Les Seigneurs du Ciel

 

 

Pour aller droit au but, pour aller droit au cœur, je dirais que les Seigneurs du Ciel sont des tigres, des tigresses, des lions, des lionnes. Ce ne sont pas des petits chats, des petites chattes. Pourquoi?

 

Ces êtres-là ont perçu l'essence de la Création, ils sont allés au-delà du mouvement. Ils sont rentrés très profondément au-delà de cet océan d'amour, de cet amour universel qui est prôné par tellement de maîtres spirituels comme le dernier aboutissement et qui est tout simplement la première chambre, le premier espace de la Création.

 

Ceux qui sont allés au-delà, sont rentrés dans la douceur. Ils sont même rentrés au-delà de la douceur, au coeur même de la douceur, qui est la

 

Tendresse.

 

C'est pour ça que je dis souvent : tendresse douce ou douceur tendre. Mais, c'est encore une facilité dialectique parce qu'il y a un côté externe, interne et secret à chaque chose. Le côté externe de la douceur est tout simplement la douceur. Et la douceur est la mère de l'amour et non l'inverse, l'amour est né de cette douceur. Le côté interne de la douceur est la tendresse. C'est par cette tendresse que l'on peut accéder véritablement à l'intelligence, à la bienveillance de la Source, à sa béance, au côté secret.

 

Comment la Source a-t-elle laissé couler son sang pour que de ce sang puisse naître quelque chose? Seule la tendresse a la capacité de percevoir cette béance, de percevoir cette bienveillance si profonde, cette intelligence si aimante de la Source pour que des êtres soient créés. Important et essentiel parce que dans cette dimension, on s'aperçoit qu'on ne peut pas mettre fin à la souffrance et que ce n'est même pas du tout souhaitable. On ne parle pas de la souffrance au niveau du BAM, au niveau de la Terre, on parle de la blessure, de la béance au niveau de la Source. La Source s'est blessée elle-même pour permettre à l'humanité d'exister.

 

La tendresse est l’intelligence de cette blessure.

 

Celui qui arrive dans cette dimension, avec son corps et pas seulement avec une compréhension intellectuelle, et qui a la perception physique de la tendresse et de la naissance de la tendresse qui est l'émanation de ce sang de la Source qu'elle a fait couler elle-même pour que la Création puisse exister, a cessé d'être un petit chat, a cessé d'être celui qui comprend tout, qui explique tout, qui accepte tout. Il y a une autre dimension dans le corps, il y a cette vibrance de la Source, qui vit dans le corps. C'est un élan à la vie. C'est un chant à la vie, un chant qui ne s'éteint jamais, qu'on ne peut pas arrêter. C'est une respiration, une pulsion. C'est un état d'être. C'est tout ce qu'on peut exprimer avec les mots : un tissu énergétique. C'est quelque chose de fort qui vibre et qui ne peut plus exister autrement, qui ne peut plus agir autrement. On ne parle même plus d'une situation où on pourrait s'aimer autrement, où on ne pourrait plus s'aimer autrement. C'est au-delà de tout ça. Il y a un corps qui vit en vibrance avec cette béance de la Source, cette béance de la Création et qui comprend cette Création-là, qui comprend son intelligence, qui comprend l'ordre de l'univers et que cet ordre est tellement inscrit dans les fibres du corps que tout le corps fonctionne selon cet ordre-là et qu'il n'est plus possible, à ce moment-là, de faire autrement, de vivre autrement, de respirer autrement, de regarder autrement, d'agir autrement. Et cette action-là est une force tellement puissante sur la Terre que ça peut, même, faire peur. C'est pour ça qu'on les appelle tigres et tigresses, lionnes et lions, ceux qui n'ont peur de rien et dont le rugissement arrête la bêtise de l'homme. Devant cette vibration, devant cette action, devant cet enthousiasme, le reste se tait. Quand le lion rugit, les petites bêtes fuient.

