BOUGER SANS RIEN BOUGER

 

 

 

Qu’est-ce qui se passe lorsque quelqu’un, par son humilité, par cette manière d’être humble du cœur, traverse ce mur de la tour et donc, passe du cercle externe et tombe haut dans le cercle interne ? Qu’est-ce qui se passe pour lui ?

 

Il y a quelque chose d’essentiel qui se passe.

 

Son regard n’est plus vers le bas, il est vers le haut.


Et tu vas percevoir que cela entraîne un mode de participation entièrement différent. Celui qui tombe dans le cercle interne de la connaissance n’a plus aucun élan, n’a plus aucune obligation à aller faire ses preuves dans le monde extérieur de la connaissance. Lorsqu’on tombe haut dans ce vide, qu’il y a cette Douceur qui s’installe naturellement ; il faut impérativement rester avec cette douceur et ne jamais revenir dans l’arène du monde extérieur, la discussion au niveau de ceux qui sont en train de s’épanouir au fond de la classe à côté du radiateur.

 

C’est difficile car l’intelligence raisonnée dira que tu fais de l’élitisme, de l’abandon. En fait tu as seulement changé ton intérêt à la participation. Tu n’as plus besoin du monde extérieur pour pouvoir avancer.

 

Au contraire pour pouvoir avancer, tu as besoin du monde intérieur.

 

Et ta participation est celle du mouvement de Dieu, de l’attention amoureuse au geste, et plus jamais au niveau de l’objet créé, plus jamais au niveau de la réception de l’objet au niveau du monde ordinaire.

 

Toi tu es maintenant dans une autre Dimension où la règle du jeu est entièrement différente. Tu n’as plus à faire la preuve de quoi que ce soit, tu n’as plus la responsabilité de quoi que ce soit au niveau du monde.

 

Ton rôle maintenant c’est la caresse au mouvement divin.

 

Et si cette caresse au mouvement divin se traduit par une caresse à l’homme, eh bien elle se traduit par une caresse à l’homme. C’est tout. Sans aucune attention à l’objet apparemment que tu construis, puisque ce n’est plus toi qui construis quoi que ce soit. C'est-à-dire que tu n’es plus en train de faire tes œuvres à toi.

 

Mais ce n’est pas si facile que ça d’abandonner l’ancien système de réflexe, comportement et participation avec le monde. Tu vois : l’erreur fondamentale qui perd quasiment tout le monde, c’est de croire que la participation initiale, la participation au monde avec les autres, reste toujours la même et que c’est seulement une augmentation de pouvoirs, d’outils, mais que le mouvement et l’intention restent absolument identiques.

 

Le mécanisme de participation correspond à un état de chimie interne et en premier lieu, ta chimie interne est orientée vers l’extérieur, parce qu’elle a besoin de ses œuvres pour arriver à se comprendre elle-même, et se justifier elle-même, et il y a donc une insertion complète dans l’organisation du monde extérieur.

 

Mais lorsque tu as perçu ce Vide d’où tout naît et que tu en perçois la douceur et que tout ça vit en toi, là tu es dans un autre domaine de participation, tu participes au vide, tu participes à cette Douceur, tu comprends, et tu laisses ce vide et cette Douceur s’appliquer et s’organiser comme les circonstances secondaires le permettent, le favorisent, ou s’y opposent.

 

Qu’il y ait réussite ou échec à ce niveau-là, ce n’est plus du tout une préoccupation, puisque c’est le mouvement exact qui est en action. Qu’il y ait réussite ou échec est parfaitement secondaire. Donc il n’y a plus de responsabilité par rapport à l’objet, par rapport à la réussite, par rapport au bien apparent que tu amènes aux autres. Tu ne te trouves plus du tout en responsabilité des autres. Ta dimension de participation s’est complètement modifiée. Parce que, quand tu as perçu cette Douceur, que tu es dans ce Vide qui anime tout, eh bien c’est ça que tu fais vivre, tout simplement.

 

Tu es dans une nouvelle maison et tu la fais fonctionner.


Et c’est le rayonnement de ce fonctionnement qui va donner l’envie à d’autres qui sont en train de ramer dans l’organisation de leur univers, de dire : ça semble bien, là, ça rayonne. Et c’est là qu’ils vont avoir envie d’escalader la paroi de cette tour du cercle interne qui est dressée au milieu du cercle externe.

