Le Regard Bienveillant.

 

Quand on doit élever un enfant, il faut le faire avec une attention énorme, un intérêt énorme pour lui, un amour énorme, une affection colossale.

 

Les trois lois énergétiques fonctionnent automatiquement dès que quelqu’un a pris un corps. La première démarche pour aider quelqu’un, c’est de l’accompagner, c’est de le déplacer par accompagnement. Le nourrissage énergétique s’installe automatiquement dès qu’un corps est né et c’est le fonctionnement normal des hommes entre eux.

 

La mère qui élève son enfant croit qu’elle ne se nourrit pas de lui, mais en fait, elle se nourrit aussi de son déplacement. C’est ce qui va créer un contentement, une intimité entre les deux, ils vont se nourrir mutuellement à se déplacer mutuellement. Alors cela va entraîner soit une forme d’agressivité, si le déplacement se fait en brutalité seulement pour obtenir le nourrissage de l’autre, donc il se fait en provocation, en obstacle, en inconvénient; ou alors le déplacement va se faire en accompagnement, la mère va apporter énormément d’attention à l’enfant pour percevoir ce qui lui est nécessaire, dans quels terrains d’aventure il est bon qu’il aille, qu’est-ce qu’on peut constituer pour lui, et donc elle va le prendre par les épaules et lui dire : « Tiens, je vais te montrer quelque chose ! ».

Mais il faut bien comprendre que dans ce cas de figure, il y a aussi le nourrissage de la mère. C’est un très gros problème de compréhension, puisque l’individu qui est formateur, le professeur, ne veut jamais reconnaître qu’il se nourrit de ses élèves. Pour lui, c’est gratuit, un don total de lui. Ce n’est pas vrai, c’est un mensonge colossal.  D’ailleurs cela se constate très bien à voir comment le maître, l’instructeur se trouve épanoui lorsque l’élève réussit quelque chose et qu’au contraire il se trouve dans un état de nervosité et de férocité, de mécontentement lorsque l’élève ne réussit pas ou jette tout à la poubelle en disant : « moi ça ne m’intéresse pas. »

 

Donc cette première loi énergétique fonctionne dans tous les sens et il faut bien démystifier le système de la relation entre les humains. Puisque je prends l’exemple de la mère qui accompagne l’enfant.

 

Alors le premier mouvement : elle va regarder vers quels terrains d’aventure, vers quels trous il va aller naturellement, et si le terrain d’aventure est bien pour lui, la mère n’intervient pas. C’est la loi de la Non intervention, mais qui est très peu perçue par tout le système d’éducation, parce que si la mère n’intervient pas sur l’enfant, elle a l’impression qu'elle ne participe pas à son éducation, et puis comme elle veut être nourrie par l’enfant, parce qu’il y a toujours l’envie d’avoir une relation très étroite à l’enfant, d’avoir une partie du quantum d’énergie de l’enfant à l’intérieur d’elle, exactement comme quand l’enfant a été dans son ventre, elle va intervenir dans le mouvement, c’est-à-dire contrarier à la limite l’enfant pour obtenir une attention de l’enfant vers elle. Et c’est comme cela que tu peux comprendre que tu as des mères qui sont franchement emmerdantes, alors que si elles laissaient l’enfant se véhiculer selon son propre mouvement, tout se passerait très bien : l’enfant sait où aller, comment aller….

 

Dans le Cercle Interne de la Connaissance, il y a une démystification de tout. Chaque chose est remise à sa place. Donc toi, dans le Cercle Interne de la Connaissance, tu sais vraiment ce que c’est que bouger sans rien bouger, et dans l’exemple que je te donne, si l’enfant du fait de son mouvement personnel, de sa chimie interne personnelle, se véhicule dans des terrains d’aventure qui sont corrects, qui sont bons, normalement le système éducatif ne devrait pas intervenir. Il devrait seulement surveiller de loin que tout continue à bien se passer pour intervenir au cas où quelque chose se passe mal.

Donc ça, c’est le premier mouvement côté Ciel. Pourquoi le Ciel va intervenir si ça se passe bien ? Est-ce que tu comprends ce que cela veut dire ? Qu’est-ce que veut dire se passer bien selon le Ciel ? Ça se passe bien pour le Ciel lorsque cette Force de la Dignité est celle qui rayonne dans la vie, est celle qui éclaire les événements de la vie, et qui fait que la réponse est en fonction de cet éclairage, donc que la Dignité est toujours là en premier plan, avec l’activité noble, le plan de vie…

Alors quand ça se passe bien, la Création n’intervient pas, du moins apparemment, et du fait de cette non intervention, il y en a certains qui auraient tendance à dire : «Ah eh bien moi, je ne perçois pas de Présence à côté de moi, je ne perçois pas une orientation à aller dans un sens ou dans l’autre ».

