Le Livre de sa Vie.

 

 

 

Il faut bien comprendre ce que c’est la Voie Directe : on ouvre le Livre de sa Vie et c’est une manière de l’ouvrir, c’est une manière de lire, c’est un cheminement particulier dans la lecture.

 

Cheminement vient bien de chemin. Un chemin, ce n’est pas fait pour regarder, c’est fait pour marcher. C’est pour cela que je parle de randonnée: randonner c’est marcher sur la terre avec ses pieds et la Voie Directe, c’est marcher dans sa Vie, randonner dans le Livre de sa Vie. Et cela se fait selon des modalités bien précises qui sont liées aux perceptions.

 

Tu entends bien : il n’y a pas une règle dans le sens que l’on dit qu’il faut aller à droite, qu’il faut aller à gauche… devant, derrière… Il n’y a aucune règle ; il y a seulement que l’on va diriger ses pas, ses mouvements, on va tourner autour, aller vers… ses constatations, ses visions, ses perceptions. Donc c’est cela la modalité de la randonnée : il y a un point de départ : il faut bien commencer à vouloir marcher, mais que l’on aille à droite, à gauche, devant, derrière, au sud, à l’est, au nord, à l’ouest, cela n’a aucune importance.

 

Tu es lancé tout d’un coup dans le Livre de ta Vie et tu n’as pas à l’ouvrir à la première page, parce que c’est absolument impossible ; c’est comme si tu veux te jeter dans un fleuve dont l’eau n’a pas été goûtée par quelqu’un d’autre avant, c'est-à-dire commencer à l’origine du fleuve. Même quand tu es apparemment à la source du fleuve, l’eau vient encore d’avant. Donc tu te lances dans le fleuve, à l’endroit où tu es, sur la berge où tu es.

 

Et là la Voie Directe c’est exactement ça : tu plonges dans le Livre de ta Vie à l’endroit où tu es, selon les événements qui sont là, et qui t’amènent à plonger ; tu ne regardes pas si tu es à la première page ou à la soixante quinzième, au milieu du livre ou à la fin, cela n’a aucune importance. A partir du moment où tu es dans le Livre, les constatations vont être là, les visions, les ouvertures de mémoire, et tu vas suivre cela qui va te conduire de page en page selon un itinéraire bien précis et bien articulé par rapport à ta chimie interne du moment, c’est-à-dire par rapport à ton état d’être.

 

Et c’est ça la beauté de la chose parce que si tu tombes dans ton Livre à un endroit, ce n’est pas du hasard ; c’est comme si tu jetais le livre sur une table, et puis il s’ouvre et tu commences à le lire à partir de là. Et s’il s’est ouvert là, tu constates à ce moment-là que cela correspond bien à ta demande.

 

Donc quand on parle de randonnée il n’y a pas un point de départ fixe, il n’y a pas une direction fixe, il n’y a rien qui est fixe. Il n’y a aucune règle.

 

La seule modalité de la randonnée, c’est qu’on est naturellement attiré, intéressé par la vision, la constatation de soi-même, par la constatation et la découverte de ce qui est en train de se passer dans un moment présent. Ce qui fait que ce qui est excessivement important dans cette modalité de lecture de ta Vie, dans cette manière de lire le Livre de sa Vie, c’est d’avoir des insights, des perceptions, des constatations.

 

C’est à cela que sert la personne qui va t’accompagner. Celui-ci va te donner le minimum d’informations théoriques pour rassurer ton esprit et te faire comprendre quel est le genre de randonnée à laquelle tu t’engages, parce que tu vas avec lui, il va faire un effort, lui il va préparer la voiture, vérifier les niveaux, les freins, l’essence, et ce n’est pas une fois que tu as fait quelques kilomètres avec lui que tu vas dire : oui, mais tout compte fait ce n’était pas ce genre de ballade que je voulais. Cela a demandé une grande préparation pour celui qui va t’accompagner. Donc le minimum, c’est qu’il te prévienne de ce à quoi il faut t’attendre, ce qui va à peu près se passer sur le plan perception émotionnelle, sentimentale…etc. Et ensuite, le travail de la personne qui va t’accompagner va être de provoquer les perceptions, les constatations, les insights. Et il utilisera tous les moyens à sa disposition.

