Beauté et dangers du voyage.

 

 

 

Vois-tu à partir du moment où tu tombes dans le vide, il va y avoir une aide très efficace de la Création que tu ne percevras pas d’une manière aussi précise et ponctuelle que lorsque tu étais dans le cercle externe de la connaissance. Dans le cercle externe, les aides sont assez évidentes, très vite repérables.

 

Dans le cercle interne, tu n’as plus besoin d’être aidée de l’extérieur puisque tu as fait un travail fantastique sur toi, à travers l’alignement d’esprit porté par la dignité de ta pratique. Il va falloir que tu soies aidée, renforcée de l’intérieur pour que tu puisses poursuivre ton chemin à l’intérieur de toi et en même temps aider les autres à venir sur ce chemin-là, puisque toi et les autres ne se trouvent pas séparés. Vous ne pouvez pas faire cette séparation qui conduit à la mort mutuelle de l’un comme de l’autre. Quand tu rentres dans le corps de jouissance, c’est clair et net. Alors tu vas être aidée de l’intérieur.

 

Cela veut dire que tu vas rencontrer des lieux,

tu vas rencontrer des situations,

 

tu vas rencontrer des gens

 

qui vont venir tonifier ta force pour que tu puisses continuer ta lancée.

 

Ce cheminement est doux et lent, mais c’est se hâter lentement ;

 

Alors il va falloir te donner de la force pour continuer à remplir ton projet de vie. Et c’est là où il y a une très grande originalité des moyens trouvés par la Création pour venir t’aider. Et c’est là qu’il va y avoir un décalage avec ceux qui sont sur le cercle externe de la connaissance parce qu’ils ne comprendront pas les moyens que tu utilises ou les moyens qui te sont donnés par la Création pour te rendre plus fort, afin que tu puisses La servir.

 

Tu vois plus les gens sont ordinaires, plus ils ont la certitude de savoir ce que c’est qu’un homme sage. Ils jugent toute l’activité de cet homme sur la base de leurs certitudes. Dans la voie directe cela ne devrait pas poser problème, puisque quelqu’un qui s’engage dans cette voie a abandonné dès le départ le système de la règle. Et on s’est trouvé très bien dans cette voie qui ne se base que sur les réalités qui sont perçues à travers l’ouverture des mémoires du corps émotionnel, le plan de vie, la perfection originelle, ainsi que sur les négativités qui font obstruction à la perception constante de cette perfection originelle.

 

Donc la Voie Directe est une voie très originale dans le sens qu’il n’y a pas un chemin fixe : tout s’adapte en fonction des négativités et de la perception de sa perfection qui se trouvent adaptées à chacun des individus. C’est ce qui fait sa richesse, sa fraîcheur, ce goût toujours neuf, et frais.

 

Celui qui est sur le cercle externe de la connaissance se trouve enthousiasmé au départ par cette voie directe, par cette approche immédiate autant de la perfection que de la négativité. Il est enthousiasmé par ce qu’il découvre si vite en lui et les moyens qu’il perçoit pour sortir des trous dans lesquels il est tombé. Je ne dis pas : résoudre ses problèmes. Parce que : un problème doit-il être résolu en soi ? Ce n’est pas du tout évident. La seule certitude, c’est que : une négativité, elle est là. Et elle est là pour faire une obstruction relative qui va être un tremplin pour pouvoir aller au-delà, sauter un mur. Donc régler les problèmes n’est pas la terminologie juste pour la voie directe. On prend le problème à bras le corps. On l’embrasse, on devient intime avec lui.

 

Une fois que les choses vont bien, que l’on s’est rapproché de cette muraille qui constitue la tour du cercle interne et qu’on s’est élevé sur cette muraille, on a une vue plus dégagée, on a une connaissance des choses, des autres et de soi-même. Là, on se réinstalle très facilement une règle, par rapport à ses perceptions, ses constatations qu’on a eues sans la règle.

 

Qui installe la règle ? Cette entité qu’on a à l’intérieur de soi qui installe la règle, l’installe toujours sur la base de son système émotionnel non résolu. Et c’est pour ça qu’il faut être extrêmement vigilant parce que tout le système émotionnel non résolu revient à la charge. Le flux de la jouissance essaie de récupérer les cartes qui lui ont échappé un moment donné des mains.

 

Et c’est mis en évidence lorsque par ton attitude, ta manière d’être, tu vas heurter celui qui est de l’autre côté du mur, qui est en train de grimper, de s’accrocher, très près de toi, et qui n’a pas encore compris intimement que le mur ne s’escalade pas, mais qu’on pénètre à l’intérieur par osmose et que cette osmose s’établit entre lui et toi par l’humilité pour lui. Et n’ayant pas compris cela il va réinventer une règle et revenir à la charge avec son émotionnel.

