Tantrisme

 

L’aide

 

Travailler avec une structure tantrique, si on veut l'aider, nécessite une très profonde compréhension de soi-même et il faut être un être éminemment du Ciel.

 

Quelle va être la difficulté principale? Il faut toujours se souvenir que le tantrique est la structure la plus esthétique, la plus évoluée, la plus aérienne, la plus fine du Treillis. Alors, le piège de cette structure est que le Treillis lui a fabriqué le rêve de l'amour inaccessible pour lequel il va se battre, se débattre et œuvrer énormément.

Pendant cette recherche, d'une part il va alimenter le Treillis en énergie et d'autre part il va attirer vers le Treillis toutes les personnes sensibles à cette dimension de la sensation et de la sexualité en action.

 

Alors, connaissant parfaitement quel est l'obstacle à traverser, à surmonter, à diluer, à transformer, il faut avoir pleinement connaissance de la dimension de l'Amour du Ciel. Pas seulement une connaissance virtuelle, pas une simple connaissance intellectuelle, mais la perception de la matière amoureuse du Ciel.

 

Deux méthodes de travail :

-le travail interne : c'est le tantrique sur lui-même,

-le travail externe : c'est l'accompagnant sur le tantrique.

 

Dans le moyen interne, il faut différencier dans quel danger principal est tombée la structure tantrique: le danger d'aller dans la sensation de la Terre, vers la Terre en disant qu'il vit ses sensations ou de l'autre côté lorsqu'il ne veut plus de cette sensation, il dit qu'il en a peur, qu'il n'a plus confiance en elle. Donc, il faut définir le danger dans lequel le tantrique est tombé. Et je ne dis pas dans lequel il va peut-être tomber mais dans lequel il est tombé car c'est une obligation structurelle.

 

Si elle est tombée dans la sensation, il faut lui rappeler que la maîtriser nécessite la présence d’une lucidité particulière, et d'autre part la décision de mettre fin à tout le système qu'elle va percevoir.

C'est donc, pour cette structure-là un travail énorme sur l'installation de cette Présence et la décision de sa vie. C'est une constante attention.

 

Pour celui qui va dans l'autre danger, celui qui rigidifie tout son système, qui enlève sa mobilité, qui ne fait plus confiance à lui-même et à ses sensations et qui croit être vraiment dans un mouvement de la Dignité, dans un mouvement du Ciel, ça va être peut-être un peu plus difficile, mais aussi un peu plus amusant parce qu'il va falloir lui apprendre à dérider ses fesses. En d'autres termes, il va falloir lui réapprendre à jouir et à faire attention à la jouissance.

Mais on se retrouve dans la même situation que précédemment. Il va falloir qu'il accepte d’apprendre à jouir, c’est-à-dire avoir le plaisir de recevoir le soleil sur la peau, la pluie sur la peau, qu'il y a une nouvelle journée qui commence et quand on monte ou qu’on descend des escaliers, ce n'est pas rien : ça veut dire qu'on est vivant… qu'il réapprenne à sentir une main qui rencontre la sienne lorsqu'il dit bonjour, à sentir sa main sur la clenche de la porte ou en train de manger tenant la fourchette…

 

Tout compte fait, contacter de nouveau la sensation et la sexualité est moins dangereux que d'aller directement dans sa sensation par amour pour elle.

C'est beaucoup plus facile lorsqu'on est tombé dans cette rigidité, dans cette méfiance à ses sensations parce qu'on a déjà fait une grande analyse, on a déjà pris une grande décision : on ne veut pas retomber dans tous ses systèmes d'avant, on en a compris l'erreur, on en a compris la manipulation. Donc déjà, celui qui va de nouveau dérider ses fesses va le faire avec un enthousiasme et une sécurité très largement supérieure à la structure tantrique, qui est tombée dans le premier danger grave qui l'amène directement vers la Terre.

 

Ensuite, il faut bien leur expliquer qu'il y a une différence entre l'impulsion à la jouissance et la libération à la jouissance.

