Compagne

 

 

« Cette Présence va être ta compagne de toujours car elle est une manifestation directe de l'Intelligence même de la Création qui est à l'intérieur de chacune des cellules de ton corps, aussi imparfait crois-tu être.

Et c'est cette Présence qui aura, seule, la capacité de te faire voir le dérèglement émotionnel dans lequel tu peux rentrer, qui pourra te faire voir quelles sont les forces qui sont en train de pianoter sur ton clavier et produire toute cette libération de tes cellules et entraîner une chimie interne catastrophique pour toi, et pour les autres.

C'est cette Présence, seule, qui pourra te faire percevoir si tu es dans un mouvement d'accompagnement à la Création, ou si tu es dans un mouvement d'accompagnement à tes sensations, perceptions, envies, perturbations personnelles etc.

C'est cette Présence qui te permettra de voir et comprendre si ton mouvement, ton rayonnement, ton action dans un espace, une situation, un environnement est créateur de tonicité, de bonté ou au contraire entièrement destructeur, déchirant, blessant. 

Avec Elle, tu peux aller au bout de la Terre, de l'univers.

Elle devient la compagne la plus intime.

 

 

 

C'est un des gros problèmes, une grande difficulté, une grande méconnaissance des rapports entre les hommes et les femmes dans les couples. Ils ne comprennent pas que c'est une question de régularité et d'assiduité dans l’attention, de permanence de l'attention.

Ce n'est pas de temps en temps. Ce n'est pas, seulement, de temps en temps. C'est cela qui fait qu'il y a des retrouvailles à un moment donné et des déchirures à un autre. Mais au fond, le temps passe et l'on s'aperçoit que c'est un jeu dans lequel, tout compte fait, on est plus ou moins bien ou mal. C'est un jeu où rien n'est maîtrisé et où rien n'est dans une intimité totale.

 

Parce que le véritable rapport, le véritable accouplement avec ce qui est primordial, décisif, important, est une attention, toujours. Loin ou proche, c'est toujours une attention. C'est toujours : « Mais qu'est-ce que je pourrais faire pour lui, pour elle ? De quoi a-t-il besoin ? » Et surtout c'est : « Mais qu'est-ce qui me sépare de lui, d'elle ? »

« Qu'est-ce qui me sépare ? » est beaucoup plus important que : « Qu'est-ce qui nous réunit ». Si tu portes attention à : qu'est-ce qui nous réunit ? Tu vas finir, sans t’en rendre compte, à créer quelque chose de très formel, de très fixe, de très théorique, de très certain. Tu auras perdu la mobilité, tu auras perdu la danse légère. Tu rentreras dans des règles sans que tu t'en rendes compte, des règles que tu fabriqueras toi-même. Donc elles seront encore pires que les règles qui te seront imposées par les autres puisque pour celles-ci, tu diras : « Ah ! Mais je suis certain que c'est comme ça ! ». Non ! Tu n'es jamais certain que c'est comme ça. Mais ce dont tu peux être certain c'est de ce qui sépare. Comprends-tu ?

La seule certitude n'est pas une continuité dans la certitude, mais, une continuité dans l'incertitude. Et si tu portes réellement attention chaque fois qu'il y a un écart alors, naturellement, s'installe ce qui réunit. Sans même que tu l'aies décidé. C'est seulement parce que tu as perçu, que tu as été attentif à l'écart, que tu as été attentif au système du pianotage sur le clavier qui produit une chimie interne de séparation à l'intérieur du corps, que cela intensifie automatiquement la Présence. Et c'est cette force d'intelligence qui fait arrêter automatiquement le processus parce que tu ne l'aimes pas comme ça.

 

Ce n'est pas une activité par l'actif mais c'est une activité par le refus de ce qui sépare. Et par cela même, tu n'as pas une action directe sur ce qui réunit.

Si tu portes attention à ce qui réunit, tu fabriqueras des règles à l'intérieur de toi, en relation avec l'autre. Et sans t'en rendre compte, tu vas de nouveau t’enfermer dans un espace qui étouffera. Dès que tu es dans un espace qui étouffe alors naissent les guerres parce qu'il faut les systèmes de protection contre les attaques des autres espaces, etc.

 

C'est la même chose avec cette Présence-là. C'est la compagne à laquelle on porte attention. Alors, lorsqu'Elle est là, on ne s'en rend pas bien compte. Mais c'est lorsqu'Elle est absente que l'on s'en rend compte. C'est lorsqu'Elle n'est plus là et que l'on sent qu'il y a un écart qui est en train de s’installer que l'on dit : « Qu'est-ce qui est en train de se passer là ? »

Toi, qui est commençant, ou avancé, tu n'as rien d'autre à faire que de porter attention au pianotage sur ton clavier, à tes réactions sur ton ordinateur, à la libération d'un produit de chacune de tes cellules qui va mettre en mobilisation, en libération, cette Présence-là.

Et avec cela, tu peux aller au bout du monde.» Christian

 

 

"« Je suis la Compagne de la Vie que tu nous montres, mon Ange ». Ce sont ces mots qui glissèrent en silence dans son cœur mais le long moine ne les entendit pas."

Homme Tigre 41