien à branler et que je m’installe sans ambages sur l’angle du bureau, face à la lampe, au grand Dam du teigneux peigne culs.

 

- Mais enfin… Vous n’êtes pas chez vous ! éructe-t-il la gorge encore plus sèche que sa bave n’arrive plus à passer tranquille. Te ! A ce rythme, je vais encore devoir faire de l’assistance médicale et lui ouvrir la trachée d’un coup de couteau, histoire de lui permettre de laisser passer un peu plus d’air… Mais peut-être il a des pastilles de sa composition pour procurer le même résult… Il est Prof, faut pas oublier !

- Et que vous a répondu l’Empereur, je fais en essuyant mes godasses sur le velours rouge du siège empire en face de moi car c’est le temps dégueu et j’ai pris de la boue sous mes semelles.

- Mais !

- Dites, ça devient une ritournelle avec vous, je fais avec mon plus beau sourire… celui que j’ai devant le mec qui ne comprend rien avant que je le tue, histoire de vider ma vessie qui bloque mon foie qui alors rugit de colère au point qu’il me faut du sang frais vite fait. Comme mon foie se bloque, et qu’il n’est plus capable de fabriquer un sang assez correct, vous comprenez aisément que je prends celui de l’autre en l’attente de la réparation de mon propre système…

- Mais !

- Mais !... OUI !... Mon brave Prof… Que vous a donc dit ce brave Empereur des Français qui ne sait plus quoi inventer pour satisfaire son peuple afin d’être réélu…

 

Le Dupond perd la voix et aussi le regard qui ne sait plus où se poser. Alors, gentil comme je suis, vous commencez à me connaître, je fais la réponse pour lui, histoire qu’il ne continue pas à s’arracher la gorge avec ses crachats.

 

- Il vous a dit de mettre la pédale douce, mon cher Prof… Que peut-être j’ai des manières un peu brusques, mais je suis le meilleur dans ma profession pour pousser les minables à sortir leur venin et se dévoiler tels qu’ils sont… 

… Et qu’IL, l’empereur, n’a pas de temps à perdre avec cette triste histoire de perte de documents « Secret Défense » car il a le feu au cul avec tous ces faux culs qui sont prêts à dire, que dis-je à témoigner ! que c’est lui qui passe ces infos à son copain Russe dont il attend le soutien pour se refaire une autre re-belotte électorale… Car vu sa manière de piquer dans les caisses de l’état, au point que la Cour des Comptes rugit de toutes ses dents, il a besoin de l’assistance étrangère pour payer ses notes de frais perso… 

… Et qu’enfin et surtout !... il y a du rififi dans ses Services dits « Secrets » et que la guerre des Polices n’est pas une exclusivité des films en mal de clientèle… et que le doux pays qu’est la France vit ce conflit au quotidien… au point que son Digne Empereur, ne sait plus « qui croire » et il se trouve bien seul au milieu de cette foire, alors que ceux qui l’entourent ne sont pas des « aides » mais des « valets »… 

… Voilà ce qu’il vous a dit, l’Empereur des Francs !... Alors ne venez pas me casser les oreilles avec vos remontrances car, comme vous le savez en tant que parfait prof qui bien sûr possède une culture magnifique de la structure énergétique de l’homme, les oreilles sont connectées aux reins et lorsque l’on tente de me casser les reins, j’ai les couilles en érection et il faut que j’éjacule vite fait… Et pour moi, la jouissance max, c’est de faire couler le sang de ceux qui en ont de trop… Comprendo ?

 

Je ne suis pas certain qu’il comprenne. Mais il ferme le clapet et l’air en est moins pollué.

 

Ensuite, comme vous commencez à me connaître, je puis vous faire la confidence que ce mec-là, c’est du puant et du menteur. L’énergie qui sort de ce corps-là est un pur mensonge, un genre de dissimulation subtile de la vérité avec des gros pavés inventés… le tout mélangé et servez sec et direct, s’il vous plaît !

 

Alors si vous ne savez pas leur couper la chique en direct, à ces mectons, ils vous emmènent dans des chemins dont il est difficile de sortir car le faux tellement mélangé au vrai est comme une pierre qui vous envoie au fond du précipice.

Aussi, comme je vous aime bien, et j’espère que vous vous en êtes rendu compte, je vous dis sans aucune réticence que poquer direct est la meilleure manière de ne pas entrer dans ce système pervers… Mais pour cela il faut du courage car on vous a appris dès la naissance d’être « si gentil » avec tout le monde que vous êtes déjà cocu avant même votre puberté !... Mais comme je vous comprends !... Vous voulez tellement « être aimé ! »… Alors vous préférez vous nettoyer le cul et rester gentil…

 

Le gus devant moi ne sait plus quoi raconter. Il attend que j’ouvre le bal et il choisira la musique puisque son ouverture n’a pas donné les fruits qu’il escomptait.

