L’orgueil

 

 

La séparation entre cercle externe et cercle interne n’est pas précise comme on peut l’expliquer sur le plan dialectique, mais il faut bien une précision des mots pour canaliser l’intelligence raisonnée. Dans la réalité le passage n’est pas aussi franc, même quand il y a chute dans l’espace interne. Même lorsqu’il y a chute dans l’espace interne, il est très rare que cette chute soit totale, elle n’est que partielle, c’est un insight.

 

On a vu quelque chose qui est de l’ordre d’une autre dimension. Mais il y a encore les ancrages qui restent dans le cercle externe, sur cette bite d’amarrage qui s’appelle l’orgueil. L’orgueil c’est comme une bite d’amarrage, c’est comme un anneau accroché au mur et à partir de là, il y a des amarres, des fils qui continuent à raccrocher tout le système énergétique de l’homme ou une partie de lui-même, plus ou moins importante, cela dépend du travail qu’il a fait sur lui.

 

Donc il faut bien comprendre qu’il est très rare qu’une personne tombe complètement dans le cercle interne, elle se trouve plus ou moins encore raccrochée au cercle externe, c’est-à-dire à l’orgueil.

 

Et qu’est-ce-qui se passe pour cette personne, physiquement ? Eh bien, elle a des insights, une perception qui est de l’absolu, c’est-à-dire que, tout d’un coup, lorsqu’il y a cette chute dans le cercle interne, elle a des perceptions d’elle, des choses, des événements qui sont une certitude la plus complète parce qu’elles ont une origine qui est autre que celle de la pensée, du relativisme, ce sont des perceptions de l’absolu. Et cela impressionne le corps dans tous les sens du terme : impression dans le sens empreinte, mais aussi le corps se trouve choqué, bousculé par cette constatation qui est au-delà de tout ce que peut imaginer et créer le système cérébral, le flux de la jouissance, la pensée discursive. C’est une perception de l’absolu, une réalité physique qui est indéracinable.

 

La personne qui tombe même pour quelques secondes dans le cercle interne de la Connaissance sait qu’elle est tombée, physiquement. C’est clair, c’est net, c’est indescriptible, la perception elle-même s’authentifie.

 

Cela est une réalité au niveau du corps. Seulement après, il y a l’intelligence raisonnée, il y a tout le système du flux de la jouissance qui s’accapare de cette information, de cette force, qui l’utilise pour la redistribuer dans ses propres schémas, pour la cataloguer dans ses différents tiroirs, et cela ne va plus pour la personne qui n’est pas entièrement dans le cercle interne, parce que, si sa perception est du cercle interne, l’interprétation et le mouvement qu’elle va mettre en place après seront dans le cercle externe. Si la personne laisse la pensée se saisir de cet événement pour le transformer, l’analyser, le cataloguer, et en percevoir et décider des moyens d’application dans la vie ordinaire, elle est retombée automatiquement dans le cercle externe. Et c’est une très grosse difficulté.

 

Parce que celui qui est parfaitement bien implanté dans le cercle interne de la Connaissance sait déjà par expérience et par humilité qu’il a toujours des liens parfois très subtils avec le cercle externe, c’est-à-dire avec le système de l’orgueil. Donc celui-ci va se méfier d’une manière excessivement importante de toutes ses impressions, de tout son système émotionnel, sensitif et de toute sa discussion cérébrale.

 

Alors comment empêcher que la pensée récupère l’information, l’insight, la constatation de l’absolu, et le redistribue à l’intérieur de ses théories, ses théories de l’orgueil bien sûr ?

 

Alors il faut poser la question : Qui pense ? Qui réagit ? Qui a envie de …? Et par cette interrogation, on coupe immédiatement ce mouvement du flux de la jouissance, de l’intelligence raisonnée à s’accaparer du fait et à le cataloguer à sa manière afin d’en sortir une direction de vie.

 

Tu comprends comment c’est pernicieux, parce que l’intelligence raisonnée va s’accaparer du fait, de la constatation de l’absolu en disant : il faut bien s’en servir dans la vie de tous les jours, il faut bien que ça serve à quelque chose, donc il faut bien que je le cuisine, ce fait-là, que je le fasse rentrer dans le menu, que je le dissèque, que je le discute, tu comprends comment l’intelligence raisonnée va tenter de l’emporter sur l’intelligence tout court, sur la bonté intrinsèque de la personne qui dit : oui, tout compte fait, il faut que ça serve. Et c’est là où il y a un piège énorme, parce que c’est vrai que ça va servir, qu’il y a une utilité immédiate, mais tant que ça reste dans le domaine de l’absolu, de la constatation et de la perception intuitive. Si cela verse dans l’intelligence raisonnée, c’est perdu, c’est revenu pour renforcer tout le système du centre, tout le système de l’orgueil.

 

Ce qui fait que la personne qui est suffisamment tombée haut dans le cercle interne se défie et se méfie complètement de tous ses systèmes raisonnés, de conclusions et de jugements, et en conséquence ne permet pas que l’intelligence raisonnée prenne cet élément de perception et le dissèque à sa manière.

 

Et pour que cela ne se passe pas, il faut interrompre la préhension de l’intelligence raisonnée sur la constatation et cela ne peut se faire que par la rupture grâce à l’interrogation : mais qui veut modifier les faits, Qui veut les organiser ? Qui veut en sortir un raisonnement et une conclusion ? Ca c’est le premier point.

