Etre sur les épaules de Dieu

 

 

Tu as la certitude qu’il existe une vraie vie, qu’on n’est pas obligé de labourer la terre humaine comme un forçat, qu’il y a une autre manière de faire, une autre manière d’exister. Et que c’est l’homme qui se transforme lui-même en forçat parce qu’il préfère regarder en bas plutôt que regarder en haut. C’est comme si tu commençais à respirer librement. Les larmes t’en coulent mais c’est du bonheur. Tu as du mal à employer le mot de bonheur, parce que la notion de malheur n’existe même plus, donc le mot de bonheur n’est pas là non plus … il y a seulement une Présence respirante … Respirante !!!!.

C’est comme si c’était l’essence de la Douceur que tu perçois dans ta vie, comme si c’était l’essence du matelas du Vide. Que le Vide a une origine, que le vide n’est pas une fin en soi pour l’homme … il y a au-delà …. Et c’est cet au-delà que tu es en train de toucher. Cette lumière éblouissante … éblouissante ! … mais tu n’as pas du mal à la regarder … pourtant elle est tellement éblouissante que tu ne comprends pas que tes yeux ne soient pas brûlés.

 

….Cet Etre immense est un espace à circuler…

 

Il te dit que tu peux rentrer en Lui parce que tu es humble de cœur. Et tout d’un coup c’est comme si tout s’ouvrait en toi et que tout ce que tu retenais, serré dans tes dents, dans ton ventre … tout se lâchait… qu’Il te reconnaisse comme humble de cœur…Et là tu comprends toute la démarche que tu as faite depuis si longtemps. Tu utilisais le terme d’humilité, mais Lui dit : humble de cœur. Et là tu comprends que ton refus continuel du pouvoir à un sens… que ta volonté d’être toujours petite, petite, ta volonté d’être le plus bas possible à une origine … et que cela a été le travail de cette Présence de toujours organiser les situations pour t’empêcher d’être orgueilleuse. Parce qu’autrement jamais tu n’aurais pu être là maintenant, jamais !

 

Cette Présence a travaillé énormément pour te faire aimer les petites choses. Et tu comprends qu’aimer les petites choses c’est de porter attention au geste. De porter attention au geste et pas au but. Pas à l’objet qui va être créé, mais au mouvement du geste … oui à la main … et c’est Elle qui t’a fait marcher sur la terre pour que tu n’aies pas la caresse de la terre et que tu sentes la brûlure de la terre … mais que tu l’acceptes … que tu deviennes humble, parce que la terre brûle … et que tu acceptes que ce soit comme cela.

 

Et c’est comme cela que ne s’est jamais développé ton intérêt propre. Et cette Présence a toujours œuvré pour casser une situation qui aurait développé ton orgueil. Et là tu perçois que développer son orgueil, c’est la prétention à l’objet créé. C’est abandonner l’attention exclusive au geste et au mouvement … abandonner l’affection exclusive au mouvement et au geste.

 

Il ne s’agit pas des gestes matériels comme savoir éplucher un légume, ou faire attention à la manière de lacer ses chaussures, c’est le geste de la participation.

 

Qui agit ? Cette attention sur le geste dans la participation permet à quelque chose en toi de comprendre le « qui agit ». Et que sans cette affection au geste, sans l’intérêt exclusivement porté sur l’objet créé et sur le résultat, tu ne peux pas comprendre et voir « qui » agit dans la création. Et c’est tout ce qui fait la différence entre l’humble de cœur et l’orgueil prétentieux.

 

Tu peux rentrer dans cet Etre lumineux qui est un espace de vie à une autre vie, parce que tu es véritablement humble de cœur. Et c’est la première fois que tu le constates, que tu as la certitude d’être humble de cœur. Toujours tu as eu le sentiment d’être une prétentieuse, comme quelqu’un en rupture avec le monde, comme si on ne voulait pas du monde ordinaire. Tu comprends toute la différence entre être humble devant Dieu ou humble devant l’homme. Etre humble devant l’homme n’est pas automatiquement être humble devant Dieu, même rarement … Humble devant Dieu, parce que la soumission à l’homme n’est pas juste quand l’homme s’écarte tellement de Dieu. Ce serait presque l’opposition à l’homme qui s’écarte tellement de Dieu qui rend humble de cœur à Dieu.

 

Tu perçois qu’il y a abandon total à vouloir faire sa place auprès des hommes quand ce n’est pas juste. Mais ce n’est pas une prétention. C’est un refus à participer à quelque chose qui n’est pas juste. Et tu préfères à ce moment-là « être rien » devant eux ; quand tu es rien devant eux, c’est là où tu es humble à Dieu. Parce que tu as accepté d’être rien intégralement devant les hommes … et devant Dieu aussi, tu n’es rien parce que tu n’as pas d’œuvre à toi.

