50. L’Art d’ouvrir le sac

 

- Nous devons le suivre pas à pas… il cherche à bousculer la nasse des secrets cachés.

Lis donc mon ami, dit Heidi à Tong.

 

 

LIVRE Secret de la Famille SHIN…

Le Tourbillon… Suite 6

 

Triste soirée pluvieuse et froide à Paname.

En plus dans ces hôtels borgnes des gares, le chauffage et la ventilation ne sont pas les préoccupations principales. Ils attendent des clients qu’ils réchauffent et ventilent par eux- mêmes.

 

Deux heures du mat pour une visite amicale, c’est parfait !

 

L’inspecteur s’appelle Djeb… Je fais dans l’Arabe dans cette mission !

Le mec, il a les yeux qui brillent et il salive déjà… Il a un mordant contre le Ahmed et je crois bien que celui-là n’est pas sorti d’affaire lorsque le Djeb va lui saisir la bite dans sa mâchoire de Berbère.

 

Silence des voitures, quatre au total, avec deux fourgons derrière au coin de la rue.

 

L’hôtelier roupille derrière ses écrans de vidéo et se réveille tout juste pour sentir les bracelets d’acier chromé sur ses poignets avec retournement contre les reins. La main très amicale d’un poulet lui bouche le museau car il eut le drôle de réflexe de vouloir crier.

Deux hommes s’occupent déjà de récupérer les vidéos de la soirée sur le pupitre.

C’est dégueu !... ça pue la cibiche, la bière et le foutre…

 

Deux étages en silence, grimpés dans une belle foulée de gymnastique. Les deux journaleux suivent la cadence, quatre mètres en arrière.

Lorsque le Djeb sourcilla de leur présence, je fis « Ils ne sont pas là ! ».

Cela lui suffit et il sourit encore plus, imaginatif de la curieuse combine que je montais.

 

Pas la peine de frapper, puisque la porte est ouverte !... C’était le point de départ du jeu de la soirée…

Mais ils sont frappés par les pleins feux des loupiottes et des flashs qui crépitent…

L’obscurité est leur monde… Là où ils ont l’habitude d’œuvrer !... alors faut les comprendre quand ils meuglent qu’on dérange leurs pupilles qui n’ont pas assez dormi.

 

Pas la peine de crier « Police… Que personne ne bouge ! »… Ils n’ont encore rien compris !... Ils croient à une resucée de la fête, organisée par l’association de bienfaisance des fesses ridées… et la Sophie ouvre les bras en réflexe pour nous accueillir.

 

Puis elle me voit et les referme derechef, encore plus vite. Ah ! Quel magnifique entraînement que j’ai reçu du Roshi qui m’a toujours répété qu’il fallait retirer son bras encore plus vite qu’il était lancé!... La Sophie, elle a une compréhension de ces enseignements puissants et ça se voit à ses mirettes qui jaillissent des orbites et la bouche qui s’ouvre sans sortir un seul son car il y a déjà une difficulté majeure à y faire entrer de l’air.

 

Celui qui comprend rapido, c’est le Ahmed qui plonge sa main sous l’oreiller et fonce droit sur le poulet le plus proche, le couteau pointé au cœur… Mais il doit aussi rejeter le corps de la Sophie qu’il a en travers des couilles et ça lui fait perdre de l’élan pour gagner le sprint du siècle… Et voyez comme ils étaient conviviaux !... La gueuse s’est endormie en ayant le sexe du mec dans la bouche !... Ce qui est une manière délicate de continuer son biberon interrompu trop tôt par la maman qui devait aller faire les courses, vous en conviendrez avec moi.

 

Moi, vous savez comme je suis… pas dérangeant pour un sou !... Et le silence, j’adore !... Aussi ma fléchette est partie toute seule de mon bracelet un peu spécial à mon poignet droit… Je vise toujours l’œil. C’est direct, c’est sérieux ! Le mecton est tétanisé par la douleur, étonné du sang et de la matière qui coule sur sa joue… ne comprend pas encore qu’il est borgne… mais constate que l’espace s’est rétréci et qu’il y a une éclipse subite qui ne fut pas annoncée par la télé, ce qui montre encore une fois comment les journaleux ne font pas correct leur boulot !

