Etre là et ne pas être là

 

 

Quand on a perçu dans sa chair ce qu'est le Seigneur du Ciel, ce tigre, cette tigresse, ce lion, cette lionne, on a enfin compris ce que veut dire « être là et ne pas être là ».

On peut gesticuler avec les théories, les phrases, mais finalement, tout ça ne sont que des mots. Il n'y a aucune matière. La seule compréhension réelle d'être là et de ne pas être là est lorsque l'on est un Seigneur du Ciel. Autrement, c'est impossible de percevoir physiquement et de comprendre physiquement ce qu'est cette porte qui bat, côté Ciel, côté Terre. Là, on comprend ce qu'est :

 

« Tout bouger sans rien bouger »

 

Que tout est là, sans avoir besoin de se déplacer. Un pas à droite est la même chose qu'un pas à gauche, un pas en dessus est la même chose qu'un pas en dessous. Tout est là. C'est seulement une question de possibilité de perception de : tout est là.

 

C'est ce que j'ai souvent exprimé en disant : « Quand vous passerez par l'expérience de l'illumination, vous constaterez qu'elle a toujours été là, à portée de la main. Autour de vous. Devant vous. À côté de vous. Elle a toujours été là. Alors pourquoi ne l'apercevez-vous pas ? Pourquoi n'entrez-vous pas tranquillement dans cet espace illuminé, qui porte bien son nom puisque tout est éclairé. C'est un véritable feu d'artifice de spots. Il n'y a rien de cacher. Tout est là. Tout est vu. Tout est instantanément compris. Les lumières sont grands allumées ». Et celui qui passe par cette expérience comprend que le mot « illuminé » est parfait pour définir cette expérience, qui est une expérience physique.

 

C'est le corps qui perçoit.

C'est dans le corps et par le corps que tout se comprend.

 

« Être là et ne pas être là » n’est compréhensible que par celui qui sait, enfin, combien le corps est important, qui sait comment le corps possède le bonheur du monde, qui sait que le bonheur est biologique, que la paix est biologique, que la joie du coeur est biologique. Lui, il connaît bien la porte qui s'ouvre dans un sens, la porte qui bat dans l'autre.

Et lui, il sait être dans le monde, sans être là. Il sait, aussi, être dans le Ciel, sans être, aussi, vraiment là.

 

Alors il naît dans le corps une plénitude d'action. On ne se sent séparé de rien : ni du Ciel ni de la Terre. Tant pis pour les mécontentements passagers. La Terre ne fonctionne pas toujours très bien. D'ailleurs, c'est pour ça qu'on est venu sur la Terre, pour tenter de la faire bien fonctionner et de la guérir.

Même si le plus souvent, la Terre ne fonctionne pas bien du tout et qu’il y a une blessure pour le Ciel, finalement, cette blessure-là est toujours externe. Si on va juste un petit peu plus loin, la Terre, aussi pervertie soit-elle, ne peut pas blesser le Ciel.

Le Seigneur du Ciel, celui qui a cette possibilité de percevoir et de comprendre « être là et ne pas être là » n'a plus de difficultés pour sa vie à lui. Il ne se pose qu'une question :

 

 

Comment faire, dans la vie, avec les autres, quels moyens trouver?