Douceur, intimité avec soi-même.

 

 

 

Tu vois la petite prière du matin n’était pas inutile, n’était pas bête auparavant, puisque chaque jour on décidait le « pourquoi » on se lève, le « pourquoi » on va respirer aujourd’hui, le « pourquoi » on va travailler aujourd’hui. C’est quelque chose de très important que tu puisses savoir, dire à tout moment, que tu saches parfaitement « pourquoi » tu es en train de travailler, de respirer, « pourquoi » tu te lèves le matin.

Et c’est la même chose aussi la petite prière du soir : on vérifie si l’engagement qu’on a pris le matin, on a réussi à le maintenir, si cela s’est réalisé, si on a fait le travail pour lequel on s’est levé le matin. Tu sais nous ne sommes pas des mécaniques, l’humain n’est pas une mécanique, pourtant il se transforme en machine de lui-même : on ouvre un œil, on met le contact avec le café très fort, la première cigarette ; c’est lui qui se transforme en mécanique, mais la Création ne l’a jamais fait ainsi. Pour lui c’est plus confortable de faire boulot métro dodo et la télévision et le lit : tout est résumé avec le ventre et le bas ventre.

 

Alors à chaque fois que tu pratiques sache pourquoi tu pratiques, parce que ton énergie ira toujours là où ton intention est. Si ton intention est en train de vagabonder dans les villages et les vallées, dans le passé, il ne faut pas dire que tu es en train de pratiquer.

 

Là, tu es en train de pratiquer, je t’ai parlé longuement : vérifie que le bol est toujours là ; si tu sais pratiquer ainsi plusieurs fois par jour au début, tu verras qu’il est là ensuite en permanence pour que tu ne soies plus ce galet roulé par toutes les vagues de la vie, cette feuille bougée par tous les flux du vent. La stabilité est de l’ordre de l’intérieur, de cette tranquillité, elle n’est pas celle du guerrier qui se protège avec une épée et un bouclier. Ca c’est la fausse stabilité démontrée par les châteaux forts et les constructions du pouvoir, la véritable stabilité est dans cette Douceur interne, mais cette Douceur interne doit pouvoir avoir une amie, avoir une aide, avoir une chaleur constante, une communication constante avec le plus intime d’elle-même, et la sphère c’est cette enveloppe de communication, puisque toutes les énergies vont venir se drainer à l’intérieur de cette sphère, il y aura le mélange et on ne sera plus perturbé puisqu’on sera capable de maîtriser et de devenir amical avec tout ce qui est en train de se passer dans la vie ; je dis bien amical. J’ai enlevé le mot « maîtrisé », parce que ce n’est pas une maîtrise dans le sens d’un combat, c’est l’amitié qui s’installe dans tous les mouvements de la vie. Mais cela tu ne peux le percevoir physiquement, réellement que lorsque tu es dans le cercle interne de la connaissance et surtout dans la partie interne de ce cercle interne. Autrement ce sont des mots : tu te forces à être doux, gentil et tu serres les dents et les fesses à vouloir tellement être gentil.

 

L’intimité ça ne se créé pas, l’intimité c’est ce qui naît naturellement de la Douceur, l’intimité c’est cette perception très très fine qu’on a de soi-même, qui est comme le goût, l’odeur de la Douceur.

 

Et cette Douceur on ne peut pas la créer, elle ne vient pas par un système de la volonté ; elle naît de l’exercice de sa pratique noble dans le cercle externe de la connaissance, par la noblesse de son activité et par le respect qu’on a de sa Dignité originelle. C’est cela qui conduit à cette Douceur, c’est cette Dignité qui conduit à cette forme de Dignité qui est la Douceur.

 

La Douceur c’est l’odeur, le goût, le parfum de la Dignité dans le cercle interne de la connaissance. Parce que là c’est véritablement interne : on est intime avec, on est dedans là, il n’y a pas d’un côté l’extérieur de l’autre l’intérieur……

 

Dans le cercle externe de la connaissance je n’ai jamais rien fait d’autre que d’essayer de rendre quelqu’un amoureux de sa Dignité et de lui donner les moyens pour pouvoir augmenter continuellement son espace afin que cette Dignité puisse respirer et commence à s’auto-nourrir.

 

C'est le commencement, puisque lorsque cette Dignité originelle est en mouvement avec le plan de vie, il y a automatiquement augmentation de l’espace, et cette noblesse commence à s’auto-nourrir, se développer, et c’est ce développement, le mouvement de cette Dignité originelle qui conduit à cette Douceur qui est la saveur du cercle interne de la connaissance.

 

Mais pour toi qui es dans ce cercle interne de la connaissance, s’il te plaît, ne reviens pas derrière……

 

C’est un travail énorme d’essayer d’apprendre à l’autre à aimer Dieu en lui, à l’aimer plus que le night club, que les jupes et les sous-vêtements…

 

Il va falloir que tu stabilises tellement cette Douceur que ça va donner envie à l’autre de venir voir ce qui se passe chez toi. Pour toi c’est comme ça qu’il faut que tu pratiques.

 

Alors toi tu es venue tranquillement là par cette souffrance et cette souffrance a développé ta compassion naturelle à l’autre. Et c’est pour ça que tu peux te mettre à genoux devant un soleil qui s’engloutit dans la mer et prier et pleurer, et cela spontanément et naturellement, sans sensiblerie. Sans sensiblerie, parce que c’est facile d’aller pleurer, facile d’aller dire « c’est beau ! » Et dès qu’on a le dos tourné : Ah bon, qu’est-ce qu’on mange ce soir ? Tiens si on allait se faire une petite virée au night club du coin ? Avec un bon verre de vin et la baise derrière. Tout ça c’est facile.