 

Moi, je n’ai rien à dire… Je regarde, je sens, je découvre l’énergie qui passe… Je ne perds pas mon temps en charres !... Je poque direct et j’explique après…

 

Alors nous sommes tous les deux dans une impasse dialectique et c’est encore une fois la nièce qui vient sauver la mise à son oncle… Curieux !... A creuser son attirance à protéger le tonton.

 

Elle ouvre la porte à la volée, folle de joie.

 

- On vient juste de me prévenir que vous étiez là, Ange !

- Ange !... éructe le gosier du mecton ratatatiné derrière son impérial bureau… Il ne nous croyait pas déjà si intime… Mais passons… et je ne cherche pas à lui éclairer sa lanterne sur le degré de cette intimité toute nouvelle. Moi, vous le savez, je suis toujours discret dans mes ébats et je ne divulgue jamais combien la dame à de poils pubien au mètre carré…

 

La Sophie, elle est rutilante de santé… Pas la mine fripée… Ni les nichons non plus, soutenus par un léger tissu rouge et le tout recouvert d’un chemisier de soie blanche, tout à fait transparent.

Tout est d’ailleurs si transparent que je puis vous dire, puisque je ne vous cache jamais rien, que ses pointes de seins sont d’un brun foncé avec une large auréole autour… et que le tout peut satisfaire un honnête homme ; il y a de quoi s’accrocher !

 

Elle vient vers moi dans la foulée, pas gênée que je sois perché sur l’angle du bureau avec ma godasse sur le siège.

Tout à fait naturel aussi pour elle de venir s’insinuer entre mes cuisses et de poser un bisou sur l’angle de mes lèvres tout en plaquant ses gobelets sur mon torse, histoire peut-être de me faire savoir que ce n’est pas du plastique.

 

Lui, l’oncle ?

Il est plus blanc que cette lessive si particulière qui lave plus blanc que blanc, ce que je n’ai jamais très bien compris ce que cela veut dire puisque le blanc est la réunion des couleurs fondamentales de l’Univers et que je ne sais pas ce que c’est que « plus » que cela.

Comme vous le savez je suis très copain avec Dieu, je lui ai posé la question mais il ne m’a pas répondu… Peut-être il était occupé à autre chose et je l’ai dérangé à ce moment au point que ses œufs sur le plat ont grillé et qu’une indigestion s’en est suivie…

 

Mon fils,

 

Je dois reconnaître que tu m’émerveilles… Parfois !... Pas toujours, je dois aussi le reconnaître.

Comment connaissais-tu la réponse de l’Empereur des Francs à mon dernier billet doux que je lui ai envoyé par pigeon voyageur express, ce qui est un peu plus rapide que les fameux Chronopost de ton pays, tu sais ?... ce qui arrive avant ce qui n’est pas retardé…

Donc je suis émerveillé que tu connaisses déjà la réponse de ce Digne Homme qui se dit diriger la France, ce dont je ne suis pas complètement certain car j’aurais plutôt le sentiment que c’est la France qui le dirige…

 

Bref, pour te dire que ta réponse est parfaite à ce peigne culs comme tu l’appelles… Mais je dois aussi te rappeler la compassion indispensable à porter à ce type de chercheurs de la science moderne. S’ils n’étaient pas des peignes cils… Pardon, des peignes culs, ils ne découvriraient rien des lois de l’Univers… Il faut savoir se masturber avec sagesse et modération pour arriver à ces connaissances si superficielles qu’elles ne portent pas le bonheur en elles et ne l’apportent pas non plus à celui qui les découvre et encore moins à l’Humanité.

 

Alors je crois que tu devrais cesser de critiquer ce chercheur sur ce sujet. Il n’est que ce qu’il fait !... Tu connais bien cela !... c’est un de mes enseignements essentiels : « Vous êtes ce que vous faites » et je te remercie de ne plus me poser de questions à ce sujet pour me pousser à le développer encore une fois afin de me voir encore et encore perdre mon temps et d’être manipulé par ma structure de « Maître » qui aime tant expliquer qu’il en devient l’esclave de ceux qui jouent les imbéciles… comme tu sais si bien le faire que je suis parfois étonné de tes performances, au point que j’ai parfois eu l’intuition que tu devrais cesser d’être un Digne assassin pour faire du théâtre…

 

Bref, s’il te plait, cesse de me faire perdre mon temps avec ce sourire en coin de celui qui ne comprend rien et qui pousse, pousse et encore pousse à dire encore plus et tomber dans les filets de la fatigue et du découragement… ce que tu sais si bien faire avec moi !... Mais ne crois pas que je suis dupe ! J’ai parfaitement compris que pendant le temps de mon affaiblissement, même très momentané car je suis le « Maître » et j’ai des ressources insoupçonnées pour revenir à la surface lorsque j’ai plongé trop profond, tu en profites pour former les nonnes à l’Art subtil de l’Amour, au point que le monastère perd son silence nocturne… Mais à ce sujet, je dois dire aussi que tu m’étonnes et même m’émerveilles… Comment fais-tu pour passer d’une chambre à une autre en restant si frais et éveillé le matin pour la médiation de l’Aurore ?...