En définitive, certains pourraient presque se plaindre d’être tous seuls. Exactement comme l’enfant qui fonctionne bien dans son terrain d’aventure et qui tout d’un coup voudrait   qu’il y ait une animation complémentaire, un plus, alors il va commencer à casser ses jouets, et à faire des histoires pour que les parents accourent.

La Création n’intervient pas lorsque tout se passe correctement et que c’est la Dignité qui éclaire les événements de la vie, le regard de la personne, et tu peux t’en rendre compte beaucoup chez des enfants qui sont déjà d’une qualité, d’un mûrissement phénoménal dès la naissance parce qu’ils ont déjà réglé tellement de systèmes karmiques dans des vies d’avant, tu constates comment ils sont lumineux. On dit : « Il est lumineux ton enfant, il est clair, il rayonne ! »

Et il faudrait le laisser tranquille : mais les parents veulent toujours dire : « Mon enfant est à moi, il faut que ce rayonnement me revienne ! ».

 Alors ils vont commencer à embêter l’enfant, le mettre dans des situations contraignantes soi-disant pour son bien, afin que commence le jeu de la réaction qui fait le nourrissage parental.

Ainsi la Forme paisible n’intervient même pas quand tout va bien. Mais quand tout va bien, il y a une forme de solitude apparente, et d’ailleurs ce n’est pas une solitude qui est contraignante pour celui qui vit ce « tout va bien ». Mais il y a ce Regard toujours de la Création sur lui, exactement comme la mère sur lui. Mais même quand tout va bien, il y a besoin  un moment donné de modifier ou d’augmenter la qualité du terrain d’aventure de la personne afin qu’elle puisse développer encore mieux toute sa richesse interne. Si la volonté est là d’aller toujours un peu plus intimement dans cette coulée de Douceur, de Beauté, de Lumière que quelqu’un peut ressentir.

Pour l’enfant il ne ressent pas vraiment parce qu’il ne fait pas un décalage par rapport à ce qui pourrait être autre chose ; lui il est dedans, c’est plus tard, l’adulte qui a perçu le côté malheureux qui perçoit aussi le côté heureux. Mais pour l’enfant qui serait rayonnant dès le départ, lui il n’a perçu que le côté heureux, le côté malheureux il ne le perçoit pas. Donc il ne sait pas qu’il est dans ce mouvement de bonheur, il ne sait pas ce qu’il est. Il est tout simplement.

Mais il arrive de toute manière un moment où le parent, la Création, doit intervenir d’une manière excessivement paisible pour prendre l’enfant, ou l’être qui est un adulte, pour le prendre par les épaules, et  lui dire : « Tiens, viens un peu par là, je vais te montrer quelque chose. »

Et c’est ainsi que cette Force paisible de l’Univers va ouvrir de nouvelles portes, un nouveau terrain d’aventure à la personne, ce qui va lui permettre  d’augmenter toute sa Dignité, toute sa Perfection, et par cette augmentation, il va devenir de plus en plus intime, disons connaisseur de ses possibilités. Tu comprends l’intimité c’est une forme de connaissance de ses possibilités, c’est une forme de connaissance du fruit que l’on peut créer, du fruit que l’on porte.

Donc la Forme paisible te prend par la main ou par les épaules et te dit : « Tiens tu es dans un terrain d’aventure qui est bien, mais tu peux aller mieux ».

C’est cette même Force paisible, cette mère qui va rechercher doucement l’enfant qui est tombé dans le trou. Parce qu’il n’est plus dans un terrain d’aventure qui est bien, il est en train de crier, il ne se rend pas compte encore qu’il est tombé dans quelque chose d’un peu vaseux, d’un peu marécageux, alors la mère va et prend l’enfant par la main et l’amène doucement sur un terrain plus stable.

Et voilà donc quel est le premier mouvement de l’Univers.

Mais qu’est-ce qui se passe lorsque la personne ne veut pas se modifier ? Parce que selon son système karmique, selon tout ce qu’elle a connu avant, tout son système de perception, de jouissance tel qu’il s’est établi, voire tout le système d’aliénation qui lui a été inculqué  par le biais de la culpabilité, c’est-à-dire la deuxième loi énergétique, elle tombe dans des trous, ou elle va toujours dans les mêmes, elle y retourne malgré tout le côté affectif paisible porté par la mère, porté par la Création.