 

Et le deuxième point, c’est qu’il faut se mettre immédiatement sous la protection et sous la sauvegarde des forces du Ciel. Et ainsi tout le quantum d’énergie qui constitue cette constatation de l’absolu, va se trouver préservé, il va continuer à travailler en pureté à l’intérieur du système énergétique de la personne, à l’intérieur de son état d’être, et cela va renforcer le flux de la Dignité à l’intérieur de cet état d’être et exclusivement lui.

 

Donc tu constates l’importance de l’intervention : il faut empêcher que le mécanisme de la pensée, de l’intelligence raisonnée se saisisse de l’événement et le transforme, le catalogue, l’appréhende et en sorte des conclusions. C’est très difficile, parce que la personne, quand elle a eu ces constatations de l’absolu, aurait tendance à se croire très forte et très puissante, c’est là l’importance de l’humilité : elle dit : j’ai compris quelque chose et puis la force de l’orgueil derrière dit : mais c’est pour que je m’en serve dans ma vie quotidienne… et c’est aussi de vouloir la reconnaissance par rapport aux autres : ils vont bien voir que je suis forte, que je suis puissante, que j’ai compris des choses, donc ils vont m’écouter… et je vais pouvoir les enseigner… il ya mille motifs pour justifier que l’intelligence raisonnée se saisisse de la constatation qui est de l’ordre de l’absolu et la redistribue à l’intérieur de ses schémas. Même au motif d’une soi-disant compassion, mais cela est de la fausse compassion, parce que : qu’est-ce qui s’est passé dans la réalité ?

 

L’insight s’est produit, le déversement dans l’espace interne s’est produit, parce que la chimie interne qui existait à l’intérieur de la personne était en majorité dans le flux de la Dignité et donc le flux de la Dignité a pu se déverser sur lui-même, comme l’Amour se plaît sur l’Amour, se nourrit de l’Amour, aime l’Amour.

 

C’est exactement ça : la Dignité se nourrit de la Dignité, aime la Dignité, la Dignité se déverse sur la Dignité.

 

Ainsi dans cette chimie interne qu’on appelle l’Etat d’Etre, il y a eu un moment donné où le pouvoir était entre les mains du flux de la Dignité qui a pu se déverser sur lui, et le flux de la Dignité mère a eu une explosion de dynamisation qui est revenu sur sa fille et c’est l’insight.

 

La Dignité dynamise la Dignité, la Perfection dynamise la Perfection, l’Amour dynamise l’Amour. Le Père revient sur le fils et dans le fils qui l’a dynamisé. Cela fait l’explosion à l’intérieur de l’Etat d'Être, ce qui fait que le flux de la jouissance a la possibilité de percevoir ce qui se passe, parce que cela se passe à l’intérieur de l’environnement dans lequel il est. Sauf que ce n’est pas sur lui que cela s’est pratiqué. Donc il faut absolument empêcher ce flux de la jouissance de récupérer l’information à son bénéfice pour ramener cela sur sa propre structure, son propre flux à lui. Il va falloir laisser ce quantum d’énergie de la Mère qui revient sur la fille, du Père qui revient sur le fils, pour tonifier encore plus le fils qui revient se déverser d’une manière encore plus puissante sur le Père, qui revient sur le fils… Mais chaque fois, c’est l’Etat d’Être qui agit dans sa totalité : c’est le flux de la Dignité qui tire la voiture, mais dans la voiture, il y a bien le flux de la jouissance. C’est la totalité de la voiture qui est en train de se déplacer.

 

Un moment il est arrivé quelque chose de tellement fort dans la maison qui s’appelle l’Etat d’Être que le flux de la jouissance reste la bouche ouverte comme le gosse qui voit arriver le Père Noël. Mais immédiatement, l’enfant dit : « Mais qu’est-ce que tu m’as amené ? » L’enfant essaie de s’accaparer le Père Noël.

 

Ainsi c’est très rare que, lorsqu’on a une constatation de l’absolu, on ne ramène pas cette constatation dans l’organisation de l’univers.

 

Alors il va falloir qu’avec cette perception de l’absolu, on soit le plus discret possible… C’est l’humilité qui ne vient pas dresser le drapeau dès qu’il sort un insight, la discrétion qui va permettre le développement de tout ce qui est en train de se percevoir là, dans le flux de la Dignité, dans le secret de son cœur, et c’est là qu’il y a une modification excessivement rapide et importante de la chimie interne, de l’Etat d’Être.

 

Parce que ce que l’homme orgueilleux ne veut pas comprendre, c’est que l’Etat d’Être est une association du flux de la Dignité et du flux de la jouissance. L’homme orgueilleux dit : moi le flux de la Dignité, je suis tout seul, le flux de la jouissance, je suis tout seul ; comme si l’un rejette l’autre. C’est impossible : les deux sont liés comme les deux mains du corps.

 

… Etre humble par rapport à soi-même : se dire : il se passe quelque chose, je ne comprends pas ce qui se passe, et même tout le système de raisonnement serait contraire et contre ce qui se passe, mais j’ai confiance…

 

Quand on a confiance ainsi, on n’attend rien, on a seulement confiance… Lorsque quelqu’un est dans ce mouvement de confiance, il est dans le mouvement de la Dignité.

 

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