 

Il y a le moyen relativement statique d’ouvrir les mémoires, c’est déjà quelque chose d’énorme, c’est par là où l’on commence.

 

Mais l’engagement physique important, pour celui qui accompagne, c’est quand il va prendre la personne avec lui en randonnée et utiliser le moyen de la vie ordinaire, tous les événements de la vie ordinaire pour montrer :

 

- tu comprends ce qui se passe là, et ici tu comprends ce qui se passe… ?-

 

Et c’est ainsi que l’éducation la plus profonde s’installe, parce qu’elle est immédiatement appuyée sur des faits concrets, sur des faits de la réalité, de maintenant.

 

C’est la deuxième méthode utilisée dans la Voie Directe, cet accompagnement dans la randonnée, mais cela nécessite un engagement très important de celui qui accompagne, parce qu’il accepte quelqu’un d’autre à côté de lui, il accepte que quelqu’un d’autre modifie son caisson énergétique et personnel, puisqu’il va porter attention à l’autre pour que son œil, son oreille, soient attirés par les événements autour de lui qui vont servir d’enseignement à l’autre.

 

Il va falloir qu’il porte un intérêt très important à celui qu’il enseigne pour que son œil soit naturellement attiré, son oreille, son cœur soient naturellement attirés par les faits de la vie qui vont avoir une importance dans leur interprétation pour la personne qui est enseignée, parce que cela correspond vraiment à elle.

 

Et même si on prend n’importe quelle expérience ordinaire, quel fait ordinaire, on va l’articuler dans son explication pour que ce soit une nourriture excessivement, riche, nourrissante, pour la personne dont on s’occupe. Donc, il y a automatiquement un rétrécissement de l’environnement énergétique de celui qui enseigne. Ce rétrécissement est la conséquence de l’intégration de l’enseigné dans le monde de l’enseignant. Je répète : cette restriction de l’environnement énergétique est le fait que l’enseignant accepte que quelqu’un entre dans son environnement, donc modifie sa chimie interne et ce quelqu’un qui entre dans son environnement a une qualité énergétique inférieure en vibration à ce qu’il est lui. Donc il accepte que son environnement soit diminué. Et c’est difficile, parce que tu acceptes d’abandonner ta Vue. Enseigner c’est accepter de perdre sa Vue, parce que sa Vue est la conséquence d’une chimie interne, c’est le fruit d’une chimie interne, d’un Etat d’Etre qui est en accord complet avec la Force de la Création.

 

Mais quand tu changes ta chimie interne en laissant d’autres personnes s’intégrer à l’intérieur de toi, tu perds ta Vue, tu perds ce contact toujours direct avec cette Force de la Création parce que tu as à t’occuper de quelqu’un ; c’est cette personne-là qu’il faut regarder, tu ne vois plus en direct, tu n’as que la mémoire de ta Vue, parce que tu as la personne là, et c’est elle que tu regardes.

 

Ceci est un enseignement absolument essentiel sur les modalités de la Vue, c'est-à-dire voir Dieu, voir la Création, avoir cette Force, cette chaleur, cet or qui coule sur toi, en toi… Et ne crois pas que cela arrive par hasard, sauf lorsqu’il faut que tu développes ton intérêt, alors il va y avoir des insights, qui vont te montrer que ça existe, et à partir du moment où tu as perçu l’insight, tu portes intérêt à l’insight, à la constatation, et c’est la troisième loi énergétique qui fonctionne. Mais au-delà de ces insights, quand le Cercle Secret coule en toi et sur toi et toi tu coules en lui ; c’est parce que entre vous deux il y a un intérêt colossal, une attention colossale, un amour colossal, entre vous deux, c’est-à-dire entre le fils et le père, entre le fils qui est la partie de la Dignité qui est à l’intérieur de l’Etat d’Etre.

 

Ce que je veux essayer de te faire comprendre, c’est que celui qui voit, tant qu’il a un corps, tant qu’il est là pour œuvrer, participer au monde, partager, il fait un va et vient constant entre la Force de la Création, le Flux de la Dignité Père ou Mère, et le flux de la jouissance. Et le flux de la jouissance est limitateur automatiquement du mouvement du flux de la Dignité puisque qu’ils font partie du même environnement énergétique, du même Etat d’Etre.