 

Mais vois-tu, ce qui fait le plus de bruit durant ces nuits où mon énergie ne peut plus contrôler la tienne, ce sont les râles des moines qui s’entraînent à savoir aussi être de dignes amants des dames, mais sans femme !

C’est pour cela que j’ai parfois attiré ton attention sur tes débordements. Pour les hommes !... Car pour les femmes, je dois reconnaître que la générosité de leurs rires est comme le chant harmonieux des oiseaux dans le ciel bleu de l’Univers.

 

Bon !... Bref !!!... Cesse donc de déplacer toujours le problème car j’ai pris la plume seulement pour un cour message que je t’envoie par pigeon voyageur habituel… que l’Empereur des Francs m’a fait savoir qu’il était bien aise de ta manière de bousculer ces habitudes si sclérosées dans son doux Pays au point que lui-même ne peut plus installer sa maîtresse comme premier ministre sans que cela fasse un tollé dans toute la contrée…

 

Et ce Digne Empereur a raison !... Comment le mieux tester un être que de s’introduire intimement en lui ?... Alors c’est par devoir National, pour le bien de son Empire et de son Peuple, qu’il a utilisé ce moyen suprême des Rois afin d’être certain qu’il allait donner le meilleur aux Francs afin de les gouverner dans le détail de leur vie ordinaire, car pour ce qui est du « général », il s’en charge lui même et je crois avec un certain bonheur si j’en crois ses satisfactions.

 

Je te donne l’info pour te témoigner de mon attention à ton labeur dans ton doux pays que tu avais quitté en ruant comme un cheval fou… Mais je n’insiste pas trop tout de même !... Tue avec modération et ne laisse pas trop de sang derrière toi. Tu sais comment les blanchisseuses rouspètent à chacun de tes retours au monastère lorsqu’il s’agit de rendre tes vêtements encore plus blancs que blancs…

Toi, du haut de ton rôle d’être le fils, tu ne sais pas encore ce qu’est le rôle du père et de l’intendance qui s’accroche à lui… Parfois j’ai d’ailleurs eu l’impulsion de changer les mots accrochés au-dessus de la porte de mon jardinet. Ils disent « Pavillon du Maître »… Ils devraient dire « Pavillons des jérémiades ».

 

Bref, je te quitte et je te remercierais de ne pas trop foutre le bordel car je suis toujours inondé de pigeons voyageurs express lorsque tu es en mission et que je ne te garde pas sous mon contrôle au monastère.

 

D’ailleurs, sans vouloir en aucun cas t’influencer, j’ai un court billet du digne père de Yoko qui est très surpris que tu n’aies pas encore partagé avec lui la délicatesse de la cérémonie du thé … alors qu’il semblerait que tu aies déjà partagé celle de sa fille…

 

Bref, juste une info au passage !... Mais méfie-toi… La vibration du père n’est pas celle que j’attends de ceux qui dirigent mes groupes partout dans le monde…

A ce sujet, tu sais que tu as ma très chère amie Madame Broussard, près de Paris, qui supervise toutes les actions en France… Mais tu n’es pas obligé de le dire à Yoko et son père car dans la délicatesse de mon attention et mon amour pour eux, ils ne savent qu’ils sont contrôlés...Tu apprendras plus tard que l’on n’est pas obligé de dire toute la vérité !... D’ailleurs à ce sujet, je te reporte aux enseignements essentiels que t’a donnés mon ami le Maître de l’Arc et de la flèche… Te souviens-tu ?

 

Je t’embrasse avec toute la tendresse de mon cœur asiatique et surtout ne prend pas froid dans cette humidité de Paris… Tu sais ta propension à faire des angines.

 

Ton père que tu adores et qui accepte ta reconnaissance infinie pour tout ce qu’il a fait et continue à faire pour toi.

 

 

Ne faites donc pas trop attention à ce vieux gonze d’asiat qui a la prétention de me servir de père. Voyez comme il ne sait pas être direct ; toujours à tourner autour du pot en espérant que l’autre comprendra ce qu’il veut dire sans devoir se mouiller les poils à dire direct ce qu’il veut sortir.

C’est pas comme moi !... Toujours direct.

C’est d’ailleurs ce qui a fait frissonner les poils de la Sophie.

 

- Tu as des nichons royaux, je fais, alors que nous ne sommes pas encore sortis de bureau de son oncle qui sursaute.