 

En d'autres termes, il y a une différence entre la sensation et la jouissance qui va en découler. La sensation, elle, n'est pas un problème, mais le problème est ce qu'on va en faire.

Par l'ouverture des mémoires profondes, on a la possibilité de percevoir exactement ce qui se passe lorsqu'on appelle la sensation et qu’on lui dit : « je t'aime ». Là, la personne se rend compte qu'elle est aspirée dans un canal, qui devient de plus en plus sombre et qu'à un moment donné, elle ne perçoit plus aucune liberté. Elle est entraînée par tout le mécanisme de la sensation. C'est, en définitive, tout l'espace créé par la sensation qui va diriger ses modalités de perception, de choix, de décision.

En revanche, si à partir de la sensation elle dit : « Espace je t'aime, c'est-à-dire, liberté je t'aime » là, c'est quelque chose d'énorme qui s'installe parce qu'elle perçoit l'ouverture d'un espace du Ciel fantastique, et dans cet espace, sa sensation va pouvoir vivre librement, et plus que vivre librement : s'accélérer dedans, se rouler dedans, tonifier cet espace. Elle s'aperçoit que sa sensation est aussi un bienfait pour le Ciel, un encouragement, une dynamisation du Ciel.

 

Quelle est la précision de travail ?

 

Il y a d'abord une impulsion de sensualité, de sexualité, ce qu'on peut, en fait, appeler une envie. On constate que quelque chose se passe, de soi par rapport à l'événement, par rapport à quelqu'un d'autre. Il y a une impulsion qui voudrait engager une action. Si tu ne vas pas dans l'engagement de l'action, tu vas casser cette impulsion. Tu retombes dans le système de la rigidification. Alors, il faut avoir cette tranquillité, avec cette Présence dont j'ai parlé et cette Conscience très puissante de pousser l'impulsion sans la libération de jouissance jusqu'à un état limite. Si tu ne tombes pas dans la jouissance, on s'aperçoit à ce moment-là que toute l'impulsion, que toute l'envie énergétique cesse.

En d'autres termes, c'est accepter complètement la sensation, accepter complètement l’envie mais pas son aboutissement et là, il se passe quelque chose d'extraordinaire car tout d'un coup il y a la transformation du quantum d'énergie en nourriture et non plus en évacuation. C'est difficile à exprimer avec les mots, mais physiquement c'est net. Toute l’énergie qui est venue en impulsion, qui s'est ensuite développée, va à un autre destinataire que le Treillis parce que l'intention d'action n'est plus la même. Il y a une transformation de cette intention d'action en une énergie qui est une force nourricière pour le Ciel.

Un bonheur qui s'installe dans le corps et dans le cœur. Cette énergie qui n'a pas été libérée par la jouissance habituelle s'est transformée en une autre matière qu'on ne connaît pas encore, parce qu’on n’en a ni l'habitude ni l'intimité et on constate qu'on est plein, heureux et détendu et en pleine confiance avec l'événement.

Là, lorsque l'on se rend compte physiquement, on comprend tout ce que j'ai pu expliquer, on comprend avec le corps tout ce qui a pu être perçu par l'ouverture des mémoires profondes, on comprend que la sensation n'est pas un danger mais au contraire une richesse parce que tu vis.

On me demande souvent ce qu’est la mort. Tu es mort lorsque tu ne perçois plus la froidure de l'hiver, la pluie sur la peau, le soleil sur le corps etc. Ce n'est pas la peine de jouer au mort-vivant dans cette vie. En percevant bien que la sensation est la relation normale avec le monde, on se tient très normalement et on vit très normalement avec ça et on développe même tout le phénomène de la sensation.

Mais c'est ensuite le mouvement de la sensation et le type d'amour qui va se développer et le type de destinataire qui va se développer à partir de la sensation qui importe. C'est là où se situe tout le travail, un très gros travail mais tout à fait passionnant.