 

Donc le Ahmed suit le chemin habituel qui le porte à rester con avec sa main gauche sur l’œil du même côté… Ce qui donne l’avantage certain à l’inspecteur Djeb qui le cueille d’un direct au foie, doublé des deux côtés des côtes basses qui font un curieux bruit de bois sec cassé.

 

L’équipe est bien rodée… Un autre inspecteur passe direct à l’Ahmed le bracelet de bienvenue dans le monde des Poulets, qui d’ailleurs dans la foulée a oublié de tenir correctement son couteau lorsque la fléchette lui est entrée dans l’œil, selon le principe bien connu que l’on ne peut pas être concentré sur deux préoccupations en même temps… et le dit couteau avec sa lame lourde et large est venu se ficher sur son petit peton nu… Ce qui le fait hurler, car il a déjà dans sa mémoire ce qui est arrivé à Jésus et il ne veut pas suivre le même chemin… C’est pourquoi le Djeb lui casse la chique directe par un double crochet à la mâchoire puisque j’ai tant insisté sur le « silence » et que le Jésus, ce sont ses copains ancêtres qui l’ont poussé sur la croix… Donc il fait d’une pierre deux coups et il soulage sa vessie comme son passé karmique.

 

Ils sont cinq dans la crèche, plus la Sophie… La moustache militaire a fait ripette sur les conseils de Yoko.

 

Ces messieurs de la maréchaussée des Mœurs connaissent leur boulot. Du propre, du rapide, du sérieux. Chacun hérite de son bracelet d’acier, ainsi il n’y a pas de jalousie et de réclamation.

 

Le tout descend à poil dans les fourgons qui radinent. Gentils comme ils sont, et bien éduqués, la maréchaussée s’occupe de ramasser leurs affaires et de fouiller les chambres attenantes qu’ils ont retenues à l’hôtel... Faut pas croire !... Ils sont dans cette crèche avec une nana, mais c’est par inadvertance… Eux ils ont réservé une chambre perso !... Qu’ils payent d’ailleurs un prix royal car elle n’était pas prévue dans le forfait du Ahmed, ce qui les a fait râler…

 

Donc je vous disais qu’ils se sont trompés de carrée et qu’abrutis de fatigue sous l’énorme travail de leur poste de Président Directeur Général, ils se sont écroulés sur le lit… Et s’ils ont brouté les poils pubiens de la dame, c’est par pur réflexe masculin lorsque leur bouche s’est trouvée en contact avec la chatte féminine… Faut pas croire les mauvaises langues !

D’ailleurs ils vont porter plainte pour abus, violence physique et viol !

 

Le Ahmed est mal parti !... Et le Djeb rigole en le poussant dans le fourgon, les fesses à l’air… Je crois bien que c’est lui qui sera oublié dans la distribution des clothes et qu’il va attraper un rhume de cul.

 

Les flashes mitraillent…

 

La Sophie ?

Je la récupère, vite fait. J’empoigne des vêtements qui me semblent être ceux d’une femme, plus une veste d’homme… Je la tire par le bras, la pousse par le cul, lui mets les vêtements entre les bras.

Je la porte presque sur le dos dans la descente à la rue… et la jette dans une limousine noire qui vient d’arriver, tout silence compris.

Un mec au volant, Yoko derrière… Le silence de la nuit ne fut pas rompu… Tout juste un grincheux insomniaque qui a ouvert la porte de sa crèche pour vérifier ce « petit bruit » qu’il y avait dans les couloirs.

Je crois que c’est le cul de la Sophie qui lui a heurté les ratiches lorsque je suis passé en vrille devant lui avec la nana bloquée sur mes épaules et qui l’a projeté dans sa crèche et il s’est demandé soudain ce qu’il faisait le cul par terre et il a décidé derechef d’aller consulter son toubib car il eut peur de devenir somnambule.

 

Djeb pousse son monde dans les fourgons… Des cassettes vidéo suivent… et pas seulement celles de la soirée… Je crois que les flics des « Mœurs » ont fait recette ce soir à voir leurs bouilles ravies.

 

Je monte dans la tire à côté du chauffeur qui démarre illico avec la même douceur que son arrivée.