 

Et donc toi, ton travail, c’est de faire rayonner cette tour de l’intérieur, ce n’est pas de la quitter pour aller agir comme tu le faisais jusqu’à maintenant dans le monde extérieur avec des pouvoirs complémentaires. Tu comprends ?

 

Donc à partir de là, il n’est plus question de reproche d’élitisme, puisqu’en finale, tu laisses le monde extérieur s’organiser comme il le peut de lui-même, et tu n’interviens plus directement sur lui. Maintenant c’est à l’organisation de l’univers d’être touchée par le rayon de la Dimension qui est la tienne. Tu vois auparavant tu pouvais avoir une action pour dynamiser le monde, remuer le monde, leur montrer qu’il existait quelque chose d’autre, qu’ils pouvaient agir autrement ; mais quand tu tombes haut dans le cercle interne, tu n’as plus à justifier quoi que ce soit au monde. Et c’est là que tu perçois complètement ce que c’est que bouger beaucoup sans rien bouger.


Mais vu de l’intérieur de la tour tu dois dynamiser beaucoup, mettre en action d’une manière très puissante les forces du ciel, mais sans rien bouger au niveau de la terre.

 

Tu sais que tu n’as plus besoin du monde extérieur et tu pourrais mourir tout de suite, cela ne te dérangerait pas. Tu sais très bien que la mort physique n’entraînerait pas un arrêt du processus.

 

Auparavant tu étais dans un mécanisme d’action, là tu es dans un mécanisme de non action et tu n’as plus à convaincre qui que ce soit. A ce niveau-là, tu n’as plus l’envie ni la volonté d’agir sur le côté externe de la vie, puisque tu as des outils magnifiques et un élan fantastique à agir sur le côté interne de la vie.

 

Donc il va falloir que le côté interne de quelqu’un puisse être touché et là, tu vas pouvoir communiquer et agir. Et si tu appliquais les techniques qui sont avec les forces internes à quelqu’un qui est solidement ancré dans le cercle externe, content dans son orgueil, eh bien il va se sentir brutalisé d’une manière terrible, violé par toi …. et toi tu arriveras avec ton soi-disant amour pour modifier l’autre, le faire grandir, mais l’autre te recevra à coups de fusil.

 

Ceux que tu vas aider sont ceux qui sont en train de pratiquer dans la même respiration.

 

Ceux qui ont une autre respiration, tu dois les laisser comme ils sont, il y en a d’autres que toi qui sont dans le cercle externe et qui ont besoin de cela pour pouvoir se connaître, s’enrichir. Tu comprends, c’est une chaîne magnifique.

 

En revanche, ceux qui sont en train de gravir la muraille ont besoin de savoir qu’il y a une réalité derrière la muraille, que ce n’est pas du vide, que c’est un Vide plein, que ce n’est pas un leurre. Alors c’est toi par ce que tu es qui va leur montrer que ce n’est pas un leurre. Et tes pouvoirs vont servir à leur montrer que ce n’est pas un leurre.

 

Tu n’as plus besoin de faire la preuve de quoi que ce soit, de te responsabiliser auprès de quiconque, puisque ceux avec lesquels tu vas travailler sont déjà des convaincus. Et qu’est-ce qui va agir sur ces convaincus ? C’est cette Dignité de la Création qui va actionner leur Dignité, et là tu ne peux pas intervenir, la Création intervient sur elle-même. Et en quoi tu vas intervenir dans l’opération ?

 

Alors à partir de ce moment-là, ne te responsabilise en rien de l’état du monde. D’autres sont dans un état énergétique où ils ont besoin de s’occuper du monde pour grandir.

 

Toi, utilise ce que le monde te donne en temps, conditions secondaires plus ou moins favorables, argent, pour continuer à caresser la Douceur, et que de Doux, ça devienne complètement de l’Amour. Continue à tomber haut dans le vide pour que du vide de la solitude, cela devienne un Vide très occupé. Et continue à être intime avec cette Douceur et ce Vide pour que, lorsque ce vide deviendra très occupé, que tu soies très proche, très près de toutes les Forces qui activent ce Vide-là, pour faire en sorte que l’homme ne perde pas sa relation avec la Création.

 

Voilà. Ta responsabilisation est entièrement modifiée.

 

Il y a une révolution intégrale de ton système de participation.