 

Ensuite, on doit accepter tous les espaces qui se proposent et travailler très franchement à leur transformation, à leur modification. Il faut que la personne commence à apprendre à aimer vraiment les autres parce que la structure tantrique n'aime pas vraiment les autres : elle aime son système de sensation en croyant finalement que c'est un amour des autres. Mais c'est en fait l'amour de ce qui est produit par le contact avec les autres. Là, non. Il va falloir aimer les autres, c'est-à-dire les aider dans l'embarras, dans la difficulté, dans l'erreur et rechercher ce qu'on peut faire pour eux pour les transformer dans leur espace. Donc, on accueille tout le monde et c'est un travail. Et à partir de là, on travaille dur pour arriver à modifier quelque chose qui peut-être n'est pas du tout modifiable, pour transformer quelque chose qui peut-être n'est pas du tout transformable parce que la personne ne le veut pas. Mais, il ne faut pas s'arrêter au premier découragement, il ne faut pas s'arrêter au premier obstacle, ni même au deuxième ou troisième ou quatrième.

Pourquoi ? À force de s'occuper de la personne on finit par l'aimer et par percevoir que malgré tous ces désagréments, malgré toutes ses erreurs, malgré toutes ces orientations conflictuelles et complètement absurdes, cette personne est quand même un fils du Ciel.

 

Maintenant je vais te parler du côté externe, c'est-à-dire de tout ce que peut faire l'accompagnant, en plus de tout ce dont je t’ai déjà parlé.

 

C'est un travail énorme parce qu'il faut véritablement être porteur vivant de toute cette Force de la Dignité, c'est-à-dire en avoir une telle maîtrise qu’on sait la mettre en œuvre dans toutes les situations les plus incongrues parce que c'est là où il va falloir travailler avec cette structure tantrique. Il va falloir déranger tous les repères de la sensation, mettre un bordel intégral dans tout ce qu'il a pu logifier, classifier, se sécuriser.

En fait, on va donner un bon coup de balai dans tous les repères mais on le fait avec la force du Ciel, avec la force illuminatoire. Donc, il y a un dérangement qui percute. C’est comme des coups de bélier sur la porte fermée de ses décodeurs du Ciel. C'est comme les tubes néons remplis de gaz inerte et transparent. Mais si on met de l'électricité dedans, les particules dont est constitué ce gaz se mettent en accélération, se percutent les unes les autres et ça fait de la lumière. C'est ce que l'on fait. On lui met le bordel, c'est-à-dire qu'on le met sur un courant de 740 V, celui de la Dignité ! Ça va mettre en accélération un éclairage interne de Lucidité.

S'il porte attention sans juger, et s’il sait que c'est pour lui que tu travailles et que donc tu n'es pas en train de te moquer de lui, de t'amuser de la circonstance et que tu n'es pas un fou en activité, il sera alors attentif à toute la force énergétique, à tout cet espace, cette matière qui va se développer à partir de toi. Il sentira physiquement qu'il y a une autre matière à respirer. Je ne dis pas une autre manière à respirer mais une autre matière à manger et à respirer.

À partir de là, elle est bien obligée de se laisser emporter par le mouvement, par cette Force qu'on propulse, dans laquelle on la roule continuellement. Là, elle va percevoir ce Silence. Mais c'est vraiment du gros travail.

 

Si on n’arrive pas à cette Paix et à ce Silence, qui est un résultat de l'agitation énorme qu'on provoque sur tout le système de la sensation de la perception de la sexualité, il n'y aura jamais l'abandon du rêve virtuel impossible à réaliser. Jamais. Parce qu'il n'y aura pas l'antidote. Ce rêve virtuel est imprimé dans les cellules, dans la mémoire de toutes les cellules du corps de la structure tantrique, qui a envie de danser. Alors, il faut que le rêve virtuel imprimé dans les cellules se trouve évacué. Le seul moyen est la perception de ce Silence et de cet amour qui naît à partir de ce Silence et de ce bien-être physique et que ce Silence n'est pas une exclusion de la sensation mais une accélération parfaitement ordonnée de tout ce mécanisme-là de la sensation et de la jouissance.