 

Elle n’ose pas dire « merci » devant lui mais elle ondule du cul et elle a sa hanche contre la mienne lorsque nous passons la porte. Curieux comme elle a voulu la passer avec moi !... Pourtant il n’y avait pas la place pour deux. Vous savez pourquoi, vous ?... Moi je suis un peu enfant et je ne comprends pas tout du comportement de l’homme… et encore moins de la femme. Je suis copain avec Dieu, mais dans le fourbi de Sa Connaissance il n’y a pas tout et je me sens parfois bien con avec les humains pur sang…

 

Bref, elle m’enlace par la taille pour me faire visiter les labos, rencontrer les gens, parler pour moi…

 

Bref je m’emmerde car il n’y a aucune perturbation perverse parmi ces gens. Ils font leur travail bien proprement, comme des humains bien formatés qui ne savent pas en définitive pour « Qui » ils travaillent… Dieu ou le Diable ?...

 

Pour eux, c’est la « Science » et tout simplement la Science qui se doit d’évoluer pour le bien futur de l’Humanité… Qu’on ne soit pas déjà au paradis sur Terre avec toutes les découvertes qu’ils alignent chaque jour, en parlant même de découvertes fondamentales, ne les interroge pas… On leur a dit que le « Bien » est dans le futur… Que ce futur est la recherche de devenir comme « Dieu »… et en conséquences, les imperfections de « maintenant » sont normales, voire nécessaires car elles témoignent tout simplement que l’humain n’est pas encore parfait, semblable à Dieu mais qu’il est sur le « chemin » et que le futur est l’espoir de demain.

 

Ça me rappelle une affiche sur la vitrine du coiffeur du village de mon grand père… « Demain, on rase gratis ! ».

Mais le problo c’est que demain c’est toujours demain et chaque jour le coiffeur montrait la pancarte à ceux qui venaient se faire raser sans avoir à débourser.

 

Un bobard de première classe, bien enveloppé et certifié conforme par les labels de qualité de la Société… Demain… Plus tard… Dans le temps… Il faut du temps !

Le problo est que ceux-là ne toucheront jamais la Force de Vie car celle-là, elle n’est pas « Demain »… Elle est ici et maintenant.

 

Mais il ne suffît pas de le savoir et de jouer à la personne « présente » ici et maintenant, type certains arriérés mentaux dans certaines voies de spiritualité débordantes de bêtises et de restrictions et de limitations et de sécheresse…

 

Il faut encore avoir cette Présence avec soi !... Et c’est bien là où est le problème !

Sans cette Force de Vie en action, c’est comme tourner autour de sa queue !

 

Et le problo prend encore plus d’ampleur lorsque ceux qui se disent des Maîtres Spirituels et qui seraient chargés de former et d’aider les autres ne connaissent cette Puissance que par leur intellectuel, par la connaissance que cette Force existe car d’autres le leur ont dit, mais que eux, ils n’ont aucun contact corporel avec Elle.

Ils savent émettre une vibration en parlant de cette Force et cela procure une sensation dans le corps de l’autre car il y a une activation de sa mémoire contenue dans chacune des cellules du corps. Alors cet « autre » accepte que cette sensation soit la Présence de cette Force en Soi et il tourne en rond en léchant les orteils de celui qui a réussi à lui provoquer cette sensation.

Ceux-là sont roulés dans la farine et si le pain est bien cuit, il est fort difficile de se sortir de cette croûte.

 

Il y a encore plus grave ; ceux qui disent « Non, merci ! » lorsque cette Force est dans leur espace. Ceux-là ont fait un choix définitif dont il impossible de revenir car lorsque l’on n’aime pas l’Amour, l’Amour s’en va… et c’est pour longtemps… Ceux-là ne sont pas des courageux. Ils programment leur « futur » selon leurs propres règles issues du bien être de leur structure énergétique de base.

 

Bref, nous ne sommes pas là pour entrer dans ce monde pourri de la spiritualité que je connais comme ma poche. Vous en conviendrez avec moi !

Nous sommes là pour connaître le mecton ou la mectonne qui fourgue les infos « Secret Défense » à l’Ours Polaire. Vous vous souvenez ?

 

Et moi, ce qui m’interroge dans tout ce Bazard, c’est que mes décodeurs du mensonge n’ont tilté qu’avec le prof et son valet gorille…

Ensuite que ces mêmes décodeurs suintent avec la nana Sophie… Pas vraiment du mensonge… Ou elle ment sans s’en rendre compte… Plutôt une forme de soumission au mensonge.

 

Alors comme je ne suis pas maso et comme le temps n’est pas mon ami, je ne traîne pas dans les labos et j’invite la gonzesse à déjeuner dans un resto class.

 

- Mais je ne suis pas habillée pour aller dans un tel lieu, elle fait !

- C’est le contraire, ma poule, je fais, histoire de la mettre dans l’ambiance… Tu es trop habillée !

- Coquin ! fait-elle.

 

Moi, coquin ?... Mais elle me prend pour quoi, cette gonzesse ?... Té ! Il y a du bordel là-dessous !