 

Tu n’as pas d’œuvre à toi, c’est pour cela que tu es humble à Dieu.

 

C’est comme si devant Dieu ce n’est pas être lourd qui compte, mais ne plus avoir de poids. Voilà, on n’a pas ses œuvres à soi à présenter, parce que celles-ci sont de l’ordre de l’homme et de sa prétention. Et c’est pour ça qu’on tombe haut parce qu’on est léger. Tu comprends que c’est l’humilité qui fait traverser le mur de la tour du cercle interne en venant du cercle externe. Parce que l’humilité c’est de la légèreté. Et pas du poids. Pour le flux de la jouissance le manque, l’absence, c’est du poids, ce n’est jamais du vide. C’est le poids de l’absence, c’est le poids du manque. Le manque et l’absence alourdissent toujours, mais ça c’est le flux de la jouissance. Mais dans le mouvement de Dieu, l’absence c’est de la légèreté. Tu ne peux même pas employer le mot absence parce qu’il n’y a pas de vide.

 

Celui qui est humble de cœur n’a pas d’œuvre à présenter à Dieu, il n’est pas alourdi de ses œuvres. Parce qu’il n’a rien fait d’autre que de se soumettre au mouvement. Il n’y a pas soumission, il a été amoureusement attentif au mouvement des choses, et là il ne se rendait pas compte que ce mouvement des choses c’est tout simplement le mouvement de la Dignité en action sur la terre …

 

Et ce n’est même pas Dieu qu’on accompagne,

 

on est monté sur les épaules de Dieu.

 

Mais dès qu’on quitte cette attention amoureuse au mouvement, au geste, on quitte les épaules de Dieu et on tombe dans l’orgueil de l’objet créé… Tu es en train de percevoir toute la finesse de ce mélange entre le relatif et l’absolu sur la terre. Que l’un et l’autre ne sont jamais séparés, mais ne sont quand même pas mélangés.

 

Il y a la certitude la plus complète que cette Présence t’a toujours empêchée de quitter les épaules de Dieu … de quitter l’attention amoureuse au mouvement. Tu perçois là très fort que l’objet créé, l’orgueil de l’objet créé, n’est pas l’objet en soi, c'est-à-dire la construction, mais la création de l’objet énergétique par rapport au fait, c'est-à-dire l’objet émotionnel. On devient orgueilleux et amoureux de l’objet émotionnel créé au-delà de l’objet formel.

 

Quitter les épaules de Dieu,

 

c’est devenir amoureux de l’objet émotionnel,

 

qui est l’amplification du fait, de l’objet matériel.

 

C’est là où est l’articulation où l’homme va se faire du mal. Parce que quand il constate qu’il fait une erreur à aimer l’objet créé, quand quelque chose en lui lui dit que c’est faux son attention à l’objet créé, il finit par ne plus créer l’objet et donc il se mutile dans sa participation au monde. Il se fait un mal terrible parce que ce n’est pas l’objet créé qui est dangereux, c’est l’objet émotionnel, le côté émotionnel de l’objet dont on est amoureux. C’est bien l’objet émotionnel qui est le danger. C’est sur lui que s’attache l’orgueil et la prétention, et pas sur l’objet réel. C’est très important parce que, quand on n’a pas compris cela, on peut devenir faussement religieux en étant opposant et sectaire par rapport aux objets créés.

 

Tu perçois très net que l’homme s’est perdu parce qu’il n’a pas perçu cette relation très fine entre le geste amoureux, le mouvement amoureux de la Création qui conduit automatiquement à un objet créé, parce qu’il faut bien faire quelque chose, mais que l’objet créé n’est pas le danger en soi, c’est l’émotion qu’on va attacher à l’objet qui est le danger. C’est l’objet émotionnel qui va se superposer au fait, s’amplifier par rapport à lui. Et c’est lorsqu’on porte une préoccupation anormale, amoureuse à l’objet émotionnel qu’on a quitté les épaules de Dieu. Et on est tombé dans l’enfer. C’est l’enfer de la création, de ce qui a été créé par le flux de la séparation. … que cette séparation a pour attention exclusive la mise en place de l’émotion. Et dés qu’on devient amoureux de l’émotion, on est retombé dans l’enfer de la séparation.

 

Mais il y a moyen de vivre Dieu dans la vie ordinaire, sans effort. La voie de l’auto-libération s’appelle aussi la voie du non effort, la vue sans effort.

 

Tu comprends ce qu’est la voie, la vue sans effort. Et que le relatif et l’absolu ne sont jamais séparés, sont toujours mélangés.

 

 

 

 

 

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