 

Voilà, nous sommes seulement en train de commencer. Alors s’il te plaît, ne reviens jamais sur le cercle externe de la connaissance, sur l’organisation de l’univers. Jamais. D’autant plus que tout de suite tu ne sais pas où je vais t’amener.

 

Porte intérêt, amitié et intimité à tout ce qui va se passer en toi ; alors ne t’occupe plus de ceux qui sont en train de s’agiter dans l’organisation de l’univers, de stresser le monde, de stresser aussi le temps. Ce qu’ils font là, ils ont besoin de le faire pour arriver dans cet état dans lequel tu es…

 

Tu n’es pas là seulement comme support pour que je puisse transmettre cet enseignement, mais aussi pour que je te fasse découvrir toute la grandeur, toute la beauté et toute l’intimité, toute la connaissance de ce cercle interne afin que tu puisses aussi un jour l’abandonner et être engloutie dans le cercle secret. Donc tu as du travail à faire, ne dis pas : les pauvres, les autres qui sont en train de souffrir… Ils ont aussi leur travail à faire et si pour tous, je leur ai donné en m’occupant d’eux une forme d’activité, une direction de travail, c’est parce que ça leur est absolument indispensable pour continuer à grandir, à mûrir, et à entrer et aller vers cette Douceur-là. Alors ne te précipite pas vers le cercle externe de la connaissance en disant : j’ai de magnifique outils, je vais vous montrer que…

 

Attends que l’autre vienne vers toi.

 

Et quand quelqu’un va venir vers toi, il faut que tu aies tellement découvert un terrain d’aventure immense que tu vas pouvoir le faire visiter à l’autre.

 

Mais si assis sur ton bord externe du cercle interne, si tu es assis au bord du disque de ta douceur, et que tu lances l’hameçon en disant : venez, venez, venez… eh bien tu vas te perdre. Et si tu te perds tu ne pourras plus les aider. Parce que, quand tu auras réussi à amener quelqu’un sur ce disque de la Douceur, qu’est-ce que tu vas faire avec lui ? Eh bien, je suis sur un petit bord de falaise, mais je ne connais pas la lande qui est derrière. Je ne peux pas te conduire, je ne sais pas s’il y a des trous, si c’est dangereux ou pas.

 

Il faut que tu rentres tellement intime avec le cercle interne de la connaissance, avec la partie interne du cercle interne que tu aboutisses à la partie secrète de ce cercle interne et c’est à partir des parties secrètes qu’on aspire et qu’on tire les autres des autres cercles.

 

 

C’est ta perfection qui va tirer la perfection de l’autre. Ce ne sont pas tes explications, ton langage, c’est ta perfection qui va attirer la perfection de l’autre.

 

Alors fais très attention à ça. Parce que ce que tu vas avoir à découvrir va être énorme. Je peux à peine en parler comme ça. Cela peut remettre en cause tout ton engagement à l’univers, et la totalité de ton engagement au monde.

 

Je n’ai jamais donné ces enseignements parce que, quand on n’est pas dans cette Douceur spontanée et naturelle, il est impossible de savoir comment articuler cette Douceur à cette connaissance avec le monde. Alors il peut y avoir une fuite intégrale du monde.

 

Dans ce Doux qui ne s’apprend pas, qui ne se construit pas, qui ne se fabrique pas, tu peux devenir craintive des hommes si tu n’y prends pas garde. Car la terre est brûlante aux pieds et tu te rends bien compte que lorsque tu es en contact avec l’homme, et que l’homme vient t’imbiber de son rayonnement, de sa préoccupation, tu es sorti du doux. Tu perçois que tu pourrais en être sorti. Et cette constatation peut te faire peur. Parce que ce doux est issu de la pratique de l’activité noble, il est issu de la participation avec le monde et en même temps tu te rends compte, en parallèle, que cette participation avec le monde est dangereuse. Elle est dangereuse pour ce doux, pour ce tapis du vide. Parce qu’il y a quelque chose à l’intérieur de toi qui te pousserait à abandonner les hommes, le monde, pour continuellement tomber haut dans ce vide, mais il y a aussi quelque chose à l’intérieur de toi qui te dit que là réside un véritable danger, que là existe un précipice dont on a beaucoup de difficultés à remonter.

 

Il faut que tu saisisses d’une manière très fine à l’intérieur de toi qu’il ne faut pas te séparer des hommes, mais pour ne pas être craintive dans tes rapports avec eux parce qu’ils sont tellement destructeurs et grossiers à côté de ta souplesse et de ta délicatesse, qu’il te faut un moyen. Un moyen d’action avec eux afin que tu puisses continuer ta participation puisque tu es venue sur terre pour participer sans devoir abandonner ce vide dans lequel tu es tombé.

 

Je vois que cela répond à ton souci. Alors il faut savoir parfaitement maîtriser les forces de la terre, le tan tien apparent et le tan tien secret. C’est ce qui te permettra de garder le lien et la participation avec les hommes et de ne pas les abandonner quel que soit le degré de profondeur de tes perceptions et le degré de profondeur de ta nage dans ce fleuve du vide.

 

 

 

***********************