 

- Je suis toujours au travail, je fais pour clarifier les données sur la table.

 

Elle me regarde étonnée.

 

- Eh oui, je travaille… Avec vous, sur vous et en vous, je fais, pas le moins du monde ironique… Vous connaissez la formule ?... C’est celle que vous racontez tous les matins et les soirs depuis que vous êtes en âge d’être un perroquet.

- Vous ne respectez donc rien, dit-elle… Mais elle rigole.

- Je respecte encore beaucoup trop de choses, je fais… J’ai encore à perfectionner ma perfection.

- Et moi qui vous croyais parfait ! rigole-t-elle.

- J’étais parfait à l’origine et tous les cons d’instructeurs que j’ai rencontrés me l’ont bousillée, je fais, toujours sans rire.

- Et votre Art de tuer, dont vous me parliez hier soir au dîner… Il vient bien d’un instructeur.

- C’est le pire, je fais !... Il se prend pour mon père et croit pouvoir m’enseigner la Sagesse Universelle.

- Mais c’est très bien cela ! Tout le monde voudrait rencontrer de tels instructeurs... Pourquoi est-ce le pire ?

- Parce que je suis tueur à l’origine et je n’ai pas de père… Alors il m’apprend rien… Seulement à ouvrir des portes déjà ouvertes et me faire croire que c’est grâce à lui que je peux rejoindre ma connaissance d’origine.

- Et ce n’est pas vrai !

- Non, c’est faux… Cette mémoire est dans chacune des cellules du corps de l’Homme et c’est le seul voyage valable qui ait un sens : entrer de plus en plus profond dans la mémoire de ses cellules… Et pas d’aller dans une grotte au fond de l’Himalaya recevoir les instructions d’un vieux gâteux encore dans l’illusion que l’Amour Universel est le must que l’Homme peut toucher dans cette vie-là, je fais.

- Vous êtes en colère, s’étonne-t-elle.

- Non, je ne suis jamais en colère, je fais… Tout au plus je témoigne vertement de mon mécontentement.

- Mais c’est la même chose !

- Non, ce n’est pas « la même chose »… La colère est une Force qui vous bouffe le foie et la rate… Dire la vérité libère et mon foie et la rate vont très bien.

- Je ne comprends pas.

- Je vous l’ai dit hier… On est ce que l’on fait… Je ne suis pas la colère car je ne mets pas en action la colère… Comprendo ?

- Un peu… Mais vous allez m’expliquer cela un peu plus lors du déjeuner, n’est-ce-pas, dit elle en s’installant sur le siège de la Jag.

- Lorsque je déjeune, je déjeune, je fais.

- C’est-à-dire ? elle fait.

- Je bouffe, je fais.

- Vous voulez dire que vous utilisez la bouche et les dents.

- Exact, je fais.

- Alors quel genre de nourriture voulez-vous ce midi pour vos dents ? rit-elle.

- Vous, je fais.

 

Curieux, elle n’a pas rigolé… Même j’ai senti un pincement dans sa poitrine. Elle a perdu quelques respirations.

 

L’oncle nous regardait sortir du parking privé. Il était soucieux.

 

Mon corps me disait que je devais me préparer au combat et que le vieux grincheux me préparait une saloperie.

 

Resto sélec. Table ronde comme je les aime ; grande, pas bloquée entre la porte des cuisines et des toilettes. Vue large sur la salle avec possibilité d’admirer la valse des serveurs.

Possibilité aussi d’admirer les roberts de la dame en face et ses jeux de visage et d’épaules.

 

Nourriture impeccable. Pas de celle qui vous envoie derechef roupiller au plumard. Pas de vin, ce qui ne va pas à la dame, mais me convient très bien.

 

Alors tout baigne dans l’huile. Elle me parle de son enfance, surtout de la mort de ses parents qui fut un grand choc pour elle. Pardi !... Avoir cinq plombes et être sevrée des deux parents en même temps car un truck un peu fou, ce qui est d’ailleurs leur habitude, fut un peu plus fou que d’habitude, à moins que ce soit leur karma, allez savoir vingt ans plus tard !

 

Mais pour la petite, de se retrouver chez son oncle… Où plutôt, si j’ai la comprenette bien alerte, c’est l’oncle qui est venu habiter chez elle, la petiote… car sans parents, elle ne restait pas sans argent et cette fortune qui est la sienne revint entre les mains du frère chéri de son père comme gestionnaire.

Alors c’est l’oncle qui vint chez elle, qui régit tout, elle compris.

 

- Cela était une facilité administrative car les deux frères travaillaient ensemble dans la recherche génétique, même si le créateur et le propriétaire des Laboratoires était mon père.