 

C’est obligé que l’émotionnel revienne, mais il va y avoir ceux qui peuvent dire : qui est ému ? Qui a un problème? Qui se sent mal ? Je ne me laisse pas attraper par cela ! J’ai vu comment faire, j’ai cette vision de ma perfection, je sais que je reçois une aide, j’accepte les choses telles qu’elles sont, j’ai mon alignement, je continue à travailler dans le respect de cet alignement, et tant pis ce qui se passe au niveau de mon émotion, tant pis si je vais recevoir avec bonheur ou difficulté l’aide qui m’est apportée par celui qui est à l’intérieur de la tour.

 

Il faut dire : oui, je ne comprends pas, je ne sais pas ce qui se passe, mais ça ne fait rien, c’est de toute manière juste, parce que là est la vie, là est le mouvement. Il n’est pas question de bien ou de mal, le mouvement est là, il est automatiquement juste…

 

Celui qui a travaillé sur l’accélération du mûrissement ne l’a pas automatiquement compris.

 

Tu ne dois pas l’aider. Parce que c’est lui qui est en train de faire une rechute presque volontaire pour t’attirer dans son cercle à lui, dans sa préoccupation à lui, même si vos mains étaient prêtes à se toucher et à s’accrocher. Même si cette union était sur le point de réussir, tu dois le laisser avec cette préoccupation.

 

Tu dois participer sans rentrer dans le domaine des autres; c’est à eux maintenant de se poser la question : mais qu’est-ce qu’elle y fait, là, dans cette tour ? Comment vit-elle, comment perçoit-elle les choses ? Comment agit-elle ?

 

La seule aide que tu amènes, c’est le rayonnement et l’introduction. Et ceci va te permettre d’être profondément attentive aux aides que toi tu vas recevoir de la Création pour te rendre toujours un peu plus forte pour pouvoir te couler encore plus doucement dans le doux et dans le vide. Te rendre beaucoup plus forte pour que tu ne soies pas poussée à te séparer de l’homme dont l’attitude te heurtera.

Celui qui escalade la tour du cercle interne installée dans le cercle externe se croit toujours seul dans son escalade ; en fait il se croit unique dans l’intérêt que lui porte la personne qui est à l’intérieur de la tour.

 

Et c’est vrai qu’il est unique, puisque c’est un intérêt particulier, c’est un intérêt exclusif, dans le sens que l’intérêt qui est porté par celui qui est à l’intérieur à celui qui est à l’extérieur est directement adapté à tout le système énergétique de celui qui est à l’extérieur. Donc il n’y a pas deux personnes semblables, l’intérêt est unique, chaque relation est unique.

 

Là tu comprends. C’est ce que je disais tout à l’heure quand je parlais de la Voie Directe. La Voie Directe a cette fraîcheur, cette originalité, elle n’a pas de règle. Chaque méthode employée, chaque chemin employé est entièrement différent en fonction de la personne, de sa perception de sa Dignité, de la force de cette perception, de la force de son plan de vie, et de la force aussi de ses négativités. Donc la relation entre celui qui aide et celui qui est aidé est toujours une relation entièrement unique, exclusive et cela est une réalité énergétique.

 

Vu ainsi, regardé ainsi à travers le flux de la dignité, cela ne pose aucune difficulté. L’unicité, l’exclusivité, est un fait, point final.

 

Mais lorsque c’est le flux de la jouissance qui est en train de regarder cette unicité, le fait d’être unique dans le mouvement et la relation à l’autre, il positionne la relation comme une relation exclusive, c’est-à-dire aucune possibilité de relations avec d’autres personnes que lui-même. La jalousie est incluse dans le flux de la jouissance.

 

Si je veux aller encore beaucoup plus loin, la jalousie est une négativité sur laquelle va s’appuyer la Voie Directe pour faire avancer encore beaucoup plus rapidement la personne soumise à cette fluctuation négative. Parce que, une personne voulant absolument être la première et unique, va mettre les bouchées doubles pour y arriver. Bien conduite elle va arriver très vite à une perception très intime de la Dignité et de la Réalité de la vie, mais le moteur initial a été quand même un moteur d’orgueil. Et c’est là où est la beauté de l’opération. Si l’on comprend bien cela, on laisse la transformation se faire qui va évacuer l’orgueil en même temps, qui ne va plus s’en occuper : il ne restera que le fruit de l’élan du travail, de l’union intime qui a été faite avec quelqu’un qui possède la chimie interne permettant de modifier sa chimie interne propre.

 

Celui qui est dans le flux de la Dignité, celui qui est dans cette douceur que tu vis, celui qui foule le tapis du Vide, lui il ne sait pas ce que c’est qu’être exclusif. Il a une exclusivité constante et certaine avec chacun, parce qu’il leur porte un intérêt absolument essentiel et unique à chacun. Mais des chacuns, il y en a beaucoup !

 

Voilà où il va y avoir le gros problème de celui qui a escaladé le mur du cercle interne sans s’être rendu compte qu’il ne s’était pas débarrassé de l’orgueil : il va être confronté brutalement à cet orgueil lorsqu’il s’apercevra qu’il n’est pas le seul sujet d’intérêt de la personne qui aide.