 

Pourtant, celui qui est ce Seigneur du Ciel, ce Roi dans le Ciel, ce Prince, cette Princesse, ne se rend pas compte de sa puissance parce que c'est tellement naturel, et tellement évident. Il ne s'en rend compte qu’à l'attention des autres sur lui, à la manière dont les autres parlent, s'expliquent, se comportent avec lui. Ainsi, il peut comprendre qu'il y a quelque chose de pas très ordinaire en lui. Il n'est plus quelqu'un de très ordinaire. Pourtant lui, il se perçoit au contraire très ordinaire. Il se sent très normal parce qu'en fait c'est tout à fait juste. Il a tout simplement retrouvé son état originel qui n'est plus perturbé par tout le petit singe émotionnel qui est toujours là, qui fait son bruit mais c'est comme un enfant qui joue. Ce n'est pas parce que l'enfant joue et qu'il fait un peu de bruit que ça va empêcher les adultes de continuer leur travail, leur marche et leurs activités. C'est exactement ça ! Le relatif et l'absolu sont toujours mélangés, autant en extérieur: soi et les autres, qu’en intérieur : soit par rapport à soi-même. Mais, il y a la voix du lion, la voix de la lionne, la voix du tigre, la voix de la tigresse.

 

C'est cette respiration-là qui fait le silence.

 

À partir de ce silence-là, l'action naît naturellement. Elle est spontanée. On ne sait même pas si l'action est née quelque part, si elle a un point de départ. Elle est tout simplement-là, à un moment donné et elle est absolument parfaite parce qu'elle n'a pas de passé, elle n'a pas non plus, la recherche d'un futur. C'est ce qui s'appelle être présent dans le présent. Mais ça, ce sont encore des mots : être ici et maintenant, parce qu'on ne peut pas se forcer à être ici et maintenant. On ne peut pas en faire une règle, une attitude, un état d'esprit. On s'aperçoit tout simplement qu'à un moment donné, on est là, tout simplement-là mais qu'on n'a même pas cherché à être là. On est tout simplement là lorsqu'il y a cette voie du Ciel, ce souffle, cette respiration, cette vibrance qui passe naturellement par le corps, qui met en vibration la totalité des cellules, on pourrait même dire que la totalité des cellules vibre avec cette respiration-là, cette connaissance-là, cette intelligence-là, cette perception-là, cette douceur-là, cette tendresse-là. Mais c'est une tendresse qui est rude, et même rugueuse parfois. Ce n'est ni le miel ni la confiture. C'est une puissance énorme qui brûle autant vers l'extérieur qu'à l'intérieur. Et, il ne faut pas prendre cette brûlure de l'extérieur comme un nettoyage: c'est dans cette dimension-là, que le Seigneur du Ciel a la capacité de voir, réellement, à l'intérieur du corps ce qu'est

 

La flamme d'amour

 

Cette douce brûlure. Une douce brûlure est impossible à comprendre pour le cerveau raisonné, pour le cerveau analytique. Pourtant, c'est ainsi. Celui qui a la capacité, qui a cette grandeur de vivre cela dans son corps, saura instantanément ce que je suis en train d'expliquer : la douce brûlure de la vive flamme d'amour. C'est cela qui fait qu'on ne se courbe plus. On ne peut plus être cassé. On a ce regard qui pénètre, cette lucidité immédiate, cette action absolument naturelle, pourtant dans un corps et un espace où le relatif existe aussi et où il bouge. Mais ce n'est pas un problème : il faut bien être venu de quelque part et être passé par quelque part. Alors, le corps réagit à des systèmes vibratoires plus ou moins forts, en fonction de ce qu'il a vécu. Mais où est le problème ? Il faut bien exister quelque part. Ceux qui sont des Seigneurs du Ciel savent très bien qu'il faut bien exister quelque part et ils ont cette vie presque double, une porte qui bat d'une dimension à une autre dimension. Ils sont autant présents au Ciel qu’à la Terre parce qu'à un moment donné c'est l'état du Ciel tandis qu'à un autre moment c'est l'état de la Terre car il faut bien s'occuper de la Terre. On est toujours ce qu'on est en train de faire et le Seigneur du Ciel, lorsqu'il s'occupe de la Terre, est la Terre mais il n’y est pas bloqué. Il n'est pas accroché à la Terre. Il est aussi le Ciel et quand il passe de l'autre côté de la porte, il est le Ciel, il s'occupe du Ciel et est Ciel. Alors, on ne sait plus très bien s’il est à la Terre ou au Ciel parce que c'est une porte qui bat, très souplement, avec des espaces très souples de chaque côté. On passe de l'un à l'autre, presque à chaque respiration.