 

Comme je sourcille un peu sur cette autorité si absolue de l’oncle qui continue d’ailleurs à gérer sa fortune car « c’est si compliqué avec « tout » mélangé », elle s’empresse de me rassurer que les Juges de tutelles ont pris le soin de nommer un contrôleur de la gestion de fortune en la personne d’un Notaire… Aussi elle est certaine que tout est bien et qu’elle pourra recevoir des comptes clairs et la totalité de ses biens lorsqu’elle en aura le souhait… ce qui n’est pas encore présentement car avec ses vingt tickets et quelques uns de plus, elle préfère consacrer son temps à la Recherche et développer encore mieux sa Formation…

 

Bref, elle me tartine une existence idyllique sous l’égide de son oncle qui lui procure une tranquillité de vie en s’occupant de cette fastidieuse intendance.

 

Sauf que moi, je ne fonctionne pas avec ma tête mais avec mon corps dont les décodeurs à l’anomalie et au mensonge sont super perfectionnés et le gonze asiat qui dit me servir de père y a bien veillé en me mettant régulièrement dans des situations merdiques pour vérifier mon « état d’être » dit-il.

 

Et cet « état d’être » me dit que la situation n’est pas aussi belle et que la merde est dessous.

 

Je note au passage et je ne sais pas si cela va avoir une connexion avec mon problo, mais ce qui est certain est que la réflexion sensitive de la dame n’est pas dans un mouvement harmonieux… Alors comme on a l’intelligence de son corps, je continue à me méfier… Et encore plus qu’avant… Faut pas trop donner à cette dame car on n’est pas du tout certain de récupérer sa mise.

 

Et voilà qu’arrive un type gorille arabe, pas rasé, ce qui est normal pour un gorille me direz-vous.

 

Mais qu’il vienne droit à notre table en repoussant de l’épaule deux serveurs qui voulaient lui montrer leur obligeance spontanée à lui demander ce dont il avait besoin…

 

…. Et qu’il me regarde droit dans les yeux comme l’homme à abattre, selon le rituel des films western spaghettis…

 

… Et qu’il se plante devant moi, droit dans les yeux tout en demandant à la bergère avec laquelle je suis ce qu’elle fout là avec ce demi-portion que je suis…

 

… Vous reconnaitrez avec moi qu’il y a matière à s’interroger et se méfier.

 

Bien que je doive reconnaître la justesse de ses observations sur « la demi-portion de ce connard » car avec mes soixante kilos tout mouillé et tous les poils, je ne fais pas le poids devant ce taureau sorti tout droit du Djébel.

 

Moi, vous commencez à me connaître, je suis tout sourire. J’attire la générosité, la gentillesse de chacun comme les mouches sur… Bon, il faut pas trop en tartiner !...

 

Le mec, donc, empoigne Sophie par l’épaule et la secoue… Ce qui a un effet immédiat sur le vieux à la table d’à côté car cela déplace le léger tissu du soutien gorge de la dame qui présente maintenant un sein nu sous son corsage transparent.

 

Les autres tables montrent leur inquiétude devant cette agression, comme les serveurs qui viennent à la rescousse avec le Maître d’Hôtel en arrière qui pousse ses troupes.

 

Moi, poli comme vous me connaissez, je ne dis rien. Sourire garanti en toutes circonstances. J’observe et j’aime.

 

La Sophie est paniquée, tente d’expliquer le pourquoi du comment au gorille arabe tête rasée qui la secoue comme un prunier au point que c’est l’autre nichon qui sort du sabot, ce qui augmente la joie de la vieille moustache à côté qui crie « Vive la France ! »….

 

Moi, ce qui me passionne, c’est l’énergie qui sort de Sophie et du mec qui, si j’ai bien entendu, porte le doux et très rare nom de Ahmed…

Une énergie de sang, de sexe, de peur, de soumission, de violence… de merde quoi !

 

Me voilà donc dans un cœur de sujet qui me va. Les jérémiades de la gueuse sur son enfance malheureuse et le service inestimable de son oncle pour elle sont balayées comme fétu de paille… Maintenant on est dans une réalité de comportement. C’est lorsqu’il y a tempête que l’on voit où est et qui est le capitaine… Et la Sophie, elle est plutôt la serpillère à éponger les merdes et à dire merci.

 

Sa faconde s’est envolée comme la brume au soleil. Vous voyez que même dans les pires moments je ne perds pas mon côté romantique et poète !

 

Donc la petite Dupond, malgré son intelligence « si remarquée dans les milieux scientifiques » et sa fortune, est une servante face à ce gorille qui doit avoir les couilles comme ses muscles et savoir bander et charger à la hussarde.

 

D’ailleurs en genre hussard, c’est le vieux d’à côté qui développe ses souvenirs de militaire dans la cavalerie et qui se rue sur le mec gorille pour lui empoigner le bras qui secoue la fille…

Mais c’est la fille qui lui fait des excuses… « S’il vous plaît Monsieur… »...

 

Mais le monsieur est remonté sur son cheval de cavalerie et est parti à la charge.