 

Et c’est à partir de là que, au lieu d’abandonner l’orgueil, la personne va mettre tout un système émotionnel en action pour obliger celui qui est à l’intérieur de la tour à venir sur son propre territoire. Et c’est justement ce qu’il ne faut pas faire : tant pis si la personne chute ! Mais elle n’ira pas très bas, ne t’en fais pas. Elle hurlera un peu, elle se fera un peu mal, mais elle a déjà perçu tellement de belles choses qu’elle ne se laissera pas entraîner au fond, elle n’ira pas très loin. Alors laisse-là prendre quelques bosses, se déchirer un peu, et tu la verras revenir et là, avec l’humilité automatiquement.

 

Elle recevra l’humilité comme un choc…

 

L’humilité est là lorsque l’on cesse de porter attention à son système émotionnel. C’est le fruit réel du cercle externe de la connaissance : l’abandon de l’orgueil, l’abandon de la prétention à son émotionnel.

 

Toi, reste dans cette Douceur, sois tranquille et mobile dans toute l’aide que la Création t’amène. Sois absolument impeccable dans la situation. C’est le mouvement et la beauté du mouvement que tu perçois qui sont ton seul guide.

 

Tu n’es pas là pour aller t’occuper du cercle externe de la connaissance et des autres, tu es là pour continuer à grandir, d’abord dans le cercle interne et ensuite laisser se déverser sur toi le cercle secret, afin que tu puisses d’une part rayonner sur l’autre, et d’autre part t’introduire en lui.

 

Quand on est dans le cercle externe de la connaissance, on est celui qui remonte ses manches comme le bon laboureur, qui crache un peu dans ses mains, qui prend les rênes des chevaux et qui dit : allons-y, on va essayer de faire un sillon bien droit. Il y a une forme de rudesse. Tu dois accepter le conflit aussi.

 

Mais quand tu es dans l’intimité du cercle interne, ce n’est pas pour faire la même chose. Là il y a la Douceur, il y a la franchise et la sécurité du Vide. Et c’est avec ça que tu dois vivre là. Les autres, voyant ce qui rayonne de toi et ressentant ce que tu peux leur injecter, doivent être d’eux-mêmes intéressés par la chimie interne qui existe à l’intérieur de toi te permettant d’agir ainsi.

 

On plonge dans le cercle externe, dans la bassine à merde. Mais lorsque l’on tombe haut dans le Vide, ce n’est pas pour regarder en bas, c’est pour regarder encore plus haut. A chaque fois tomber toujours encore un peu plus haut. Et là tout change pour toi.

 

Tu n’as pas le même véhicule, pas la même barque. Il y a un autre moyen de transport. Et tu ne participes plus de la même manière.

 

Lorsque tu tombes haut dans le cercle interne, le flux de la jouissance n’est plus aux commandes de la voiture ; je dirais même que, si tu y as porté suffisamment d’attention, on a complètement changé de voiture.

 

Avec cette Douceur qui est en toi, tu échappes au mouvement des trois lois énergétiques fondamentales. Tu échappes à la séparation, au mécanisme du flux de la jouissance. C’est un état d’être dans lequel ne serait en mouvement que la dignité.

 

Ce qui est évident dans l’espace dans lequel tu es maintenant, c’est que ta participation est avec la Création, avec la Perfection, avec ce Vide et avec cette Douceur.

 

Quand tu constates bien d’une manière si nette dans ton corps que tu es en train de participer pleinement à la force de la Création au-delà des trois lois énergétiques fondamentales, tu ne peux plus retomber dans la discussion du cercle externe. Même si tu retombes, tu n’y restes pas… c’est comme un trempoline, plus tu vas tomber, plus tu vas te rejeter haut vers le ciel.

 

Et à la limite, tu apprends à coups d’erreurs. Et tu progresses à coups d’erreurs.

 

La participation est entièrement retournée et c’est ce qu’on appelle la révolution du silence. Parce que cela s’est fait très silencieusement à l’intérieur de toi, très silencieusement aussi à l’extérieur, avec une douceur et une humilité absolues. Là tu ne t’appartiens plus, donc tu peux avoir entièrement confiance en tout ce qui se vit en toi, il n’y a pas l’abandon de la participation à la vie et à la terre et au monde, il y a cette révolution interne qui fait que tu ne participes plus au même objet.

 

Reste surtout sur le territoire dans lequel tu es, même si tu es seul, le Vide est toujours bon. Et ainsi, à partir de là, tu perfectionneras ce que tu as déjà bien perçu : tout bouger sans rien bouger. Et ce sont les autres qui bougent en extérieur d’eux-mêmes, ce n’est pas toi. Laisse-les bouger, s’agiter, se stresser et reste où tu es.

 

Quand on escalade le mur de la tour du cercle interne, c’est comme un pèlerinage. On pourrait éviter d’y revenir plusieurs fois si l’on percevait que l’humilité est le seul chemin qui permet de traverser le mur et d’accéder au vide.

 

Et donc, c’est à l’autre de porter attention à ce que tu es et non plus à toi de porter attention à ce qu’il est.

 

 

 

 

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