 

Si on regarde d'une manière très nette, on s'aperçoit que lorsque l'on inspire, la porte bat côté Ciel et quand on expire, la porte bat côté Terre, c'est-à-dire l'action. Si tu fais attention, tu t'aperçois que ta respiration n'a pas deux mais quatre temps. Ce n'est pas inspire et expire, c'est inspire puis arrêt. À un moment donné, on a envie d'expirer, et on expire. Et là, à la fin de l'expire, il y a encore un arrêt. Puis, à un moment donné on a envie d'inspirer à nouveau. Ces deux moments d'arrêt sont absolument primordiaux parce que ce sont deux moments qui sont sans action. C’est un bilan. Avec l'inspire, on va au Ciel. À un moment donné, on est en pleine conscience, dans le silence, au Ciel. On n’a plus rien à faire. On est dans ce silence-là. Mais de ce silence, l'action juste naît. Et, très naturellement, il y a l'expire, c’est l'action, le mouvement. À la fin du mouvement, il y a le silence, encore. Il y a le bilan du mouvement. Le bilan du mouvement se fait sur la Terre. C'est comme ça qu'on remonte léger au Ciel, avec ces quatre temps. Et à chaque respiration, c'est ça.

 

Ce n'est pas rien lorsque l'on fait un traitement et qu'on souffle sur quelqu'un, ou lorsqu’on a un amant et que c'est le souffle qu'on transmet. Le souffle est la puissance même de la Source. C'est le Ciel qui souffle sur la Terre pour que la Création se fasse. C'est l'expiration. C'est le son YAM. C'est le son de la Source qui souffle d'elle-même, qui extrude une partie d'elle pour que cela puisse faire une action autonome, c'est-à-dire puisse permettre la création de BAM, de cet amour universel. Et la tendresse, qui est le côté interne de la douceur, est YAM, ce Souffle-là. Ce n'est pas rien de souffler ça. Ce n'est vraiment pas rien !

On ne peut pas être Seigneur du Ciel si on n'a pas physiquement touché ce son YAM, ce souffle, qui est le premier mouvement de la Source pour extruder, à partir d'Elle, une partie d'Elle, qui va permettre aux choses d'être créées.

 

Lorsqu’on est dans cette dimension, lorsqu'on est dans cette perception et qu’on a ça qui vibre dans son corps, on a cessé de faire la guerre à soi-même, on a cessé de faire la guerre aux autres, on a cessé d'avoir des règles pour soi et on a cessé de donner des règles pour les autres. Mais, on est une telle puissance de souffle, d'action, que ça bouscule tout, que ça provoque tout. Et c'est tellement naturel, normal, pour ce Seigneur du Ciel, qu’il ne s’en rend pas compte. Il ne sait plus qu'on peut vivre autrement. Il se rend seulement compte de son état extraordinaire par l'attention des autres, par la remarque des autres et par le fruit qu'il porte sur la Terre. S'il a pris un corps, c'est pour faire un fruit sur la Terre.

 

 

Son œuvre sur la Terre sera son témoignage d'amour.