Alors là, il y a un choix. Soit l’instructeur, le professeur, la mère, les parents, même la Création, peut dire :

« De toutes manières, je m’en désintéresse, on ne peut arriver à rien avec lui, j’arrête de l’aimer. » C’est quelque chose d’excessivement puissant : « j’arrête de l’aimer ». Je t’ai parlé hier de Dieu qui aide ceux qu’Il aime, et ceux qu’Il aime, ce sont ceux qui l’aiment Lui. Il y a des individus qui font beaucoup de réticence à la mise en action de leur Dignité, et c’est là qu’intervient le Courroucé, parce que c’est comme la mère qui continue à aimer l’enfant qui  n’a pas abandonné, eh bien, puisque l’enfant, quand on le prend par la main gentiment, retourne quand même dans les mêmes trous, alors on le prend par la cravate,  très très fort et on le secoue comme un prunier et on lui dit : « Et maintenant si tu y retournes là dans ce trou, tu vas voir tes fesses !  Tu vas voir comment je vais me fâcher ! »

Ça c’est le Courroucé qui intervient dans la situation pour obtenir une modification de l’être toujours dans l’avantage de l’être et il a une affection absolument identique, un amour absolument identique à celui de la Forme paisible qui a conduit avant la personne. L’amour du Courroucé est aussi important que celui du Paisible. Et si les parents ou les instructeurs comprenaient bien cela, ils n’auraient pas peur d’intervenir parfois avec beaucoup de vigueur sur l’enfant qui est en train d’aller toujours dans une direction contraire à lui-même, où il va impliquer continuellement un système karmique qui va revenir sur lui…

Alors au départ il faut bien comprendre ces trois processus.

Oui pour toi il y a deux processus :   le processus de l’aide par accompagnement, c’est-à-dire la Forme paisible, et le processus par la Forme courroucée. Mais non il y en a trois. Parce qu’il faut ne pas oublier que le premier des processus, c’est la Non intervention. La Non intervention quand tout se passe bien.

Juste ce Regard bienveillant qui non pas vérifie que ça se passe bien,  mais  qui reste attentif au cas où ça se passe mal.

Tu comprends la différence ? Il n’est pas là pour vérifier si cela se passe bien, donc ce n’est pas un regard d’une forme critique qu’il y a sur l’enfant, mais la Création sur l’adulte fonctionne exactement de la même manière, donc pas de regard critique sur l’enfant, donc un regard de l’observateur sur l’objet,  de l’observateur à l’observé, il n’y a pas le regard qui juge et qui apprécie le mouvement de l’enfant.

On laisse l’enfant évoluer selon son propre mouvement  et il y a un tel dégagement de rayonnement de l’enfant que l’on sait parfaitement que tout se passe bien. C’est ça le Regard bienveillant.

Le Regard bienveillant n’est jamais le regard qui a une forme de critique et d’analyse, tu comprends ? Il n’analyse pas l’attitude de l’enfant. Quand je vois des parents installés sur des chaises longues en train de regarder des enfants jouer devant eux, et de dire :  « Oui oui, il est bien… »… Mais non, ils n’ont pas un regard bienveillant, ils sont en train de triturer le monde énergétique de l’enfant, en train de triturer le corps énergétique de l’enfant  et comme l’enfant vit à l’intérieur du corps énergétique des parents, au moins de la mère jusqu’à l’âge de huit ans, ils sont en train de pétrir la pâte de l’enfant et l’enfant perçoit bien qu’on s’occupe de lui, qu’on le touche, qu’on le pétrit, qu’on le retourne…etc. Et il n’est pas tranquille. Tu sais c’est très difficile pour un adulte, pour un parent de laisser l’enfant réellement tranquille. Parce que ce n’est pas le laisser tranquille non plus en étant désintéressé de lui.  Et là, toi qui es dans le Cercle interne de la Connaissance, tu sais ce que cela veut dire : bouger sans rien bouger.

