Nourrir la Terre

 

 

 

Tu sais il est très difficile que l’orgueil se taise complètement, très difficile que la prétention s’assoupisse, que l’esprit devienne fluide.

 

Beaucoup qui se croient sur le cercle interne de la connaissance, même dans la partie interne du cercle interne, sont toujours avec l’orgueil, la prétention, la défense d’eux-mêmes au plus profond de leur cœur. C’est très difficile de s’en libérer car la volonté ne peut pas mettre fin à cet orgueil, cette prétention, la défense de soi-même, au protectionnisme, parce que ce sont les outils mêmes fabriqués par la volonté pour se protéger elle-même, pour se donner du pouvoir. Et la volonté voudrait pouvoir jouir de Dieu, jouissance suprême, mais ce n’est pas possible.

 

Car c’est lorsque la volonté s’abandonne que cette Douceur s’installe, que cette Douceur est là.

 

Et parfois sans qu’on s’en rende compte, parce que tout va très vite dans la vie de tous les jours, on va ressortir de nouveau ses blessures anciennes, ses ressentiments, ses désirs, ses volontés, ses recherches du plaisir.

 

Tant qu’on a un corps humain, on n’est jamais à l’abri de la tentation, jamais à l’abri de l’erreur, jamais à l’abri de la prétention. Souviens-toi toujours de ça : jamais, jamais, jamais…

Car lorsque tu es estampillé « humain », tu est en même temps confirmé

« orgueilleux » !!!!

 

Mais si un pas est lancé dans cette prétention, dans cet orgueil, immédiatement, au deuxième pas, on peut en avoir une perception absolument nette, et le troisième pas ne se fait pas.

 

Les décodeurs, la Présence t’accompagnent toujours, même lorsque tu es dans cette Douceur, parce que sans t’en rendre compte tu peux en sortir. Et je vais t’expliquer où est l’articulation fine entre cet intérieur et cet extérieur. Mais tu peux passer d’un côté à l’autre avec une telle facilité qu’il faut rester très humble et être toujours très attentif. De l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette, la terre et le ciel peuvent se trouver de nouveau séparés.

 

Cette Douceur qui permet d’accéder au Vide et le Vide aboutit au Vide, ne peut pas être fabriquée, c’est impossible. Cela ne peut pas être un choix de la volonté, un choix du désir, un choix du plaisir …. Ou pour fuir l’organisation de l’univers trop contraignante, oppressante. Cela ne peut jamais être le résultat d’une fuite, d’un renoncement.

 

Cette Douceur ne naît jamais de la fuite, de la volonté, du renoncement ; cette Douceur s’installe d’elle-même par la pratique de l’activité Noble dans le cercle externe de la connaissance, c'est-à-dire dans l’organisation de l’univers.

 

Parce que relatif et absolu sont toujours mélangés, c’est pour ça que je t’ai dit que dans chacun des cercles, externe, interne et secret, il y a aussi la part externe, la part interne et la part secrète. C’est pour faciliter l’explication que l’on fait cette séparation entre externe, interne et secret. Autant sur les trois cercles principaux que dans les trois domaines à l’intérieur des cercles. Mais dans la réalité, tout est toujours mélangé, tout est toujours de la Nature de la Création.

 

Et lorsque tu pratiques la Noblesse de ton activité, dans l’organisation de l’univers, dans le cercle externe de l’univers, tu dynamises, tu mets en pratique aussi la Nature absolue de ton Etre qui se gonfle, qui s’épanouit, qui s’ouvre, qui se dilate, qui se répand. Aussi, la fuite du cercle externe de la connaissance, la fuite de l’univers et de son organisation n’aboutit jamais au cercle interne de la connaissance… jamais n’aboutit à la partie interne et secrète de ce cercle. Tout juste va-t-on toucher et pénétrer la partie extérieure de ce cercle interne. Et c’est ainsi que l’on peut aussi accéder à la partie externe du cercle secret. Et beaucoup s’imaginent que là, ils ont touché Dieu, qu’ils ont une Vérité, parce qu’ils ont des perceptions et des sensations. Mais ils n’ont rien touché sauf toujours leur orgueil, leur prétention ; ils disent avoir tout donné d’eux-mêmes, mais lorsqu’il arrive un incident, ils sont immédiatement en protectionnisme, en garde comme pour un combat. Ils tentent à tout prix d’éloigner certaines coupes de leurs lèvres.

 

Mais lorsque tu es dans le cercle interne, tu n’écartes plus aucune coupe de tes lèvres, puisque cette Douceur qui est en toi, tu en reconnais la Nature chez l’autre. Et l’autre n’est jamais un adversaire, n’est jamais un opposant, et tu ne le fuis pas. Tu ne le fuis jamais. Le Vide amène au Vide et je n’aurai jamais de cesse de te le répéter. Le Vide amène au Vide ! Mais le Vide est plein, le Vide est bon, il est d’une générosité magnifique pour l’autre; dans ce Vide il n’y a plus d’orgueil, il n’y a plus de prétention, il n’y a plus de protectionnisme… au contraire, si chacun pouvait nous prendre encore quelque chose de plus, pouvait nous enlever un vêtement, une pièce à la maison, tout ce qui fait le « trop » confort d’environnement, on en serait encore plus heureux. Ainsi on a encore moins à s’occuper de l’univers. Et ainsi on tombe toujours un peu plus haut !