Et il charge en escaladant la montagne de muscles devant moi, s’enroule les guibolles autour de son cou et s’accroche des deux mains aux oreilles comme il le ferait des rênes de sa monture turbulente… Puis il le mord sauvagement sur le crâne et je m’interroge illico sur ses ascendants anthropophages car il y va dare-dare avec son dentier en acier blindé chromé.

 

Le gorille veut se libérer de cette puce sur sa tête et d’un geste large veut chasser l’animal. Mais il a compté sans la vieillotte de l’autre table qui bloque son coude avec l’anse de son parapluie car il pleut sec à Paname.

 

- Mon garçon, s’offusqua-t-elle… Il faut respecter les personnes âgées !... fait-elle en tirant le parapluie vers elle, ce qui fit que le gorille est déstabilisé et doit lâcher Sophie qui en profite pour faire ripette.

 

Mais le gorille qui porte ce nom Ahmed tend l’autre paluche et la rattrape in extrémis. Petiote, elle est de nouveau contre lui et la peur est dans tous ses pores. Elle me regarde horrifiée avec des appels à l’aide dans ses mirettes.

 

Mais moi, vous savez comme je suis sage en toutes les circonstances. Je me vautre dans mon fauteuil, eh oui ! car on a des fauteuils pour manger dans cette crèche de luxe, je ne vous l’avais pas dit ?… et je contemple le spectacle et l’apprécie au plus haut point.

 

Le vieux militaire de cavalerie n’a sûrement jamais été démonté de son canasson. Alors vous ne croyez pas qu’il va lâcher prise sous l’impulse d’un arabe même gorille. Il a plutôt eu l’habitude de les charger à la lance !

 

Aussi, il continue à se maintenir en selle et de crier « Vive la France » avec les oreilles du gorille qui commencent à couler le sang car le mecton il tire sec sur les rênes !

 

Faut dire qu’il a du renfort avec l’ancêtre féminin qui manie son parapluie comme un sabre ou un fouet, je ne sais pas très bien !... Ahmed ne sait plus comment mouvoir sa seule main libre, puisque vous vous souvenez qu’il tient la Sophie sous son bras et la plaque contre lui à l’étouffer pour être certain qu’il ne va pas la perdre… Vous savez !... Quand on aime, on reste collé !

 

Alors, entre le vieux sur sa tête et la vieille qui le matraque, il ne sait plus très bien qui est son adversaire, d’autant plus que les serveurs tentent de calmer tout le monde avec des « Messieurs !... Madame ! » Mais en restant à distance car le gorille a le bras long et la châtaigne sévère.

 

C’est alors une femme comme je les aime qui entre en action.

 

- Inadmissible que l’on traite une femme comme cela ! crie-t-elle.

 

Elle se précipite sur le gorille et lui mord le bras qui maintient Sophie.

 

- Vive la France, continue d’hurler le cavalier sur son bidet. Sa moustache coupée au couteau en frémit de plaisir. Je me demande s’il n’est pas en train d’éjaculer sur le cou du taureau au rythme de son bassin.

- Que la dignité ait le dernier mot, surenchérit la vieille qui continue ses exercices de musculation.

- Que les gorilles retournent au zoo, termine la femme d’une trentaine de tickets qui lui griffe le bras là où elle a planté ses dents …et le sang coule.

 

Et la salle d’applaudir… Et moi de rigoler et de battre des mains comme un enfant à la foire… Je rythme la cadence et ils se mettent à me suivre. Faut dire que toute la salle cadence avec moi et les « Hollé » fusent si fort que j’ai le sentiment qu’il y a quelques espagnols aficionados dans la salle… Alors va falloir que le gorille fasse attention à ses couilles s’il ne veut pas les perdre dans l’opération qui devient la Berezina pour lui.

 

Maintenant, à ses soubresauts, je suis certain que le vieux militaire éjacule et je le salue de la main levée comme Ponce Pilate lorsqu’il félicitait un valeureux combattant.

La moustache frémit.

 

- Ah ! Quel plaisir de se dérider un peu les fesses en hiver! dit-il en rigolant.

 

C’est maintenant que la vieille croche la cheville du taureau avec son parapluie et avec une autre vieille venant à la rescousse, sûrement une amie de longue date ! Elles tirent de toutes leurs forces et demandent même de l’aide à deux serveurs. Vous connaissez ces gens !... Habitués à servir les ordres des clients sans réflexion préalable, ils s’empressent de soutenir l’effort des deux vieilles… et le gorille ripe au sol.

 

La chute fut brutale et la moustache n’eut que le temps de sauter de son canasson pour ne pas être entraîné… Mais en bon militaire, il a le bon réflexe si souvent utilisé : il savate la tête du gorille d’un coup de talon sur les ratiches.

 

- Charogne ! Va !... Me désarçonner !... Moi !...

 

Et il y va de la doublure qui prend l’autre sous l’oreille.