 

- Vous serez bientôt en sécurité, je fais à Sophie hébétée…

 

Elle fait « oui » de la tête… car elle a l’habitude de dire « Oui » à l’autorité, même si elle ne sait pas pourquoi… Un point capital de sa structure énergétique de « mère terre »…

 

Mais question « sécurité » elle vient d’en prendre un drôle de coup !... et le Ahmed, et le tonton, ils sont en train de valser loin dans son crâne dérangé.

 

Mais ce n’est pas fini pour elle… Je dois pousser la rupture de sécurité plus loin afin que sa structure soit déstabilisée et qu’un peu de lucidité revienne dans son cerveau malade.

 

Yoko l’aide à passer ses vêtements très réduits… J’ai bien fait de prendre au passage la grande veste d’homme…

 

Deux heures trente du mat… Bon timing !

 

Maintenant direct la crèche de la Sophie.

Deux voitures noires sont au portail… Yoko a bien organisé.

« Des amis » je fais à la Sophie étonnée en la sortant de la tire… Une visite chez vous afin de boucler une petite valise et je vous emmène en un lieu où vous serez en sécurité.

 

- « Oui » fait-elle…

- Faites le code, je fais devant le pilier.

- Elle s’exécute et je la pousse dans l’allée…

 

Les trois voitures suivent en silence jusqu’au perron de l’hôtel particulier.

Nouveau code… et nous entrons dans un vestibule qui s’éclaire instantanément, avec le Prof campé en haut de l’escalier monumental.

 

Ce qui fait la particularité de la situation, c’est le flingue qu’il tient à la main et il a l’air de savoir s’en servir… Du neuf millimètre à vue de nez et ce n’est pas fait pour les midinettes.

 

- Je vais t’expliquer, mon oncle s’élance Sophie.

- Rien à expliquer, dis-je… Vous, le Prof, baissez donc votre artillerie… Vous êtes en présence de la Police qui investigue en le domicile de votre nièce.

- Mais ce n’est pas l’heure légale pour un domicile particulier… et vous n’avez pas annoncé vos charges et fonctions. Aussi je suis en droit de vous considérer comme des voleurs et user de mon arme sur vous, dit-il sans se démonter…

 

D’ailleurs son doigt blanchit sur la gâchette.

 

- Police des fraudes, lance le premier des trois qui entrent. Ils ont leur flingue en main car ils ont compris directo la situation.

- Police financière, annonce fièrement le mentor de la deuxième voiture, avec lui aussi deux collègues.

- Et moi, je suis le Commissaire Divisionnaire Principal détaché à l’Élysée je fais calmement en égrenant chaque mot…

 

Le Prof est désarçonné et le doigt se décontracte sur la gâchette. Il est en train de se demander si c’est du lard ou du boudin car il a une origine bretonne, qui comme vous le savez, culturés comme vous êtes, est le premiers producteur de porcs de France… ce qui provoque sur cette Terre Celtique si empreinte de culture ancienne, une pollution terrible car il faut bien étaler leur merde quelque part… Ce qui fait aussi que c’est la patrie d’origine d’un certain mecton d’extrême droite car selon la loi karmique, on produit ce que l’on est… Mais cela vous le saviez aussi !

 

Alors, dans la foulée olympique qui me caractérise, je poursuis et accule un peu plus le tonton.

 

- Et puis, ce n’est pas une « descente de Police »… Nous sommes invités par « Madame », en montrant Sophie complètement dans la lune avec sa veste d’homme comme manteau, à venir vérifier certains états de ses Biens… Je termine… Aussi nous ne sommes pas tenus aux horaires particuliers auxquels vous faites référence.

 

Il comprend vite le tonton et son flingue baisse le museau à la satisfaction des poulagas avec moi car ils ont plus l’habitude de la situation inverse et leur doigt est un peu frileux sur la gâchette… Ainsi tout le monde il est gentil et tout le monde il est content.

 

Je continue sur ma lancée car je n’ai pas encore passé la ligne d’arrivée.

 

- Et dites aussi à votre chien des Pyrénées caché derrière la tenture de lâcher le joujou tue-mouches qu’il a en pogne, je fais, toujours gentil comme vous me connaissez.

 

Yoko vient soutenir Sophie qui a du mal à rester sur ses jambes…

 

- Montrez-moi votre chambre, elle demande avec toute la gentillesse asiatique qui vous assure que si vous ne répondez pas immédiatement à la question vous allez avoir la gorge tranchée et tester la qualité du goût de votre sang.