Mais il y a très peu de personnes qui savent ce que cela veut dire là. Donc très peu de personnes qui peuvent comprendre intimement ce que je suis en train de t’expliquer maintenant : bouger sans rien bouger. Et que ce Regard bienveillant n’est jamais un regard qui analyse la situation. Ce n’est pas un regard neutre non plus. C’est une présence à côté d’une autre présence et qui laisse la première présence dans sa  fluidité, sans intervention, sans volonté d’intervention, mais qui sait seulement que sa présence là, à côté de l’autre, est nécessaire et indispensable, parce que l’autre est dans un état physique relativement fragile, et qu’il peut arriver un incident venant principalement de l’extérieur et qui ne pourra pas être assumé par cette première personne. Tu comprends ? Le parent est près de l’enfant sans intervention et avec un regard bienveillant, prêt à intervenir au cas où il y a un incident extérieur qui ne pourra pas être pris en charge par l’enfant. Il peut tomber, se blesser, se couper, ou un chien arrive…etc.  Donc il est là pour cela, mais il est terriblement difficile pour un parent d’être à côté de l’enfant sans aucun système d’analyse et d’appréciation. Voilà, cela c’est le véritable Regard bienveillant.  Et hélas il y a très peu de personnes sur la terre qui ont été capables d’avoir ce Regard bienveillant et l’enfant n’a pas perçu ce Regard bienveillant sur lui, cette douce Caresse de la simple attention, c’est la bonne définition au niveau Ciel, la douce Caresse du Regard attentif.

 

Cette douce Caresse attentive, c’est cela la Bienveillance.

 

Quand on est dans cette douce Bienveillance, quand on est  dans cette Non intervention,  on est au-delà de la première loi énergétique fondamentale de nourrissage, donc on est au-delà du système de séparation mis en place au départ par l’homme et la manipulation génétique à laquelle il a été soumis. Tu perçois ça ? Il faut toujours revenir à la chute racine.

Dans le simple exemple que je prends de la mère avec l’enfant, il y a déjà possibilité d’échapper à la première loi énergétique et de retrouver l’Union originelle. Et les parents qui ont été capables d’être ainsi avec leur enfant, même sur quelques secondes, se souviennent que pendant ces quelques secondes, un vrai bonheur s’est installé à l’intérieur d’eux. Et ce vrai bonheur n’était pas un nourrissage de l’enfant vers eux, parce que la première loi énergétique n’était pas en fonctionnement,  ils retrouvaient enfin l’Union du mouvement naturel, l’Union avec la Nature de la Création. Dans ce Regard de Bienveillance il n’y avait pas de séparation entre eux et l’enfant, il n’y avait pas de séparation non plus entre eux et eux-mêmes, et tout d’un coup, ils se trouvaient dans un vrai bonheur. Ce vrai bonheur c’est de nouveau le fonctionnement à l’intérieur de soi de manière complète de cette Unicité originelle, où il n’y avait ni choix ni critique ni appréciation personnelle.

 

Cette situation première que je viens d’exprimer est très rare. Et même lorsqu’elle se passe, les circonstances de la vie font qu’elle ne dure pas. Parce que du fait que l’homme a un corps, il y a automatiquement le mécanisme de la séparation qui s’installe, le mécanisme de l’orgueil. Donc l’enfant le plus évolué du monde va de toute manière faire l’expérience de l’orgueil, donc passer par toutes les étapes de toutes les négativités créées et mises en place par l’humain. La question est seulement : est-ce que tu vas t’arrêter à une négativité ? Parce que, autrement, cela va être plus vite qu’un claquement de doigt. Quelque chose à l’intérieur de toi dira : OK connu, perçu, digéré, on va plus loin !

 

Mais de toutes manières l’enfant va s’arrêter quelque part, et c’est là qu’intervient la Force paisible, la mère.

Si le deuxième mouvement n’est pas engagé, l’accompagnement, on est dans la Non intervention, et là, on est dans le Mouvement normal de Dieu.

Et tout le travail qui va être fait ensuite, c’est bien pour retrouver cette Non intervention initiale après que l’on a  tellement essayé de fabriquer ses propres œuvres. C’est pour cela que je te disais : celui qui arrive à Dieu est léger. Il n’a plus ses œuvres à lui. Il est dans un Mouvement : il est dans le Mouvement  et il est en même temps le Mouvement.

 

Le troisième mouvement, c’est le choc qui sort de l’ignorance. Le Courroucé dans la Création, c’est celui qui intervient avec un amour immense pour la personne sur laquelle il intervient. Sans cet amour immense, il n’y a pas action de Courroucé, il y a seulement coercition.

Si l’action du Courroucé ne fonctionne pas, il restera l’Enfant intérieur. Celui-ci va créer les situations les plus difficiles pour l’être dont il a la charge, afin que, à force de prendre des bosses et des coups, il se dise :  « Tiens il y a peut-être quelque chose quelque part, je pourrais peut-être faire autrement que d’agir avec violence sur les autres »…

Il va l’amener à être touché de son action sur lui-même et sur les autres.