 

La position du mec allongé favorise les exercices musculaires des deux vieilles et il en prend plein la gueule, si je puis parler si trivial.

 

La femme comme je les aime, va directement à l’essentiel, c’est-à-dire à ce qu’il a sous son pantalon entre les deux jambes.

Je ne vous raconterai pas, car poli comme vous me connaissez ! Mais elle mord sauvagement après avoir reçu l’aide des deux vieilles à aérer cette partie essentielle du Monsieur. Je fus suffoqué par leur rapidité d’action témoignant d’un long et régulier entraînement.

 

Ahmed hurle. Il veut se soustraire à ces dents d’acier car c’est clair que la dame a un parfait dentiste…

Mais c’est sans compter les deux vieilles qui le matraquent en pleine gueule.

C’est aussi oublier « Vive la France » qui continue à lui labourer les côtes de ses bottes de cavalier.

 

C’est alors qu’arrive l’inévitable dans ces sociétés si policées : les Perdreaux font leur entrée en scène.

Vous connaissez les vols de perdreaux. C’est toujours bruyant. Très !... Avec des injonctions de con telles que : « Que personne ne bouge ! » 

Bien sûr que personne ne bouge. On est au spectacle !

 

Alors c’est là où j’entre en scène. Je me lève tranquillement de mon fauteuil et je vais vers les honorables serviteurs de l’Etat et je leur mets sous le nez ma brème de super Police que Sophie a glissée dans ma poche ce matin en me disant « Je l’ai récupérée pour vous ».

 

- C’était une répétition programmée pour une opération de déstabilisation d’un dangereux terroriste, je fais.

- Mais Monsieur le Commissaire Divisionnaire Principal détaché à l’Elysée… du moins c’est ce qui est inscrit sur ma brème bleu-blanc-rouge…

- Nous voulions vérifier les possibilités spontanées de l’assistance à porter aide aux représentants de l’Ordre, je fais.

- Mais…

- Nous sommes pleinement satisfaits des réactions de chacun… et aussi de la vôtre : vous intervenez avec une rapidité fulgurante… J’en ferai part au Premier des Français.

- Mais…

- Maintenant il est le temps que je remercie ces braves gens de leur intervention… Merci d’être venus… Je ne vous retiens pas.

 

Celle qui n’est pas retenue, c’est la Sophie. Je la suivais du coin de l’œil à faire ripette à quatre pattes entre les tables et se faire la Belle.

 

Aussi comme maintenant ma table est vide de femme, et que c’est triste de manger seul, j’invite la dame aux dents d’acier et mes trois autres collaborateurs.

 

La cavalerie s’installe et prend une des vieilles de chaque côté. Elles sont ravies.

La jeunette aux dents d’acier préfère se glisser sous la table et continuer son contact avec le sexe masculin, mais cette fois dans une douceur remarquable et le chaud me monte au ventre.

Le militaire apprécie à sa juste et entière valeur la détermination de la dame entre mes jambes et fait la remarque très justifiée validée par le sourire des deux vieilles « Ah ! Je constate que la relève est bien assurée ! »

 

Le gorille s’en va, courbé en deux, encadré des serveurs et du service de sécurité.

Le dirlo de l’établissement vient me remercier de ma délicatesse et propose le champagne pour tous.

 

Comme les serveurs posent quatre verres sur la table, tout en grandeur, le dirlo fait la remarque « N’oubliez pas Madame ! »

Il soulève la nappe pour vérifier si elle continue à exister et la vision semble lui convenir.

 

En fait, du très normal entre gens de bonne éducation !

 

 

Heidi est tordue de rire.

Tong serre les lèvres et ne rit pas.

Cela augmente encore plus le rire de la jeune femme.

 

- Hé !... déride-toi un peu la mâchoire … Tu n’es pas encore prêt à être une Vraie Femme !

 

Le long moine veut fuir. Heidi ne peut plus retenir un rire sans fin et les montagnes vibrent.

 

Les trois moines chargés des écritures se précipitent à la porte du Maître.

 

- Maître… c’est honteux !

 

Le Maître est lui aussi tordu de rire sur son siège et ils ne comprennent rien.

Le vieil homme leur fait signe d’approcher car il n’arrive pas à prendre une respiration nouvelle.

 

Ils viennent courbés, émerveillés de cet insigne honneur d’être si près de la bouche du Maître qui leur réserve un enseignement essentiel qu’ils vont se dépêcher de reporter en cuisine pour épater les autres moines….

 

Ils tendent l’oreille.

A travers les bourdonnements de la respiration du vieux Maître, ils arrivent à déchiffrer l’essentiel de l’enseignement divin.

 

« Vous comprenez maintenant pourquoi il choisit toujours des femmes avec une grande bouche ? »

 

Puis son rire ne cesse pas et se joint à celui de la jeune femme pour faire frémir les crêtes.

 

 

 

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