 

C’est quelque chose de très fin et très puissant que je suis en train de t’expliquer parce que je suis en train de rentrer dans une des modalités fines de la relation entre le flux de la jouissance et le flux de la Dignité, connaissance intégrée au Cercle Secret.

 

Et quand celui qui accompagne va devoir aider quelqu’un, participer à la vie de quelqu’un, intervenir pour quelqu’un, ce n’est pas du général, c’est du particulier, participer à sa vie pour pouvoir l’aider ; il va commencer à accepter que l’autre rentre à l’intérieur de son environnement à lui, de son espace, et cela entraîne automatiquement une diminution de son espace, mais même un tout petit peu, la Vue est perdue.

 

Donc tu vois la randonnée à deux ainsi est quelque chose de difficile et il faut voir si la personne veut vraiment faire la randonnée.

 

Et pour le savoir, on commence à lui faire ouvrir le Livre de sa Vie à travers l’ouverture des mémoires. C’est une relation plus statique, moins engageante pour celui qui aide ; c’est vrai qu’il engage son intérêt et son énergie chez l’autre, mais l’autre vient travailler avec lui, il retourne ensuite chez lui, et ses systèmes émotionnels, il va les vivre chez lui, même s’il reste une relation énergétique liée à l’intérêt mutuel, alors que lorsqu’on va accepter quelqu’un même pour quelques jours avec soi, là tout se vit à l’intérieur d’un caisson énergétique mutuel, c'est-à-dire que l’enseignant vit la totalité des difficultés de l’enseigné et cherche continuellement, jour et nuit, les moyens d’amener l’enseigné à se découvrir le plus vite possible, et à se libérer de sa souffrance, de ses doutes et de ses incertitudes. Et cette attention que l’enseignant a pour l’enseigné motive continuellement l’imagination de l’enseignant et il sait utiliser toutes les modalités de la vie comme sujets d’enseignement et il les développera à chaque fois selon les modalités de compréhension de l’enseigné. Et c’est à partir de là que commence la formation profonde de celui qui est enseigné.

 

Donc si tu veux aider quelqu’un et que quelqu’un demande ton aide, il ne faut pas t’engager tout de suite dans le parcours entièrement couplé. Quand on part en randonnée, on est ensemble, on est couplé. Avant d’être entièrement couplé ensemble, on est partiellement couplé.

 

J’ai toujours dit que dans la Voie Directe, on fait un couple, mais avant qu’il y ait le mariage, sans qu’il soit question de sexualité, il faut qu’il y ait les fiançailles, et les fiançailles, c’est le travail basique, l’ouverture des mémoires, un minimum de théorie, les moyens techniques permettant à la personne de travailler sur elle-même, d’empêcher son esprit d’aller vagabonder…

 

Et là il est possible à travers ces fiançailles de regarder comment le fiancé est en train de pratiquer ce rapprochement entre les deux êtres, et ce rapprochement entre les deux êtres, c’est tout simplement le rapprochement par rapport à soi, par rapport au Livre de sa Vie.

 

On n’est pas en train de regarder comment l’autre se rapproche de soi, on est en train de regarder comment l’autre se rapproche de sa propre Vie, du Livre de sa Vie, et sa manière de le lire, la continuité, l’intérêt qu’il a à lire cela. Ou si au contraire il va faire des breaks, c’est à dire décharger son énergie qui se met en surpression ; et il ira au night club, il ira se soûler… Donc dans ces fiançailles, on regarde le mouvement de la personne par rapport à elle-même, par rapport à sa vie. C’est très important avant d’accepter le mariage définitif. Car lorsqu’on va accepter le mariage définitif, il y a un tel engagement de l’enseignant pour l’enseigné que, si l’enseigné fait défaut à ce moment-là, ça va être une douleur colossale pour l’enseignant, mais physiquement colossale, parce qu’il aura engagé une part de son système énergétique dans l’autre et cette part-là sera mutilée. L’enseigné est mutilé et c’est une énorme souffrance.

 

L’enseignant n’accepte pas seulement de perdre sa Vue, de se retrouver relativement limité dans son mouvement et dans l’articulation de tout ce qu’il est parce qu’il est obligé de vivre dans un caisson énergétique qui est inférieur à ce dont il aurait besoin pour être heureux pleinement, mais en plus il donne une partie de lui en nourriture à l’autre.

 

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