Je t’ai déjà parlé de la révolution. Tu vois c’est comme quand tu as des cartes à jouer. Tout d’un coup elles se retournent complètement, c’est une autre face qui est présentée. Alors fais très attention à ça. Ne te laisse pas attraper par toutes les tentations internes comme externes à venir rejouer le jeu avec le monde de l’ancienne manière avec l’apport complémentaire des pouvoirs qui sont maintenant les tiens et qui ne vont pas cesser d’augmenter, et les connaissances qui sont maintenant les tiennes et qui ne vont pas cesser d’augmenter. Surtout fais très attention à cela.

 

Parce que, si tu ne fais pas attention à cela, tu vas sans t’en rendre compte commencer à reconstituer tes œuvres à toi. Tes œuvres à toi ! Et ton œuvre va te responsabiliser et te tirer hors de toi. Et tu peux ainsi perdre tout l’état dans lequel tu es maintenant.

 

Maintenant, même si les autres considèrent que tu deviens fou, c’est à eux de t’accompagner dans ta folie, de venir découvrir ta folie. Ce n’est plus à toi de les accompagner dans leurs errements, dans leurs négativités afin d’accélérer le processus de la connaissance de leurs négativités. Maintenant tu ne les accompagnes plus dans leurs négativités pour amener un mûrissement très rapide de cette négativité-là, pour qu’ils s’en libèrent, quel que soit leur système de négativités, tu ne bouges pas. C’est à eux maintenant de venir dans ce qu’ils peuvent appeler ta folie. Et cela s’appelle d’ailleurs la Folle Sagesse. Parce que cette Sagesse que tu vas mettre en œuvre sans que ce soient tes œuvres à toi, peut apparaître complètement folle de l’extérieur, inutile, curieuse…

 

Là, dans l’état où tu es, il n’y a plus la règle de l’homme. Et c’est ta grandeur à toi de rester dans cette absence de règle où il n’y a plus de référence à l’homme pour te juger. Mais sache bien que de toutes manières, lui restant bien planté dans ses règles à lui, te jugera à sa manière.

 

Tu devras porter beaucoup d’attention à tout cela car l’homme ordinaire croit que la progression est linéaire, comme la progression mathématique et arithmétique, parce que cela le rassure, que tout le monde joue et danse sur la même musique. Toujours le même bal. L’homme ordinaire a organisé dans sa tête et sa culture la progression spirituelle linéaire …

 

Les flux énergétiques sont verticaux, et tout d’un coup, ce ne sont plus les mêmes flux qu’on fait fonctionner. Il y a un retournement, ce n’est pas linéaire. Tout d’un coup cela bascule. C’est la révolution du silence. Cela bascule dans une autre dimension qui n’a plus les mêmes règles du jeu.

 

Et en finale chacun entre dans son cercueil comme il s’est fait. Quand tu es dans le cercle externe de la connaissance, tu peux très bien croire que, à ta mort, il va être apprécié tes œuvres, le poids de tes œuvres, et c’est ainsi que va se mettre en place un système d’accumulation. Mais là maintenant, dans la chimie interne dans laquelle tu es, dans cette Douceur et ce Vide, et cette humilité, tu sais très bien que le poids des œuvres ne comptera pour rien.

 

C’est au contraire la légèreté des œuvres qui va compter, que tu n’as plus d’œuvre à toi.

 

C’est impossible à comprendre par le cerveau raisonné qui va dire : maintenant je ne fais plus rien ! C’est ridicule, parce qu’on ne cesse jamais de faire quelque chose. On ne cesse jamais de participer à quelque chose. Tu sais bien maintenant à quoi tu participes, alors ne te laisse pas attraper par l’ancienne participation. Là, il n’y a plus personne qui va venir te reprocher quoi que ce soit, puisque tu ne chercheras plus à modifier quoi que ce soit … à la limite, ce qu’on viendra te reprocher, c’est un apparent désintérêt du fonctionnement de l’univers.

 

Et là tu vas percevoir pourquoi le cercle interne de la connaissance s’appelle la destruction de l’univers. La destruction de l’univers qui n’est pas une action de destruction, mais qui est que, tout d’un coup, plus rien n’est alimenté parce que la force de l’intérêt est ailleurs. Et donc, les choses se détruisent d’elles-mêmes.

 

 

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