 

L’oncle rengaine et s’écarte pour laisser le passage à sa nièce et Yoko.

Il a un hoquet subit en se pliant en deux et je crois bien que la Jap lui a fait connaître sa réprobation sur son comportement en lui envoyant un atémi du coude en plein plexus… A moins bien sûr que ce soit une crise subite de son foie trop malmené par la bouffe de porc qu’il ingurgite et vous savez bien, culturés comme je vous connais, que c’est pour cette raison qu’on l’a interdite dans les pays musulmans qui en avaient marre d’avoir une chiasse permanente.

 

D’ailleurs le mec en oublie de garder la main fermée sur la crosse du flingue qui choit sur le tapis rouge si bien molletonné qu’il ne fit aucun bruit… même durant sa descente fulgurante des escaliers après que la douce et tendre Jap lui ait donné un harmonieux coup de tatane… ce qui a propulsé direct le tue-mouches entre mes jambes.

Gentillesse de la Jap, histoire de me dire que si j’en ai besoin je peux me servir.

 

Ce qui fit le plus de bruit, c’est le pétard sur le dallage du chien des Pyrénées lorsque l’un de mes accompagnants lui posa le tube de son canon entre les lèvres, en poussant un peu dans la bouche au point que certaines ratiches ont fait tilt… et que les deux autres lui offrirent les traditionnels bracelets d’acier chromé de bienvenue, ce qui fait le lien entre toutes les Polices du Monde entier.

 

Mais l’oncle se reprend vite.

 

- Pourriez-vous enfin m’expliquer ?

- Les tableaux de Maître, je fais…

 

Là, il fronce les sourcils et ça pâlit dur sous ses joues. Il comprend vite, le tonton. Et aussi il sait se défendre en réflexe… ce qui est la grandeur des vrais menteurs, comme vous le savez si bien, n’est-ce-pas !

 

- Mais enfin, chacun sait que mon frère était un collectionneur important et qu’il a mis une partie de sa fortune dans ces tableaux que vous pouvez admirer tout autour de vous !

- Sauf qu’ils sont faux, je fais tranquille…

- C’est faux ! hurle l’Oncle.

 

C’est la Sophie qui se retourne au cri de son oncle et le regarde avec des yeux de la morue qui ne trouve pas l’huile de la friture à son goût et voudrait derechef retourner dans sa mer gelée…

 

- Nenni, je fais… Je n’y connais rien en peinture… Mais j’ai de très bons décodeurs dans le corps… Et lorsque je suis venu la dernière fois, ils ont fait tilt lorsque je passais devant chacune de ces magnifiques œuvres exposées dans l’entrée et le petit salon attenant…

 

L’oncle cherche à noyer le poisson comme tout bon menteur qui se respecte. Peut-être qu’il veut venir à la rescousse de sa nièce qui continue à manquer d’air et qui voudrait retourner dans sa bassine.

 

- Mais, vous dites que vous n’y connaissez rien !... Comment pouvez-vous inventer des choses pareilles ?

 

Je me retourne vers les quidams qui sont contents de reprendre les opérations en main selon leurs habitudes et le manuel du parfait policier qu’ils ont sur leur table de chevet, au point que leur bergère doit faire disjoncter l’électricité pour qu’ils les fasse disjoncter, elles, qui attendent toute la sainte journée que leur canon revienne dans la carrée.

 

- Ces « Messieurs » des Services des Fraudes sont en revanche de grands spécialistes de cette question, dis-je… Ils vont donc vérifier ces œuvres d’Art achetées si chers par votre frère avec les attestations de véracité des plus grands experts du monde… Et s’il y a un désaccord, nous demanderons à ces « experts » de nous dire si l’œuvre qu’ils ont maintenant sous les yeux est bien celle qu’ils ont expertisée… je continue gentil tout plein… au point que le sang continue à se faire la malle du visage du tonton qui devient plus blanc que blanc… Vous savez comme cette fameuse lessive.

 

Le policier chef des Fraudes prend la parole et il est clair que lorsqu’il l’a il ne la lâche pas facile. Alors attention aux ratiches du tonton qui risquent d’être immobilisées pour un temps certain, ce qui pourrait lui procurer une phlébite subite.