 

J’insiste beaucoup, mais s’il te vient des mouvements de protectionnisme, des mouvements où tu dis : « moi je » au nom de soi-disantes théories spirituelles, de ce que tu peux estimer juste et bon, alors sache que chaque fois tu es dans l’erreur, à chaque fois tu as déchiré ce papier à cigarettes. Et la terre et le ciel se trouvent de nouveau séparés. Et quand la terre et le ciel se trouvent à nouveau séparés, tu es automatiquement retombé dans le flux de la jouissance, dans des degrés de subtilité les plus intenses, les plus fins, les plus aériens. Tu tombes bas et en tombant à chaque fois très bas, tu redynamises très fort ce flux et tu l’entendras rire…

 

Dans le cercle interne de la connaissance tu pourras percevoir la présence de cette Force du mal et tu l’entendras rire à chaque fois que tu chuteras.

 

Maintenant comment vas-tu faire pour stabiliser cette Douceur à l’intérieur de toi, de ton corps. Tu ne peux pas retourner en arrière. Cette Douceur est issue de tout le travail que tu as fait sur le cercle externe de la connaissance ; il est issu de ta souffrance, du maintien de ta Dignité, du renforcement de ta Dignité, de l’attention à la Noblesse de ton activité.

 

Et tu vois c’est comme quand tu veux traverser un fleuve, il te faut un véhicule, il te faut un moyen, et tu construis une barque. Et ainsi tu peux traverser le fleuve. La barque qui t’a permis de traverser le fleuve, c’est l’attention à ton plan de vie, l’attention extrême à ta Dignité. C’est l’attention à la Noblesse de ton activité. C’était ta barque.

 

Mais maintenant tu es de l’autre côté. Alors que vas-tu faire ? Tu perçois bien que tu es dans une autre Dimension ; en fait ce sont deux rives d’un même fleuve, mais les deux rives ne sont absolument pas semblables. Alors que vas-tu faire ? Comment peux-tu faire ?

 

Parce que si tu continues toujours à ramer avec le même moyen, tu resteras toujours limitée à ton action personnelle. Et quand tu restes limitée à ton action personnelle, très vite peut se redévelopper ton orgueil … ou alors il y a une forme de renonciation à la vie qui s’installe, une forme de renoncement, de lassitude au monde.

 

Et là, lorsque tu es dans cette Douceur naturelle, qu’on ne peut pas créer, qu’il est impossible d’organiser, tu perçois bien que si tu renonces à la vie, tu vas t’écarter de cette Lumière, tu retourneras dans des marécages. Alors il faut que quelque chose vienne d’en haut ; puisque tu es tombée haut, que quelque chose vienne, renforce cette vitalité à la vie, nourrisse cette Douceur. Il faut que quelque chose vienne d’en haut. Et là, c’est vraiment une autre Dimension. Puisque jusqu’à maintenant tu as pris appui sur la terre, tu as pris appui d’en bas, tu as su dire « non » à ce qui n’était pas noble, et ainsi tu as reçu toute l’aide de cette vie et des autres vies…

 

Mais maintenant tu es dans le « oui » intégral, tu ne peux plus rien faire d’autre que de dire « oui », c’est impossible de faire autrement. D’ailleurs la pensée qui n’a pas accès à ce « oui » ne peut rien manipuler. Elle ne peut que regarder de l’extérieur ce qui se passe, en récupérer le flux, une forme de courant d’air, une forme d’odeur…

 

Quand tu es dans cette Douceur, tu t’aperçois qu’il n’y a pas de parfum, il y a une impersonnalité complète, il n’y a rien de personnel.

 

Alors il faut que quelque chose vienne d’en haut pour pouvoir t’aider. C’est impératif. Le Vide est doux, il est doux aux pieds, il est bon, mais il ne suffira pas. Et pour cela il faut quelques moyens. Et ces moyens je vais te les enseigner, du plus grossier au plus fin.

 

Alors il faut que tu prennes comme base l’accès au corps de jouissance, puis l’accès à l’espace primordial, et enfin le retour sur le corps de jouissance et la perception de la limitation de la peau du corps lorsque tu reviens à l’intérieur de toi. Voilà la base.

 

Parce que cet espace primordial n’est pas seulement un aboutissement de la perception du Vide, bien que beaucoup de techniques religieuses le placent comme le summum qu’ils peuvent atteindre, alors que ce n’est qu’une plate forme, un aéroport d’atterrissage et de décollage vers le Ciel. Et c’est là, la maîtrise du grand Art de la méditation. Parce que tu ne médites plus à partir de la Terre, tu vas méditer à partir du Ciel.

 

Méditer est encore un mot de trop, le Ciel se diffusera si fort à l’intérieur de ta Terre que la Terre brillera et sera nourrie. Et c’est ainsi que tes pieds ne seront plus brûlés par le feu de la Terre, que la Terre pour toi ne sera plus dure, puisque toi tu es venue pour nourrir la Terre et c’est ainsi que tu peux le faire.

 

 

 

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