 

- Je puis déjà vous dire que les deux œuvres maîtresses de Fragonard que nous avons de chaque côté, sont des faux, annonce-t-il, d’une voix tranquille qui disait déjà tout de l’excitation que va lui procurer la visite de la baraque.

 

Un silence suivit. L’oncle n’avait plus de voix.

Sophie était blême et ne tient plus sur ses guibolles.

La Police des Fraudes jouissait du silence.

 

- Alors, je fais… il va falloir expliquer où est parti l’argent de ces magnifiques œuvres de Maîtres… dis-je dans la tendresse du silence que je ne voulais pas couper…

- Mais !… réussit à dire le tonton atrophié de son sang.

 

Alors je continue sur ma lancée vite fait, car lorsque le plus blanc que blanc devient vraiment blanc, il y a urgence et je ne veux pas avoir à souffler dans la tronche de ce bougnat pour lui redonner de la vie qui se fait la Belle…

 

- Alors il va falloir dire où est parti cet argent… de votre nièce dont vous gérez si consciencieusement la fortune… Et ces Messieurs de la Brigande financière auront des questions à vous poser… Principalement aussi au sujet des quelques comptes bancaires dissimulés dans des paradis fiscaux…

Il m’inquiète, le tonton, avec ses deux bras à se soutenir à la rampe d’escalier. Dites !... Il ne va pas nous faire un infarctus, des fois !

 

- Je n’ai aucun compte dissimulé ! hurla-t-il.

- Yoko, tu fourniras à ces Messieurs le listing, dis-je avec le sourire du mec qui ne veut pas heurter encore plus profond un débile mental qui croit à ce qu’il dit, comme tous les vrais menteurs qui se respectent, faute de quoi ils ne seraient véritables et protégés par le Flux du mensonge qui, comme vous le savez, est une spécialité du Flux merdique qu’il y a sur la Terre des Hommes, que certains appellent le Diable dans vos pays… et comme vous le savez si bien, puisqu’on vous l’a rabâché depuis que vous êtes en âge d’avoir une comprenette assez agile, le Diable est un menteur car cela lui permet de voler… Mais je n’insiste pas !... Je suis convaincu que vous me comprenez perfect…

 

L’assistance est là et suit ma foulée perfect.

 

- Voilà l’enveloppe avec les infos, dit notre chauffeur…

 

Il la tend à celui qui dirige le groupe de la Finance qui salive de plaisir, au point que c’en est dégueulasse car il ne sait pas fermer correct la bouche depuis l’histoire où sa maman lui a arraché sa tétine lorsqu’il avait dix ans et l’a fourguée entre les mandibules de la nouvelle gamine qui venait d’arriver dans la famille, selon le principe divin que vous connaissez, il faut bien sortir par où on est entré.

 

- Va, je fais à Yoko qui pousse la Sophie qui a du mal à rester sur ses guibolles.

 

Il est trois plombes… Il est le temps d’aller au pieu !

 

Les deux journalistes à l’entrée n’ont pas perdu une seule parole. Le flash crépite maintenant que j’ai terminé et que je tourne bride.

 

Le chauffeur m’accompagne et nous attendons Yoko et Sophie. Le chauffeur se précipite pour soulager la Jap de la lourde valise.

J’en profite pour me glisser sous le volant… J’aime conduire dans les rues désertes la nuit.

Yoko s’installe à côté de moi… « J’aime être à côté de toi, elle fait. »

 

Le chauffeur reste auprès de Sophie qui s’endort sur son épaule. Son bras entoure les épaules de la femme… Sa main pendante repose sur le sein presque nu.

Je suis certain que c’est seulement pour tester ses décodeurs sur ses Portes du Ciel !

Ou pour lui tenir chaud, car la petite elle grelotte même avec le chauffage que j’ai poussé à fond… Au point que Yoko se dégrafe le chemisier… Et vous savez comme je suis !... Toujours au travail !... Alors quoi de plus normal que ma main glisse dans la large échancrure et fasse un peu de ventilation sur la peau moite de la Dame.

 

Bon… Maintenant le jeu est lancé. J’ai ouvert le cercle du silence. Il va en sortir un jus… Suffit d’attendre… Pas trop !... Certain que demain, le mouvement sera déjà changé.

 

 

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